Les chroniques de Loly

Les chroniques de Loly

Les préjugés ont la peau dure...

…et les tatouages ont la vie dure.

 

Encore trop souvent associés à des idées reçues négatives, comme le manque d’éducation, la délinquance ou la rébellion, le tatouage s’est pourtant démocratisé et n’a jamais été si populaire.

 

A l’origine (et ça ne date pas d’hier), le tatouage était signe d’appartenance à un groupe : religieux, social, tribal… En Asie, les tatouages « magiques » étaient sensés assurés protection et bénédiction. Certaines civilisations se servaient également du tatouage pour « marquer » des individus tels que les esclaves ou les bannis. Lors de la seconde guerre mondiale, les déportés furent tristement encrés d’un funeste numéro. Rien de glamour, en somme.

 

C’est depuis les années 90 que le tatouage s’est répandu en tant que moyen d’expression artistique et émotionnel, le dessin représentant souvent un événement marquant de la vie. Devenu très tendance, on estime aujourd’hui que 9% des femmes françaises sont tatouées, contre 11% d’hommes. Plutôt équilibré, donc. En revanche la catégorie socioprofessionnelle semble être un facteur déterminant : 19 % des ouvriers ont au moins un tatouage, ainsi que 14 % des employés, et 13 % des artisans ou commerçants. A contrario, seuls 7 % des personnes exerçant une profession libérale ou une activité de cadre supérieur le sont.

 

Certains diront que ça corrobore l’idée selon laquelle le tatouage est « réservé » aux personnes issues des classes sociales inférieures de la population…hum, car comme tout le monde le sait, un ouvrier est mal éduqué, inculte et grossier. Mon neveu, ouvrier qualifié en marqueterie et restauration de meubles anciens appréciera lorsqu’il échangera une poignée de main tatouée avec le conservateur du musée qui l’emploie.

 

Mais hélas c’est vrai, le tatouage a la vie dure lorsqu’il s’agit de passer un entretien d’embauche ou de présenter son nouveau petit ami à la famille. Le pire c’est que je ne trouve rien à argumenter contre ce genre de préjugé. Mais ai-je à me justifier ?

 

Pour moi le tatouage est avant tout un Art. Je serais fort prétentieuse de me définir comme le support d’une œuvre d’Art mais je suis fière de porter sur ma peau les symboles de ce que je considère comme mes essentiels : mes tatouages font référence aux personnes que j’aime, à mes rêves et à mes combats. Ils me définissent plus que la façon dont je m’habille. Ils sont mon histoire, et elle est indélébile, pas comme ce maquillage que je mets tous les matins pour me montrer socialement plus acceptable.       

 


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02/12/2015
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