les ailes du désir, les chroniques de Loly

les ailes du désir, les chroniques de Loly

Fermeture du blog

Toutes les bonnes choses ont une fin ! 

Le temps et les idées me manquent pour alimenter ce blog.

Merci d'avoir suivi et commenté mes articles.

Loly 

 

on-est-fermc3a9.jpg


09/01/2018
4 Poster un commentaire

J'ai lu Entre deux mondes d'Olivier Norek

Un jour j’ai entendu Jean-Louis Fournier dire que les artistes (il cite musiciens, photographes, écrivains..), en nous provoquant des émotions, étaient les garants de l’Humanité et qu’au-travers de leur œuvre ils avaient ce pouvoir immense de rendre un événement, une personne, ou un simple moment éternels.

 

Je vais m’incliner deux fois devant l’artiste qu’est Olivier Norek : la première fois comme une excuse, un besoin d’humilité et de regret face aux atrocités qu’on ne veut pas voir. La seconde fois devant la capacité de l’auteur à nous montrer l’impensable, et à y trouver l’humanité là où les démons pensent qu’il n’y en a plus.

 

 

Ce que j’ai aimé dans Entre deux mondes

 

 

J’ai retrouvé dans ce dernier opus la construction puzzle que j’affectionne particulièrement chez lui : cette façon d’imbriquer deux histoires qui semblent n’avoir aucun rapport, même si la jonction paraît rapidement évidente (contrairement à ses romans précédents). Ici se croisent deux êtres en souffrance que tout oppose, du moins en apparence, car ils sont mûs par la même fureur de vivre, un besoin de survie.

 

Côté personnages, je suis ravie d’avoir délaissé le capitaine Coste. Je l’aime beaucoup, mais sortir de sa zone de confort c’est toujours intéressant. Un challenge pour l’auteur qui doit imposer un nouveau regard au lecteur. Les relations qui se nouent entre Bastien et Adam, comme celle entre Adam et Kilani sont tout simplement bouleversantes par leur fragilité, oscillant entre l’intime conviction et la retenue.

 

Le décor est un personnage à part entière. Comme la cité dans Code 93, comme la prison dans Surtensions. Ici c’est la jungle de Calais qui y est décrite comme un sas entre l’horreur de la guerre (en Syrie) et la promesse d’une terre d’accueil (l’Angleterre). Un no man’s land où tous les crimes sont permis, et si le terme jungle n’est qu’une déformation linguistique, ce sont bien des fauves qui y règnent.

 

J’ai retrouvé la même sensation d’excitation mêlée au stress pendant ma lecture, vous savez, cette envie d’en savoir plus tout en devinant que la suite va vous exploser en pleine figure et vous donner la nausée… Olivier Norek nous a prévenus, il n’a rien inventé. Vous les entendez les hurlements dans votre tête, ceux qui vous disent Oh ! Réveille-toi, c’est vrai et ça se passe à côté de chez toi ! ?

 

Olivier Norek signe là une œuvre très différente des autres, et si je n’ai pas écrit roman, c’est justement parce que j’ai plus la sensation d’un travail journalistique que de celui d’un romancier. S’il nous a habitués à aborder de vrais sujets sociétaux sous couvert d’enquête policière aux côtés du capitaine Coste, ici le récit, finalement, passe au second plan. Restent les faits, bouleversants, choquants, écoeurants. Difficile de sortir indemne d’une telle lecture.

 

Loly 

 

pixiz-10-11-2017-10-52-43.jpg


10/11/2017
0 Poster un commentaire

Zoom sur... l'expo Identité de Quentin Carnaille

Il n’a que 31 ans, pourtant Quentin Carnaille a déjà exposé dans le monde entier. Ses œuvres explorent la matière et l’âme en invitant l’observateur à participer à l’œuvre. Ainsi, avec « Connection », il propose au spectateur d’être au cœur de la création : en le plaçant face à un assemblage de miroirs, représentation conceptuelle de deux esprits ouverts (il faut donc être deux...), il permet à l’observateur d’y voir les connexions, mettant en lumière le concept de coexistence.

 

Aujourd’hui avec « Identité », que l’on peut admirer dans les rues lilloises (et donc gratuitement, c’est trop rare pour ne pas le souligner !), Quentin Carnaille nous livre une expérience environnementale, artistique et spirituelle hors du commun. Il invite à la réflexion. Oui, c’était facile. En reflétant leur environnement immédiat (immeubles, arbres, mais aussi les passants et le visage des observateurs), les statues lilloises, ainsi affublées de leur cube-miroir, provoquent un questionnement sur notre propre identité. Serions-nous construits à partir d’un savant mélange entre notre être et les projections sans cesse changeantes de notre environnement ? Allons donc !

 

 

B9713184962Z.1_20170914184845_000+G5P9PJQ5T.2-0.jpg

photo La Voix du Nord

 

 

Identité, c’est aussi l’occasion pour les lillois de redécouvrir leur patrimoine et ses gardiens de pierre devant lesquels ils passent tous les jours sans vraiment les voir, et pour les touristes d’arpenter les pavés lillois pour une balade aussi étonnante qu’enrichissante.

 

Quentin Carnaille œuvre à Lille, dans un atelier rue du Faubourg des Postes (hum… l’occasion de décrocher une interview ?). Pour en savoir plus, c’est par ici :  https://quentincarnaille.com/

 

B9713184962Z.1_20170914184845_000+G5P9PKAFR.2-0.jpg

photo La Voix du Nord

 


18/09/2017
0 Poster un commentaire

C'est la rentrée !

C'est la rentrée !

 

Certaines mamans vont déchanter à l’idée de voir leurs petits s’éloigner d’elles le temps de la classe, tandis que d’autres vont pouvoir chanter « libérée délivréeeeee !!! ».

 

Ça n’a rien à voir avec notre capacité à les aimer, mais les parents et les enfants ne sont pas fait pour vivre ensemble 24h/24, tout simplement.

 

parents-celebrate-back-to-school-day-11-57ac74d96acf5-605.jpg

 

Oui, on a beau les aimer, de toutes nos forces, de toutes nos tripes, il y a un moment, furtif, un peu sournois mais tellement vrai où l’on se murmure à soi même « vivement la rentrée que je me repose un peu ». C’est qu’ils sont dynamiques, ces petits, alors ils nous pompent notre énergie, et après 3 semaines passées à faire des plongeons dans la piscine, surveiller de près ce soleil qui menace la peau tendre de leurs épaules, observer du coin de l’œil les vagues vicieuses qui kidnappent leurs petits pieds, empiler des cubes dans une tour infernale qui finit toujours par céder, leur expliquer pourquoi le ciel est bleu et la mer si froide, ou organiser des planques en mode ninja furtif pour être sûre que les plus grands ne dérapent pas vers le côté obscur, première cigarette , premier flirt, premier… oh non quelle horreur, supporter les pièces rapportées des aînés qui ont toujours quelque chose à dire, faire les courses 2 fois par jour parce qu’il y en a toujours un qui a oublié de dire qu’on avait plus de Nutella… bref, on ne pense plus qu’à une chose : prendre des vacances. Des vraies. Sans eux.

 

Retour au bureau. Enfin au calme. Enfin, presque. Il faut laisser passer quelques jours avant que les collègues cessent de hurler « alors, de retour ?? ». Se souvenir des codes d’entrée dans chaque aile du bâtiment. Se souvenir de son mot de passe de session. Qui évidemment n’est pas le même que le mot de passe de messagerie. Lire les 1347 mails en attente, mais ne pas pouvoir y répondre puisque la boite est pleine et donc, bloquée. Affronter le regard de la chef, méprisant, parce qu’on n’a pas respecté la règle n°1 du code de la hiérarchie, ne jamais être plus bronzée que la chef. Faire du ménage sur son bureau parce que visiblement, un cyclone y est passé pendant notre absence. Trouver des mouchoirs. Trouver de la motivation. Trouver le temps long. Passage en revue des derniers préparatifs de la rentrée. Faire une liste. Ça aide, de faire une liste, et ça occupe l’esprit.

 

Fournitures. Fait.

 

Cartable. Fait.

 

Assurance scolaire. Fait.

 

Nouvelles baskets. Fait.

 

Préparation psychologique. Et merde.

  

Rentrée, jour J. Gorge serrée. Et qu’ils rentrent à la maternelle ou à l’université, c’est pareil. Evidemment on n’a pas dormi de la nuit. Trop peur de ne pas se réveiller, les réveils sont tellement vicieux à tomber en panne le jour où il ne faut pas. Mentalement  on chante cette chanson pourrie maintes fois reprise et détournée libérée délivréeeeeee, sauf qu’on culpabilise de devoir lâcher la main de notre progéniture sans défense dans cet horrible bâtiment qui l’engloutit pour l’éduquer. Non mais pour qui se prennent-ils, ces enseignants, à vouloir apprendre des choses à nos petits, comme si on n’était pas capables de le faire nous même ? Ils pensent peut-être qu’on n’a pas su expliquer pourquoi le ciel est bleu et la mer si froide ? Et d’abord, qui nous dit qu’ils ne les torturent pas, nos bébés, dès qu’on a le dos tourné ? Peut-être même qu’ils tentent sournoisement de nous voler leur cœur en faisant mine de passer pour de sages érudits alors que tout le monde sait que même les profs font des fautes d’orthographe. Et puis qui va nettoyer les tâches de sauce tomate sur leur t-shirt, à la cantine ?

 

f3d44-rentrc3a9e2010-2.gif

 

Non, vraiment, on était bien en vacances, entre les cris de joie et les crises d’ados, les câlins plein de sable et les interminables séances photo sur la plage. Vivement les prochaines. 

 

Loly


12/09/2017
2 Poster un commentaire

Bienvenue chez les naturistes

Le panneau indicateur, à l’entrée de la plage, l’annonce clairement : ici c’est naturiste. On gravit donc les marches qui mènent aux « culs-nus » (dixit les locaux) en toute connaissance de cause.

 

La plage naturiste d’Hossegor accueille deux écoles de surf et une cabane où l’on déguste boissons fraîches et beignets. Elle est surveillée par de beaux sauveteurs bronzés, et de nombreuses familles viennent y passer la journée. Par soucis de discrétion et par respect pour ces familles qui viennent avec de jeunes enfants, les naturistes s’éloignent de la zone de baignade surveillée pour étaler leur serviette un peu plus loin. Ils bronzent en toute tranquillité, bouquinent, discutent, et les éventuels voyeurs sont très vite invités à aller voir au Cap d’Agde. La plupart des naturistes sont des retraités, et la moyenne d’âge, selon moi, frôle les 60 ans (il y a quand même quelques « jeunes »).

 

 

473478908.jpg

 

 

Il règne ici une ambiance très sereine. Personne ne regarde les autres naturistes lorsqu’ils se déshabillent. Personne ne détaille grossièrement le nombre de bourrelets de son voisin, caché derrière des lunettes noires. Personne ne juge ou se moque. Les naturistes sont tous là pour la même chose : être tranquilles.

 

Et pourtant…

 

« Regarde, une baleine échouée ! », « Quand on est gros comme ça, on devrait se cacher ! », « Ah c’est écoeurant ! », « Dégueulasse, un mec à poil ! Je vais faire des cauchemars ! »… c’est le genre d’insultes que les naturistes entendent à longueur de journée. Et ces injures sont systématiquement prononcées par de jeunes adultes qui, malgré l’avertissement à l’entrée de la plage et la possibilité de rester parmi les « textiles », viennent planter leur parasol et leur arrogance au beau milieu des baleines à poil.

 

Alors, voyeurisme non assumé ? Méchanceté ? Peur d’y voir le reflet de son propre devenir … ? La plupart des insultants sont des femmes, entre 20 et 30 ans, une silhouette  parfaite, mais sont-elles si bien dans leur corps (et leur tête) pour réagir si mal face à la nudité ? Confrontée moi aussi au regard des autres, je n’ai jamais autant souffert du dédain imposé par ces filles qui fixent lourdement mes cicatrices. Serions-nous vraiment des monstres ou juste un miroir dérangeant de ce qui peut arriver, l’image d’une possibilité qu’on préfère ne pas voir ?

 

Et un jour, un groupe de jeunes hommes arriva…

 

… et dès leur installation, j’ai entendu les rires. Pas moqueurs, ceux-là. Des rires d’embarras. Une gêne immense et palpable lorsqu’ils se sont déshabillés. Corps parfaits, musclés, jeunes. Parfaits si l’on excepte cette drôle de démarquation entre le torse et les cuisses, d’un blanc éclatant. Des rires encore, lorsqu’ils se sont regardés, chacun se débattant avec sa serviette pour tenter de preserver encore un peu d’intimité avant le grand saut dans le vide. Ces jeunes là m’ont émue, allez savoir pourquoi. « ça fait bizarre », « C’est cool en fait », « On aurait dû essayer plus tôt ! ». Essayer. C’est toute la différence. Se mettre à nu, au sens propre comme au sens figuré, c’est toujours une épreuve qui demande non pas du courage mais du respect, seul chemin vers la tolérance.  

 

Loly 


24/08/2017
1 Poster un commentaire

Zoom sur... Fabio M. Mitchelli

C’est la lecture d’Edgar Allan Poe qui a déclenché sa passion pour l’écriture. Fabio M. Mitchelli, auteur de nouvelles, romans et thrillers, puise son inspiration dans la littérature noire de Dantec, Jean-Christophe Grangé ou Stephen King, mais aussi dans le cinéma de Lynch ou Cronenberg, figures du 7e Art aussi torturées que géniales.

 

Aujourd’hui l’auteur se consacre à l’écriture de romans psychologiques inspirés de faits réels. De quoi passer quelques nuits blanches encastrées dans le canapé. Surtout ne pas éteindre la lumière. 

 

 

polarlens-fabio-mitchelli.jpg

 

BIBLIOGRAPHIE

 

  • La verticale du fou, éditions Ex Æquo, décembre 2010 classé dans le top 3 des romans les plus téléchargés sur le territoire français en 2011
  • Tueurs au sommet, éditions Ex Æquo, mars 2011 
  • À la verticale des enfers, éditions Ex Æquo, octobre 2011 
  • La verticale du mal - le dernier festin, éditions Ex Æquo, octobre 2012 
  • Le cercle du chaos, éditions Ex Æquo, février 2013 Prix Spécial Dora Suarez en 2013
  • La compassion du diable (librement inspiré de la vie de Jeffrey Dahmer), éditions Fleur Sauvage, octobre 2014 
  • La compassion du diable réédition de poche, éditions Milady, mars 2016 Prix du polar Dora-Suarez 2015
  • Une forêt obscure (librement inspiré du meurtre commis par Luka Rocco Magnotta et des crimes de Robert Hansen), éditions Robert Laffont collection "La bête noire", septembre 2016 

 

MON AVIS SUR LA COMPASSION DU DIABLE

Fabio M. Mitchelli nous embarque dans un gore-trip qui n'est pas sans rappeler (allons, Loly, tu détestes les comparaisons !) la terrifiante dérive du héros de Mauvaise étoile de RJ Ellory. La comparaison s'arrête là car le style est très différent.

 

Nerveux, notamment dans la construction, avec des chapitres courts, comme des sauts dans l'horreur avant même qu'on ait pu reprendre son souffle, et même si l'écriture est fluide, les mots n'en sont pas moins crus et d'une extrême violence. La narration à deux voix est très intéressante, intrusive, délivrant juste ce qu'il faut d'indices pour la suite. 

 

J'avoue avoir ressenti un certain malaise, parfois, comme j'ai pu ressentir à la lecture d'un Chattam (toujours pas remise de la conjuration primitive), mais au final, en grande perverse que je suis, je n'ai pas réussi à lâcher l'histoire jusqu'au dénouement, quitte à rester incrustée dans le canapé toute la nuit. J'ai même ressenti une drôle de fascination pour Blake (quand je vous dis que je suis perverse), autant que du dégoût, bref, on peut dire que Mitchelli a gagné ses galons d'auteur psycho-bizarre (terme technique).

 

Pour résumer, c'est noir, très noir. Malaisant. Terrifiant. Implacable. Et terriblement addictif.

 

 

Interview-trivia-playersjpg.jpg

 

Fabio M. Mitchelli s'est prêté au jeu de l'interview, et je n'ai même pas eu besoin de le menacer, c'est dire si l'on se trompe quand on pense qu'un auteur de thriller est forcément bizarre...

  

Ma première question portera sur votre look, comme ça, ce sera fait : incroyable de penser qu’un célèbre acteur américain vous ait copié ainsi ! Avez-vous pensé à intenter un procès contre lui ? 

 

Non, pas de procès envers mon pirate préféré ! Et puis si j'avais dû le faire, j'aurais dû le faire voilà 25 ans, puisque cette comparaison date depuis mes 18 ans. Et puis, j'ai 10 ans de moins que lui... j'ai du respect pour les anciens !  Cela étant, j'aime beaucoup cet acteur, justement pour cette façon bien à lui de casser les codes, et cet anticonformisme évident.

 

Plus sérieusement, lorsque vous écrivez, vous vous placez émotionnellement plutôt du côté du tueur ou de la victime ? 

 

Des deux! Je n'irai pas jusqu'à dire que j'ai de l'empathie pour les criminels, mais justement, si j'écris beaucoup sur les tueurs en série, c'est parce que leur mécanique psychologique m'intéresse, j'aime essayer de comprendre, j'aime découvrir comment ils ont vécu, comment ils ont grandi, dans quel environnement, et surtout comment. Alors émotionnellement, je me place des deux côtés, mais évidemment pas de la même façon, pas avec le même attrait.

 

Y a-t-il une musique, une ambiance particulière qui vous accompagne ?

 

Toujours! La musique est omniprésente dans mes travaux d'écriture. Cependant, je n'écoute pas U2, les Stones ou diverses guitares saturées quand j'écris. Je préfère de loin la musique atmosphérique, comme celle du compositeur islandais Olafur Arnalds, ou encore le compositeur espagnol Roque Banõs. Cela me permet de dérouler les scènes comme de veritables petites séquences de cinéma, dans lesquelles j'y introduis à mesure mes personnages. En fonction des morceaux, j'élabore aussi le ton des séquences.

 

Vous vous inspirez de faits réels, de l’histoire de quelques sympathiques tueurs (Jeffrey Dahmer, Luka Magnotta). Parce que c’est une base d’écriture solide ou parce que vous vous intéressez aux déviances du genre humain ?

 

Je pense avoir déjà répondu dans la réponse à la question 2. Mais c'est aussi parce que c'est une base solide d'écriture. Certains se plaignent du nombre de thrillers consacrés aux tueurs en série. Je suis en partie d'accord, mais si l'angle d'attaque et le point de vue sont traités de façon inédite, il peut en résulter de belles choses. J'entends par là que, comme tout bon polar qui se respecte, dans lequel l'on va y trouver un drame social, familial,  ou une dimension politique, dans le thriller le sujet du tueur en série reste lui aussi social. Il n'est pas que médical, il est environnemental, ancré dans nos sociétés depuis toujours. Il n'y a pas que le sang que fait couler le tueur qui fait frissonner, il y a aussi sa façon de penser et d'agir. Et c'est ça, qui est terrifiant.

 

En 1996, Dans "Les racines du Mal", Dantec a écrit: "L'apparition des meurtriers en série est en effet inséparable de la naissance de la civilisation des loisirs. Et ce, pour une raison bien simple : il faut du temps pour tuer. Et surtout il ne fait rien avoir de mieux à faire..."

 

Cette réflexion fait tout de même écho à notre temps. Ce qui me permet de penser que c'est bien nous qui créons nos monstres...

 

L’un de vos romans, La Compassion du Diable, a initialement été publié aux éditions Fleur Sauvage, une maison reconnue et pourtant en grande difficulté. Une campagne de financement participatif a  même été lancée sur le site Ulule pour sauver les éditions Fleur Sauvage. Comment voyez-vous l’avenir de l’édition en France, et du coup, des auteurs ? N’y a-t-il plus de place que pour les grandes maisons d’édition ? 

 

Je ne m'étendrai pas sur ce sujet. Je crois juste à une seule chose: le travail. Et le travail bien fait. Et, à mon sens, il n'y a de place que pour ceux qui sont honnêtes et fournissent un labeur de qualité. Ceux-là, n'ont aucune raison de disparaître, ou de faire disparaître les autres...

 

Je vous ai rencontré au salon du polar de Noeux-les-Mines (59). Vous semblez très à l’aise lorsqu’il s’agit d’échanger avec vos lecteurs. Leurs retours sont-ils importants pour vous ? Je suis sûre que vous allez me dire oui, mais dans quelle mesure peuvent-ils vous aider, vous amener à changer quelque chose ?

 

L'échange avec les lecteurs est très important pour moi, j'aimerais d'ailleurs avoir plus de temps pour faire plus de salons encore et rencontrer davantage de lecteurs. C'est aussi la raison pour laquelle je suis très présent et actif sur les réseaux sociaux. Les retours de lecteurs sont très importants pour l'écrivain, dans la mesure où le lecteur se montre sincère. C'est à dire qu'il exprime ses émotions ressenties lors de la lecture de l'ouvrage, et non pas la manière dont lui, il aurait construit le roman pour se faire plaisir. Ce qui est important pour l'auteur, c'est que le lecteur explique sincèrement ce qu'il a aimé, ce qu'il a moins aimé, ce qu'il a carrément détesté... Certains adorent mes histoires, d'autres les détestent, pour diverses raisons: le contexte, le style, les personnages... et c'est ça qui est génial! Car l'Art, c'est ça; provoquer des émotions. Et la littérature c'est comme le cinéma ou la musique: on peut pleurer, rire, aimer, détester, être choqué, dégoûté, avoir la nausée, bref; être bouleversé. 

 

Voilà. J'aimerais ajouter que l'on se retrouve à l'automne pour mon prochain thriller, qui paraîtra toujours chez Robert Laffont, dans la collection "La Bête Noire", et qu'il s'agira de la suite de "Une forêt obscure". Les lecteurs retrouveront Louise Beaulieu, Carrie Callan, et notre terrifiant Daniel Singleton...

Merci à toi, chère Loly !
Fabio

 

Merci à vous, Fabio, de m'avoir accordé votre temps !   

 

 

Pour Retrouver toute l’actu de Fabio M. Mitchelli, c’est par ici :

 

mail: fm.mitchelli@orange.fr/ blog: fmmitchelli.wix.com/mitchelli
agenda: fmmitchelli.wix.com/agenda

 

 

 

c36a80_e1eb0000103a425a9ca9c95e496ba431-mv2.png

Aux Editions Robert Laffont- La Bête Noire © le 15 septembre.
[Une forêt obscure- Fabio M.Mitchelli ©]

 

 


06/06/2017
2 Poster un commentaire

Dans l’œil du photographe

PARTIE I - L'épreuve du Temps - Nikos Aliagas

 

On le connait pour sa présentation impeccable, son sourire franc et sa bonne humeur qui rayonne sur les plateaux télés. Nikos Aliagas est aussi photographe, et bien mal inspirés sont ceux qui pensent que c’est un passe-temps qu’il met en avant grâce à son nom ; je les invite ardemment à découvrir son expo « L’Epreuve du Temps », actuellement à la Maison de la Photographie à Lille (28, rue Pierre Legrand).

 

Dans un lieu où règne la sobriété, les clichés se succèdent avec une trame commune : Nikos Aliagas fixe dans le temps l’humanité profonde de quelques inconnus emblématiques et tisse un lien entre son cœur et le nôtre avec une émotion simple et sincère. Ici c’est le labeur, le courage et l’humilité qui sont mis en avant, au-travers de ces regards qui voient sans jugement, ou ces mains qui créent avec respect. Instants de vie en suspens, les clichés noirs et blancs invitent à une pause, le temps de prendre du recul sur notre propre existence. Et si l’on revenait à plus de simplicité ?

 

En fixant ces incroyables moments de grâce, Nikos Aliagas nous propose un voyage émotionnel bouleversant. 

 

 

18423863_10213278972998178_2329346515219157351_n.jpg

 

PARTIE II : Fetish Bazaar - Butz&Fouque

A l’étage de la Maison de la Photographie à Lille se déroule un étrange ballet de courbes et de peaux dénudées. Ma première réaction fut de me dire « Mince, la photo érotique, ce n’est pas trop mon truc ! ».

 

Sauf que c’est bien plus que ça.

 

Oscillant entre sensualité et sexualité, le duo de photographes Perinne Butz et Bénédicte Fouque entremêlent les visages et les corps dans un jeu de miroir presque parfait et énigmatique, et s’amuse de l’ambiguïté de certains clichés théâtralisés. La fausse gémellité des deux artistes, mise en scène avec une incroyable minutie, contribue à une instabilité identitaire très troublante. Le tout est porté par une ambiance un peu vintage aux couleurs acidulées qui adoucissent joliment quelques scènes plus crues.

 

Insolite. Perturbant. Décalé. Pur. Difficile de trouver le mot juste, mais la confusion des sens est plutôt agréable. Au final, je suis restée bien plus longtemps que prévu. Je suis bluffée.

 

Un dernier mot un peu moins enthousiaste : exposer une photo sous verre, c’est définitivement une hérésie. La juxtaposition des œuvres avec les visages, aussi admiratifs soient-ils, et du soleil qui cogne aux fenêtres, même si c’est pour venir contempler, c’est dérangeant. 

 

18403003_10213278969558092_1195449092780282270_n.jpg

 

Loly


09/05/2017
0 Poster un commentaire

Zoom sur... Louis Delort

On l’avait laissé à Pont Audemer, la larme à l’œil, croyant assister au dernier concert de The Sheperds. Quelques balbutiements plus tard, Louis Delort est passé par l’Aude, le Lot-et-Garonne, la Côte d’Or (non, rien à voir avec le chocolat ^^) et bien sûr la capitale. On l’a vu dans le Vercors sauter à l’élastique, voleur d’amphores au fond des criques (1). Flanqué du Pater Familia ou de son groupe réparé à coups de rustine anglaise,  il a semé quelques chansons inédites comme des petits cailloux pour ne pas qu’on le perde de vue. Rock, balades, Shakespeare, Molière, il a tâté et tenté, quitte à s’oublier. Syndrome de Pénélope ou véritable remise en question, l’essentiel est là puisqu’il cogite.  

 

Louis Delort vient de lancer une campagne de crowdfunding sur le site ULULE et compte sur la générosité de ses fans pour participer au financement de son deuxième album. Et force est de constater qu’ils sont bien au rendez-vous, puisque le premier palier de la cagnotte a été atteint en moins de temps qu’il ne faut pour prononcer correctement crowdfunding (deux jours en fait).

  

Pour y participer c'est par ici :  https://fr.ulule.com/louis-delort-nouvel-album/

 

Récemment invité par Ulule à se produire en showcase privé, il a susurré quelques pépites venues tout droit d’un cœur hyper sensible, visiblement très affecté par un monde devenu (?) fou. Pas de révélation non plus, le public les avait déjà entendues, mais presque les yeux dans les yeux, ses mots autant que sa présence ont bouleversé les âmes présentes. Les reprises de Video Game (2) et Blackbirds (3) ainsi que Sentinelle et Outre-Manche, ont également ravi la trentaine d’invités.

 

L’album, baptisé La Folie des Hommes, est prévu pour février 2018 et ne portera pas de label. D’où la campagne Ulule, haaaa, tout s’explique. Ce sera un album indépendant et, souhaitons-le, libre, engagé et à l’image de celui qui nous fait vibrer par sa capacité à provoquer l’émotion. Louis Delort annonce une très probable nouvelle collaboration avec Théo et Valentin Ceccaldi et avec Saturday Sun, et on ne peut que s’en réjouir. Reste à savoir si l’accueil de ce second album sera plus chaleureux que pour le premier qui n’a rencontré qu’un succès mitigé, mais à voir l’enthousiasme des médias qui relayent la campagne de financement participatif, on peut le penser.

 

Attention commentaire tout à fait personnel hautement argumenté  Il m’a semblé qu’un véritable embargo avait empêché le premier album d’éclore totalement tandis que nous assistions à l’explosion *message subliminal* de quelques chanteurs même pas auteurs-compositeurs incapables de sortir d’un unique registre, mais il est vrai, source de royalties. Pour une fois qu’un artiste français a le talent mais aussi le courage de sortir des sentiers commerciaux pour faire autre chose qu’une chanson écrite dans le seul but de passer à la radio, je prie, mais Où vont nos prières ? (4), pour que des professionnels audacieux accordent leur attention à un artiste indépendant. On sait que l’industrie de la musique est une grosse machine qui a besoin de faire de l’argent pour vivre, mais faire systématiquement passer le profit avant l’Art finira un jour par nous donner toute une génération de chanteurs-jukebox *fin du coup de gueule solitaire*.

 

En attendant, il a posé sa voix sur le single d’Eska, Amour, que vous pouvez découvrir ici : https://youtu.be/KOyNc081V8M une collaboration étonnante et forte de sa volonté de faire (enfin ?) de la musique comme il l’entend. 

 

 

5.jpg

crédit photo Corinne D. (mais c'est écrit)

 

 

(1)  https://youtu.be/0MYN8mAEKUo   et ne lui demandez pas si c'était bien le saut à l'élastique, merci 

(2)  https://youtu.be/cE6wxDqdOV0

(3)  https://youtu.be/Mo_DMGc2v5o

(4) disponible sur itunes

 


07/04/2017
1 Poster un commentaire

Japon : une nouvelle façon d'aimer

les-poupees-japonaises-se-vendent-a-prix-d-or-8.jpg

 

Les Japonais les appellent « dutch wives ». Je me demande ce qu’en pensent les Néerlandais. Véritable phénomène de société, ces poupées de silicone hyper réalistes, qui peuvent atteindre le prix exorbitant de 10 000 € (en moyenne 4 000 €) envahissent les canapés des Japonais esseulés, quand ce n’est pas leur lit. Une poupée gonflable dernière génération, me direz-vous. Un objet sexuel ultra perfectionné.

 

C’est bien plus que ça, car l’usage dépasse largement le cadre du sexe.

 

Considérée par son propriétaire comme une personne à part entière, la poupée siliconée endosse le rôle de petite amie, épouse, confidente, et il n’est pas rare de croiser la jolie demoiselle dans une scène quotidienne de la maison, lisant sur le canapé, préparant à manger ou sortant de la douche… Les japonais l’avouent facilement : ils ont développé pour leur poupée de réels sentiments.

 

Et certains jeunes Japonais vont même plus loin…

 

… car le prix d’une telle poupée n’est pas accessible à tous, alors un autre phénomène se répand de plus en plus : le coussin. Les « dakimakuras » sont des coussins de grande taille (1,50 m environ), à l’origine destinés à l’usage orthopédique, aujourd’hui détourné en objet sexuel plutôt surprenant. Recouvert d’une housse représentant une héroïne manga, le coussin devient alors une compagne pour le jeune Japonais qui l’emporte partout : en balade, dans le métro, et même au travail. Si les poupées de silicone ne sont pas aujourd’hui totalement assumées par leur propriétaire à la vue de tous, les coussins, en revanche, sont sortis et montrés en toute quiétude.

 

 

dakimakura.jpg

 

 

Vu dans L’effet papillon, le magazine de Canal+ : interrogé sur la raison pour laquelle il possède un coussin à l’effigie de son personnage de manga préféré, un jeune étudiant répond « Elle est belle, docile, toujours gentille avec moi. » Elle (il ? le coussin ?) est devenu sa « waifu », comprenez sa petite amie imaginaire, et il précise que sa future vraie petite amie, s’il en a une, devra accepter sa relation avec son dakimakura.

 

A l’origine, le terme « Okatu » désignait les fans de manga. Aujourd’hui il est surtout utilisé pour désigner les personnes qui recherchent l’amour dans les mondes virtuels. Pourtant, les Japonais l’assurent, c’est de l’amour, du vrai. Ils parlent de partage, de sentiments.

 

Loin de l’image glamour de la Geisha…

 

Pour nous, Occidentaux, c’est un phénomène qui nous dépasse, et même nous fait rire. C’est si difficile d’imaginer un monde où la relation réelle, physique, intellectuelle, spirituelle, charnelle, n’existe pas. Mais n’oublions pas que le Japon est aujourd’hui encore fortement marqué par la politique de l’enfant unique, de rigueur jusqu’en 2015 même si elle a été progressivement assouplie. N’oublions pas que le contrôle des naissances, imposé par les autorités chinoises, s’est accompagné, à ses débuts, d’avortements et de stérilisations forcées. De quoi radicalement changer sa vision de l’amour et de la procréation qui en découle….

 

Il faut savoir aussi qu’au pays du soleil levant, le rythme n’est pas tout à fait le même que chez nous. Il n’est pas rare qu’un Japonais quitte son travail à 3h00 du matin pour y revenir dès 07h00… Difficile, dans ce cas, de consacrer du temps à chercher l’amour. De plus, les mariages arrangés sont encore habituels : ce sont les parents qui choisissent, et tant pis si les tourtereaux ne s’aiment pas, ils devront cohabiter quand même.

 

On comprend mieux, tout à coup, pourquoi les Japonais se sentent si seuls qu’ils ont besoin de trouver le réconfort auprès d’un objet auquel ils prêtent vie, non ? Plus qu’un objet sexuel, la poupée et le coussin deviennent thérapeutiques.

 

Alors on peut trouver ça malsain, bizarre, marrant ou triste, peu importe. Le fait est que c’est la réalité d’une société tristement esseulée. La conséquence de tout ça ? Le Japon est le pays où la natalité est la plus faible. Ce n’est pas sûrement pas dû exclusivement aux amours virtuelles, mais bien à un changement global de comportement et d’intégration à la société.

 

Perso je fais partie de la catégorie « je trouve ça triste ».   

 

Loly 


23/03/2017
3 Poster un commentaire

Cinéma : Split de M. Night Shyamalan

 

Je déconseille à ceux qui souhaitent aller voir Split de lire cette chronique [SPOIL]

 

 

 

Le thème des personnalités multiples m’a toujours fascinée, aussi je me suis ruée vers la salle obscure la plus proche pour y voir SPLIT, le dernier long métrage de M. Night Shyamalan, maître es supense pour les uns, grand  arnaqueur pour les autres.

 

On a souvent reproché au réalisateur , notamment dans Signes, ou le Village, de jouer avec les nerfs du spectateur pour pas grand-chose car la chute n’était pas à la hauteur de l’attente. Ici il nous plonge dès les premières minutes dans un thriller accablant alors la chute, on s’en fiche un peu, finalement.

 

D’abord, c’est quoi le trouble dissociatif de l’identité (TDI) ?

 

C’est un trouble mental qui fait surgir au minimum deux personnalités qui prennent tour à tour le contrôle du comportement de l'individu, provoquant une perte de mémoire temporaire de la personnalité principale. Pour les psychiatres, il s’agit d’un mécanisme de défense que le cerveau met en place lors d’un traumatisme : en fractionnant son être, un individu est capable de faire ressortir une personnalité qui, elle, pourra surmonter ou combattre le trauma en question.

 

Le cas le plus connu est celui de Billy Milligan, dont les crimes ont défrayé la chronique aux Etats-Unis dans les années 70. Arrêté en 1975 pour de nombreux viols, il a été jugé irresponsable de ses actes après que les psychiatres aient confirmé un trouble dissociatif de la personnalité. Il en aurait développé vingt-quatre…

 

Le TDI au cinéma

 

Les troubles de la personnalité ont déjà été explorés dans de nombreux films, tels que Le Silence des ombres avec l’excellente Julianne Moore, Fight Club ou Peur primale, mais aucun n’avait jusque là osé developper autant de personnalités différentes, puisque le personnage interprété par James Mac Avoy, Kevin, n’en a pas moins de… vingt-quatre, tiens donc. Nous ne les verrons pas toutes, mais au moins six, et il faut bien avouer que le succès du film est aussi porté par une interprétation hors norme. Jouer autant de personnages aurait vite pu tourner à la caricature grotesque, sauf que Mac Avoy le fait tout en retenue, avec juste assez de subtilité pour que l’on se demande, le temps que le cœur fasse un léger dératé, lequel est-ce ?

 

Ce que j’ai aimé dans Split

split-movie-james-mcavoy-ending.jpg

 

 

On ne nous laisse pas sans explication. Le.s comportement.s du personnage sont étayés par l’analyse succinte mais parfaitement claire d’une psychiatre. Pas de bla bla médico-chiant, mais des éclaircissements sur la fracture de l’âme dont souffre Kevin (et il n’est pas le seul, mais chut).

 

James Mac Avoy est magistral, mais Anya Taylor-Joy, qui campe Casey, une jeune fille taciturne et solitaire, l’est tout autant avec ses grands yeux de biche traquée (je sais, c’était facile). A eux deux ils forment un duo infernal intense, on aurait presque pu se passer des autres.

 

Le scénario est bien construit, avec juste ce qu’il faut de flashbacks pour éclairer notre lanterne dans cet univers glauque et obscur qu’est le cerveau et ses possibilités. J’ai tout de même capté une incohérence, mais j’ai une personnalité qui s’appelle le Traqueur. Beaucoup ont regretté de ne pas avoir compris la fin (la scène dans la cage). Je suis perplexe, pour moi elle est on ne peut plus claire.

 

Les thèmes implicites, justement, sont vraiment intéressants :  d’abord il y a cette théorie qui suggère que les personnalités multiples puissent développer des talents mais aussi des caractéristiques physiques différentes et distinctes, théorie jamais vérifiée scientifiquement mais tout à fait fascinante.

Ensuite il y a le parallèle fait entre Kevin et Casey, deux êtres qui, chacun à leur manière, ont fait en sorte de supporter l’insupportable. On se doute très rapidement que la jeune Casey a quelque chose de particulier et que cette caractéristique en fait une survivante, mais le point d’ancrage entre les deux personnages n’est révélé que tardivement, c’est assez brillant.

 

L’atmosphère du film, portée par un montage nerveux, ressemble à ce que l’on connait déjà du réalisateur. C’est pesant, et ça colle parfaitement à l’image de la personnalité principale de Kevin étouffée par les autres. Une prison dans une prison, en quelque sorte.  

 

Ma note : ce sera 5 étoiles pour moi ! N'étant pas une experte cinéphile, je me suis juste laissée porter par le film et j'ai adoré ça.  

 

Loly 

 

 


06/03/2017
4 Poster un commentaire

Zoom sur... Olivier Norek

Olivier-Norek-1080x679.jpeg

 

 

Olivier Norek a 41 ans et déjà un parcours étonnant. Très tôt, il est porté par l’envie de se rendre utile, et part en mission humanitaire avec Pharmaciens sans frontières en Guyane, puis en Croatie. Deux ans plus tard, c’est la Police qu’il intégre en tant que gardien de la paix. Quelques échelons plus tard, on le retrouve lieutenant à la PJ de Seine-Saint-Denis avec ce même besoin de se mettre au service de la population et de préserver, malgré les difficultés, un regard humain sur ce qui l’entoure.

 

Il publie un premier roman, Code 93, puis Territoires et nous entraîne dans les cités du 93, au cœur d’une violence urbaine banalisée, dévoilant au passage les manipulations criminelles du milieu politique et financier, dénonçant la connivence de certains élus avec les caïds de banlieue.

 

Aujourd’hui Olivier Norek publie son troisième roman, Surtensions (Michel Lafon), et les premières critiques sont dithyrambiques. Il faut dire que l’auteur a un atout de taille : il possède une vision intérieure, réaliste, celle du flic de terrain qui a vu et vécu, sans jamais se départir de son humanité. 

 

 

Mon avis sur SURTENSIONS 

Dès les premières pages il nous plonge dans un univers carcéral glauque et ultra violent. On se doutait bien que les prisons n’étaient pas des havres de paix, mais rien ne nous avait préparés à ça non plus. C’est très étrange - mais brillant - cette capacité à trouver de l’humanité là où il y en a a priori le moins et pourtant, Olivier Norek réussit à décrire les faits en neutre spectateur d’une déchéance annoncée.

 

Puis il nous plonge dans la vie de la cité, et finalement, elle n’est pas si loin de l’asphyxie provoquée par la taule, gangrénée par les trafics et des fantômes en mal de vivre. C’est dans cet univers que le Capitaine Victor Coste tente de trouver l’oxygène nécessaire à la survie de l’espèce « flic expérimenté mais homme avant tout ». Flanqué de son équipe, il se retrouve au cœur d’une affaire sordide et j’avoue avoir torturé mes méninges pour qu’elles m’expliquent où se trouvait le point d’encrage entre les deux premières parties du roman. Ce sont deux histoires distinctes que l’auteur semble vouloir nous décrire, et à cet instant du récit je me demande encore comment les deux vont s’imbriquer.

 

BOUM. La troisième partie met en route l’engrenage et tout s’emboîte avec précision, jusqu’à ce que l’on comprenne que Monsieur aime mettre le doigt dedans pour tout faire foirer et nous réembarquer ailleurs. Si les brigands menaient des opérations chiadées et sans faille, ça ne serait pas drôle, et Olivier Norek n’aurait pas l’occasion de nous expliquer, au passage, quelques trucs de flic (et ceux des délinquants aussi, d’ailleurs !) qui nous permettent de nous sentir au cœur de l’enquête.

 

Olivier Norek fait plus qu’écrire. Grâce à son expérience du terrain il retranscrit la vie dans sa vérité la plus tranchante, sans concession et sans fioritures inutiles. Vous l’aurez compris, j’aime le style percutant, sans bla bla, et pourtant, à y regarder de plus près, il aime semer quelques pavés récupérés sur le chemin de l’Enfer, histoire que l’on ne s’endorme pas sur nos lauriers : c’est un roman, certes, mais il y a la réalité derrière, et elle n’est pas vraiment jolie.

 

Mention spéciale : si l’image du flic vieillissant, usé jusqu’à la corde à force de voir l’impensable, blasé par la vie qui ne l’aura pas épargné après un divorce, la perte d’un proche ou une relation paternelle difficile, a été maintes fois utilisée et prouve – presque – à chaque fois son efficacité, je suis heureuse d’avoir trouvé en Victor Coste un homme avant un flic. La preuve qu’il n’est pas nécessaire de faire vivre à son personnage les pires épreuves pour le rendre attachant aux yeux des lecteurs. Et quoi qu’il en soit ce n’est pas lui le héros, mais bien l’histoire. 

 

bonus-sur-les-sites-doptions-binaires.jpg

 

 

Rencontré à l’occasion d’une séance de dédicaces, Olivier Norek a très gentiment accepté de répondre à quelques questions. Je n’ai pas voulu abuser, ni de son temps ni de celui des personnes qui attendaient après moi, ce sera donc une mini interview mais je le remercie vivement d’avoir été si disponible et enthousiaste.

 

Pensez-vous que vous seriez devenu écrivain si vous aviez évolué dans un milieu professionnel différent ? Si oui, vous seriez-vous aussi tourné vers le polar ?

 

Non, c’est bien parce que je suis flic que j’ai eu envie de raconter ce que je vivais par le biais mon métier. J’ai commencé à écrire en participant à un concours de nouvelles. Lorsque les organisateurs m’ont contacté pour m’annoncer que ma nouvelle avait été primée, ils ont été surpris de constater que j’étais un homme. Ils avaient trouvé mon écriture sensible et féminine. D’une nouvelle sentimentale je suis passé à l’écriture d’un polar, la preuve que cela n’a rien d’incompatible ! 

 

Vous dites que le sentiment d’être utile est quelque chose d’important pour vous, que c’est un moteur [Il précise « c’est plus qu’important, c’est primordial ! »].  Vous avez eu un parcours professionnel dans lequel l’utilité est effectivement une évidente constante (missions humanitaires, Police…). Comment définiriez-vous la notion d’utilité chez l’écrivain ? [note à moi-même : j’aurais dû lui parler d’Homer Wells]

 

Mes livres sont des alibis. J’y parle de faits socio-politiques qui ne seraient pas très attractifs pour les lecteurs s’ils étaient décrits tels quels. En les intégrant à une histoire policière, ils sont plus accessibles et mine de rien, j’amène les lecteurs à une réflexion sur des sujets graves tels que les manipulations politiques ou financières, la guerre de territoires, les migrants. Voilà où est l’utilité de l’écrivain, à mon sens.   

 

Il me semble que Code 93 sera bientôt adapté à la télévision. Après l’accueil mitigé du public pour la série « Glacé », adaptée du roman de Bernard Minier et diffusée sur M6, vous ne craignez pas que les téléspectateurs vous boudent ?

 

Lorsque l'on confie son œuvre à un réalisateur, c’est comme confier son bébé à une tierce personne. On espère qu’il va en prendre soin, mais ça ne dépend plus vraiment de nous. Si le réalisateur a bien compris l’esprit qu’on a voulu insuffler à son livre, alors c’est gagné, sinon cela peut être compliqué, en effet. Mais je crois vraiment qu’il faut considérer cela comme deux expériences distinctes, l’une littéraire et l’autre télévisuelle, et qu’il ne faut pas chercher à les comparer. Ce sont deux approches différentes. 

 

 

kuhdfvhdkmfg.jpg

 


03/03/2017
4 Poster un commentaire

Micro nouvelle : l'inconnu du RER

man-1838601_960_720.jpg

 

J’aime ce temps froid mais ensoleillé. L’hiver me semble toujours un peu triste quand la lumière s’éteind peu à peu, mais aujourd’hui le soleil plante ses rayons audacieux dans les vitres de la station Port Royal et rayonne au-travers des marquises ;  j’ai presque chaud en attendant que le RER m’emporte jusqu’à mon bureau. Il faut dire que j’ai le nez emmitoufflé dans une large écharpe de laine et les mains enveloppées de velour noir. J’ai pris un peu d’avance ce matin, alors j’ai flâné le long du boulevard en espérant le voir.

 

Je l’ai appelé l’inconnu du RER. Je sais, ce n’est pas très original, mais connaître son prénom ôterait une partie du mystère. Je le croise deux à trois fois par semaine depuis trois ans. A raison de quarante minutes par trajet, finalement je ne le connais que depuis onze jours, mais j’ai l’impression de le connaître par cœur. Et l’expression est adéquate, car c’est toujours mon cœur qui le voit en premier, cette fraction de seconde lors de laquelle il émet un battement plus fort, plus profond, juste avant que mes yeux fondent sur sa silhouette élancée.

 

C’est lorsque nous sommes installés à bord du train que je peux l’observer à loisir, mais il n’est pas toujours facile d’être discrète, surtout l’été, lorsque je me perds à le caresser des yeux avec insistance ; j’ai souvent eu l’impression qu’il avait capté mon manège. L’hiver est évidemment moins propice à l’observation du détail, mais je sais que sous l’épaisse laine de son manteau se cache un corps sculpté dans le marbre par un Rodin inspiré. Il émane de lui une grande sérénité. C’est étrange, sans pouvoir l’expliquer, lorsque je suis assise face à lui je ressens comme de l’apaisement, comme si je savais qu’avec lui à proximité, rien ne pouvait m’arriver. Le mouvement régulier du train sur les rails me berce souvent jusqu’à la somnolence et achève de me plonger dans un curieux rêve éveillé, sous le regard bienveillant de mon inconnu.

 

Voilà, mon cœur vient de rater une marche et se rattrape à ma cage thoracique comme il le peut. L’inconnu du RER vient d’entrer dans le hall et un rai de lumière dorée vient frapper son visage, comme si le soleil lui-même s’inclinait sur son passage. Port Royal. Ce nom semble inventé pour lui. Sa démarche assurée et son maintien altier sont d’une exquise majesté.

 

Mon cœur s’emballe encore, à mesure qu’il s’approche ; sa rythmique se détraque, perdue dans l’écho d’un métronome amoureux. J’ai si chaud, et ma tête tourne un peu. Mes tempes bourdonnent d’un flux sanguin épais et bouillonnant. Je desserre un peu l’étau de laine qui entoure mon cou. Je me maudis de me faire esclave de cet homme que je ne connais pas, mais le cœur a ses raisons et j’ignore totalement pourquoi il bat si fort et si vite alors je le laisse faire, impuissante et sans force. Arrivé à ma hauteur, l’inconnu s’attarde une seconde, soubresaut du temps qui s’écoule dans un sablier qu’on a fait tomber. Il a l’air inquiet. Le serait-il pour moi si mon cœur décidait, à cet instant, de jaillir de ma poitrine ?

 

Le sol se dérobe. Peut-être l’Enfer qui s’ouvre sous mes pieds, qui sait, je l’ai sans doute mérité à force de fantasmer sur un super héros au charme diabolique. Je tombe, et ses bras forment un écrin pour me recueillir.

 

Travelling arrière sur l’heure qui vient de s’écouler. Je sors de mon appartement, au-dessus du Val Café qui se prépare à accueillir les premiers accros à la caféine. Le patron, affairé à la mise en place de la terrasse, me salue joyeusement. Je flâne le long du boulevard de Port-Royal et m’attarde un peu à admirer les façades ; on finit par ne plus les voir, au bout de quelques années, c’est dommage. Plus loin je musarde encore et m’arrête un instant devant le centre de secours qui s’agite. Il est 06h50, c’est presque l’heure de la relève. J’aime observer les silhouettes qui se croisent dans la cour, anonymes à nos yeux alors qu’ils sont nos anges gardiens.

 

Boum. Mon cœur vient de battre le rappel. J’ouvre les yeux sur un monde de coton et sur le visage de l’inconnu du RER. Le cerveau est une machine formidable, lorsqu’il se décide à donner un coup de main au cœur qui n’en peut plus de s’emballer seul. Je reconnais cette silhouette. Je viens de rencontrer mon ange gardien. 

 

Loly 


15/02/2017
2 Poster un commentaire

Série Glacé sur M6 : la comparaison avec le roman est compliquée…

L’ambiance y est, appesantie par les Pyrénées et son atmosphère étouffante. C’est l’avantage sur le roman de Bernard Minier à qui beaucoup de lecteurs ont reproché de trop longues descriptions : une image parle vite et bien.

 

Mais…

 

Le montage est nerveux et privilégie des séquences et plans assez courts. Associé à une musique souvent stressante, il aurait pu contribuer à mettre le téléspectateur dans un climat de tension. Hélas, un montage énergique ne suffit pas s’il met en scène une intrigue poussive. Je n’ai pas compris. Comment un tel récit a-t-il pu être ainsi transformé ?  

 

 

nl1512-entete-m6-glace.jpg

 

 

Les personnages

D’abord Martin Servaz. Dans le roman, il est un peu cliché, c’est vrai ; la comparaison avec le Franck Sharko de Thilliez est même facile. Flic entre deux âges, un peu vieille école, malmené par quelques drames, tourmenté, dévoué corps et âme à son métier jusqu’à en crever, mais l’esprit vif et le geste élégant. Le choix de Charles Berling m’a paru très judicieux lorsqu’il a été révélé. J’adore cet acteur qui, à mon sens, a su faire d’excellents choix de carrière. Cependant, j’ai trouvé que le côté vieillissant et fatigué de Servaz était trop accentué. Il a quarante ans, merde ! Il n’est pas question d’en faire un flic glamour, mais il a tout de même un charisme que je n’ai pas retrouvé dans le Servaz de la série. De plus, même si le personnage du roman peut sembler un peu caricatural à force de citer des locutions latines et de citer Mahler, il s’avère que son admiration pour le compositeur est un lien avec Hirtmann, lui-même érudit.

 

Parlons-en de Hirtmann. Mais que lui est-il arrivé ? D’abord j’ai eu du mal à comprendre le lien qui unissait les deux hommes dans la série. Allons donc, Hirtmann est donc devenu ancien ami intime de Servaz (je ne suis même pas sûre d’avoir bien compris, en fait) ?! Mais où sont passées les joutes verbales avec cet homme d’une grande intelligence, cultivé, et élégant (oui, on peut être tueur en série et élégant) ? Si Pascal Greggory a « la gueule » d’un serial killer, on ne peut pas dire que son personnage à l’écran respire l’intelligence et l’érudition. D’un personnage intriguant, et même fascinant, véritable cauchemar pour Servaz, nous passons à un pâle prisonnier dont on veut nous faire croire qu’il tire toutes les ficelles alors qu’il n’a pas la prestance qui va avec. Invraisemblable.

 

Quant à Julia Piaton, que j’ai découverte dans la série Le secret d’Elise, dans laquelle je l’avais trouvée excellente, elle me laisse perplexe. Si c’est ainsi que sont nos gendarmes français, je suis inquiète. J’irais presque jusqu’à dire, puisque le réalisateur a pris pas mal de libertés par rapport au roman, que son rôle aurait pu être zappé tant il manque de consistance.  

 

Nina Meurisse, alias Diane Berg, restera le plus grand mystère de cette série. Autant son personnage dans le roman est intriguant, non pas pour ce qu’elle apporte mais plutôt parce qu’à la fin, on se demande toujours ce qu’elle venait faire là, ici elle est au cœur d’une intrigue parallèle qui la lie à Hirtmann. Et là je ne peux pas m’empêcher de penser que si le réalisateur ne s’était pas dispersé sur cette seconde affaire qui, finalement, n’a pas grand intérêt si ce n’est de semer un peu plus de confusion, il aurait se concentrer d’avantage sur l’intrigue principale.

 

L’intrigue

Comme indiqué plus haut, les clés du récit de Bernard Minier sont ici survolées, et, à part le fait que les hommes ciblés aient fêté le nouvel an ensemble, on ne comprend pas bien le lien qui les unit, beaucoup plus détaillé dans le livre. Au final, on nous balance l’affaire des suicidés au détour d’un dialogue, en cours de série, comme si ce n’était qu’un détail banal alors que c’est le cœur de l’histoire. Etrange.

 

Le personnage d’Eric Lombard étant mis de côté, on oublie vite le cheval ailé, à se demander pourquoi on a sacrifié cette pauvre bête parce que ça n’apporte absolument rien, le réalisateur oubliant carrément de nous éclairer sur les raisons de ce geste barbare. Oublié aussi l’ADN d’Hirtmann découvert sur les lieux du crime, à la fin de la série on ne sait toujours pas comment il s’est retrouvé là et surtout pour quelle raison.

 

Avec une affaire parallèle, celle de Diane/Hélène et de sa sœur Fabienne, la dernière victime de Hirtmann, le récit se disperse et se perd. Au final, on ne sait plus tout à fait qui est qui, et qui a fait quoi. Bref, l’épreuve est rude pour les lecteurs du roman.

Les interventions téléphoniques de Charlène Espérandieu, ainsi que les brèves apparitions de son mari Vincent, acolyte de Servaz à Toulouse, n’ont été pour moi que des parasites inutiles.  

 

Et que dire de la fin ? Ridicule.

 

Faut-il regarder la série Glacé (en replay, du coup) ?

Je dirais oui à ceux qui n’ont pas lu le roman, et un immense non à ceux qui l’ont fait. Trop de libertés ont été prises par le réalisateur pour que cette série soit appréciée et même comprise par les lecteurs de Bernard Minier. A moins d’une gymnastique intellectuelle capable de vous faire oublier tout ce que vous avez lu, la série souffrira d’une comparaison sans concession avec le roman.   

 


25/01/2017
0 Poster un commentaire

Jardinage : la bonne humeur, ça se cultive !

Bien sûr on a tous des périodes difficiles dans la vie. Bien sûr on n’a pas toujours envie de sourire lorsqu’on affronte la maladie, la mort, le chomage, la solitude… Il ne s’agit pas de trouver des recettes miracles et d’effacer les problèmes d’un coup de baguette magique, mais de puiser au fond de nous quelques ressources intérieures pour nous aider, au quotidien, à vivre au mieux dans le meilleur des mondes possibles.

 

La musique est un sensationnel déclencheur d’émotions, qu’on soit passionné ou non. Mais on n’est pas obligé d’écouter l’Adagio d’Albinoni en boucle quand on a le moral dans les chaussettes. La musique a de véritables vertus capables de modifier l’humeur, alors quand ça ne va pas, on privilégie une chanson qui bouge et qui fait du bien au moral :

 

La célébrissime Happy de Pharrel Williams

Don’t stop me now de Queen

Girls just wanna have fun de Cindy Lauper

Good vibrations des Beach Boys…

 

…sont des exemples scientifiquement prouvés !  Et la raison en est simple (et fait il y en a trois) :

D’abord leur tempo tourne à environ 150 battements par minutes. Ensuite la tonalité est majoritairement majeure. Enfin, elles parlent d’événements et d’émotions positives.

 

Mais ça marche aussi avec n’importe quelle chanson qui vous évoque un souvenir qui vous fait du bien !

 

Le miroir est un allié, utilisez-le ! Il vous montrera à quel point on est plus beau.belle, plus abordable, plus sociable quand on sourit. Faites-lui des grimaces, il adore ça ! Vous verrez, il finira par rire, et c’est communicatif…

 

Hissez le pavillon et affichez vos couleurs ! C’est reconnu scientifiquement, ça aussi : les couleurs apportent du peps et améliore le moral, alors si votre bureau est un peu tristounet, osez les porter sur vous ! Même si la petite robe noire reste intemporelle et chic, quelques t-shirts et foulards de couleurs vives attireront le regard et les compliments. Et un compliment, ça donne le sourire.

 

 

jeune-femme-signe-peace-large.jpg

 

"Si vous avez un chagrin d'amour, maquillez-vous, mettez vous du rouge à lèvres et attaquez, les hommes détestent les pleureuses. » Coco Chanel

 

En réalité, personne n’aime les pleureuses ! Ressasser ses problèmes, ça vous ennuie et ça ennuie aussi les autres. Souvenez-vous que votre entourage interagit avec vous en fonction de votre comportement avec eux. Si vous êtes grincheux.se, il y a de forte chance pour qu’ils le soient avec vous en retour ! Mais si vous vous montrez forte et décidée à aller de l’avant, ils auront sûrement envie de faire un bout de chemin à vos côtés.

 

Beaucoup plus basiquement, le maquillage permet de se sentir plus belle, plus désirable, attire le regard et les compliments. Et un compliment, ça donne le sourire. J’ai l’impression de me répéter, non ?

 

La méditation et la respiration profonde permettent de se libérer des tensions qui nous font faire grise mine. J’ai dit grise mine, pas Griezman. Mais il est vrai que le sport, pratiqué ou regardé, est aussi une façon de se débarrasser du stress et de remonter le niveau du baromètre émotionnel.

 

Certains aliments agissent sur l’humeur, ceux qui favorisent la sécrétion de dopamine par exemple : l’avocat, les graines de sésame, les bananes… Les omega3 favorisent, eux, la diffusion des hormones du bien-être telle la sérotonine. On les trouve dans les poissons gras, le jaune d’œuf… Et n’oublions pas le sacro-saint chocolat noir, riche en acides aminés, indispensable à la fabrication des neurotransmetteurs !

 

Ça paraît idiot mais… fuyez les personnes qui ne vous font pas du bien ! La collègue qui critique toujours votre travail, votre mère qui vous dit que vous avez encore grossi, ou la bonne copine qui affirme que votre nouveau jean ne vous va pas mais achète le même en douce… Si c’est pour vous entamer le moral, ce n’est pas la peine de les fréquenter ! C’est ce qu’on appelle une relation toxique. Privilégiez les échanges avec des personnes bienveillantes qui peuvent vous écouter, vous conseiller, ou simplement passer un bon moment avec vous sans vous accabler !

 

Descartes disait qu’il fallait cultiver notre jardin, alors oui, cultivons notre bonne humeur et tâchons de rendre notre vie meilleure ! 

 

Loly 


16/01/2017
0 Poster un commentaire

zoom sur... les jeux de rôle

La semaine dernière j’ai lancé un appel à sujets pour un prochain article, et me voilà plongée dans l’univers du jeu de rôle, que je ne connaissais absolument pas.

 

Mais d’abord, c’est quoi un jeu de rôle ?

Par définition il s’agit d’incarner un personnage dans un environnement fictif, par amusement.

 

J’ai demandé à Tyragrio (twitter @Tyragrio) de m’en dire plus :

 

« Le jeu de rôle se joue généralement avec un Maître du Jeu (MJ) et quatre joueurs, mais parfois aussi avec 2 MJ et huit joueurs, même si c’est plus rare. Il n’y a pas de profil particulier, tout le monde peut jouer. Il y a différents types de jeux de rôle :

- le jeu papier, qui se joue autour d’une table

- le jeu de rôle via ordinateur

-  le jeu de rôle textuel via les forums

- le jeu de rôle grandeur nature

Perso je pratique le jeu de rôle papier. Mon univers c’est plutôt la Fantasy, mais je n’ai pas de personnage favori car j’aime incarner toutes les classes. »

 

Le jeu de rôle papier, appelé aussi jeu de rôle sur table, est un jeu dans lequel les participants conçoivent ensemble une fiction par l'interprétation de rôles et par la narration, dans le cadre de contraintes de jeu qu’ils s’imposent : la règle du jeu, ainsi que le cadre imaginaire dans lequel se déroule le jeu sont définis. Par exemple un texte illustré peut servir de base. Dans les jeux « industriels », on trouve parfois des accessoires tels que clés, cartes, fiches personnages etc, mais on peut tout à fait le créer soi-même ; c’est même, à mon sens, la meilleure option pour évoluer dans l’univers que l’on souhaite. 

 

Un jeu de société, me direz-vous. « Absolument pas ! précise Tyragrio. Les plateaux de jeux de rôle ne se trouvent qu'en magasin spécialisé, c'est une différence essentielle avec les jeux de société que l'on trouve en grande surface.» Le jeu de rôle est spécifique et spécialisé

 

Bah oui, oseriez-vous dire à un amateur de cosplay qu'il est déguisé ? C'est là un parallèle que j'ai apprécié car il m'a bien fait comprendre le point de vue de Tyragrio.  

 

L’un des tous premiers jeux de table : le célébrissime Donjons et Dragons, créé en 1970 autour de l’univers médiéval/fantasy.

 

A la question « Quelles sont tes motivations ? », Tyragrio répond tout simplement :

« Passer des soirées entre amis et m’évader dans un univers imaginaire.»

 

C’est effectivement un objectif qui me paraît évident et très sain. D’ailleurs, le jeu de rôle n’est-il pas l’un des premiers pratiqués par les enfants, lorsqu’ils jouent à la maîtresse d’école, au vétérinaire ou au pompier ? S’imaginer dans la peau d’un.e autre, c’est pouvoir se projeter ailleurs, loin du quotidien, mais aussi se « tester » dans une situation inédite, et lorsqu’il s’agit d’évoluer dans un monde imaginaire, cela développe la créativité et la capacité d’adaptation.

 

Jeu-de-role-strategie-de-contenu.jpg

 

Et pour le jeu de rôle grandeur nature, cela va encore plus loin. Si la plupart des joueurs le considèrent comme un divertissement, ils peuvent être également orientés vers la performance théâtrale ou artistique. Certains évènements peuvent même être conçus dans un but pédagogique. Les reconstitutions historiques, par exemple, en sont un exemple brillant. 

 

Lorsque j’ai posé la question à Tyragrio « Y a-t-il des dérives possibles ? », il m’a répondu « sans doute », mais sans précision (peut-être juste parce qu’il n’y a pas été confronté, entendons-nous bien), alors j’ai navigué à la recherche d’infos, et j’ai trouvé…

 

…des choses assez effrayantes. Mais sont-elles justes ? Quelques drames ont défrayé la chronique, notamment aux USA mais aussi en France. Le jeu de rôle a souvent été montré du doigt pour son coté « sectaire » et pour les univers très décalés, ou violents, que l’on pouvait y trouver. Je ne suis pas psychiatre mais il me semble que les dérives sont toujours possibles chez des personnes instables. C’est comme pour les jeux vidéos. Ou le journal télévisé. Bref, un joueur stable socialement, mentalement, intellectuellement, sait faire la différence entre la fiction et la réalité. Sinon certains acteurs, les plus grands rôlistes qui soient, auraient vite fait de dériver (imaginez JCVD…) !

 

 

Les autres applications possibles

Le jeu de rôle est de plus en plus utilisé comme technique pédagogique et thérapeutique, car il développe l’expression corporelle et émotionnelle. Dans les formations où l’expression orale et comportementale sont essentielles, il n’est pas rare que le formateur propose des mises en situation aux stagiaires pour permettre l’analyse et la gestion de situations inédites. Certains domaines d’activité sont particulièrement tournés vers cette technique de formation (médecins, militaires, représentants…).

 

En psychiatrie, le jeu de rôle est pratiqué pour permettre au patient d’exprimer et de canaliser les phobies ou troubles compulsifs en minimisant l’implication émotionnelle : il s’agit de « transférer » ses émotions au personnage que l’on joue.  

 

A l’école, le jeu de rôle améliore la mémorisation des apprentissages par l’amusement en les rendant plus vivants et attractifs.

 

Il peut être aussi érotique et pratiqué pour mettre en scène un fantasme.  

 

 

En résumé

Divertissement, créativité, développement de soi, apprentissage, mémorisation… le jeu de rôle a tout pour séduire. Si vous souhaitez en savoir plus, allez faire un tour sur le site de la fédération française du jeu de rôle! www.ffjdr.org 

 

Loly 


16/01/2017
0 Poster un commentaire