Les chroniques de Loly

Les chroniques de Loly

Pourquoi aime-t-on les méchants dans les séries ?

Parce qu’il a une morale

L’exemple type : DEXTER (Dexter)

 

Dexter Morgan travaille pour la Police de Miami. Il est expert en morphoanalyse des traces de sang. Avec son équipe il traque les méchants, et quand la justice ne permet pas de les punir, il le fait lui-même. Résultat, il tue les méchants. Conséquence, il devient un tueur en série. Dexter est probablement le personnage le plus complexe et ambivalent que je connaisse, pas dans sa personnalité mais dans son essence même. A la fois tueur et justicier, Dexter agit selon un code d’honneur inculqué par son père, dont la première règle est de ne jamais tuer un innocent. Il a une morale et la met au service des victimes.  

 

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Parce qu’il fascine

L’exemple type : NEGAN (The Walking Dead)

 

Negan est un Sauveur. Du moins, c’est ce qu’il décrète. Arrivé en saison 6 de la série pour lutter contre les morts-vivants, Negan se révèle très rapidement être un homme de pouvoir. Et il n’hésite pas à tuer pour cela. Décrit par les psychiatres comme un pervers narcissique et paranoïaque, Negan est un psychopathe qui prend plaisir à tuer. Il massacre par nécessité, dirons ses fans, mais il n’y a souvent de nécessité que pour lui, pas pour la communauté. Pourtant, sa relation avec certains personnages, notamment Carl Grimes, nous fait dire qu’il a un cœur. Negan fascine parce qu’il transgresse les règles, pratique un humour particulier et garde un sourire entre le carnassier et le charmeur. Il répond à un fantasme de violation des règles qui mène au respect.

 

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Parce qu’il fait peur

L’exemple type : IVAR (Vikings)

 

Ivar est le fils de l’illustre et respecté guerrier viking Ragnar Lodbrok. Né avec une terrible malformation osseuse qui lui vaut le surnom de « Ivar le désossé », il semble compenser son handicap physique par une force mentale exceptionnelle. Sa soif de pouvoir se révèle au fil des épisodes, jusqu’à la folie meurtrière. Il est manipulateur, sanguinaire et n’a aucune morale. Porté par un acteur extrêmement doué, Ivar est typiquement celui qui nous attire parce qu’il est dingue, tout simplement, et qu’il répond lui aussi à un fantasme de Mal absolu. Michael Hirst, le créateur de la série, pense que les fans d’Ivar seraient prêts à tout lui pardonner, quoi qu’il fasse, parce qu’il symbolise aussi une revanche sur la vie (et son handicap). Pourquoi pas.

 

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Parce qu’on a hâte de le voir mourir

L’exemple type : Joffrey Lannister (Game of throne)

 

C’est une tactique scénaristique. Il nous agace, nous dégoûte, nous met sur les dents, mais sans lui la série aurait moins d’intérêt parce qu’on ne rêve que d’une chose : le voir mourir, et si possible dans d’atroces souffrances. Il répond à un besoin, celui d’assouvir notre propre vengeance de téléspectateur un peu pervers. 

 

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Parce qu’il a des circonstances atténuantes

L’exemple type : RICK GRIMES (The Walking Dead)

 

J’ai hésité à le mettre dans la liste de méchants, mais il l’est, c’est évident. Rick Grimes est shérif. Empathique, donc, et une vocation à protéger la population. Sauf qu’autour de lui c’est le chaos et que sur sa route se dressent des méchants vraiment très méchants, et je ne parle pas que des rôdeurs-mordeurs-charognes. Parfois les vivants sont pires que les morts. Pilleurs, violeurs, cannibales, ils vont tous le transformer. Rick, au fil des saisons, va finir par oublier ses convictions les plus profondes et perdre sa foi en l’Humanité. Jusqu’à tuer, mu par sa colère et pour son propre désir de vengeance.  Mais c’est pas de sa faute. 

 

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Loly 


16/04/2018
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Zoom sur... Dylan O'Brien

Il y a un moment que je souhaitais écrire un article sur Dylan O’Brien mais, n’ayant pas vu l’intégralité de sa filmographie, je ne pouvais pas me faire une opinion honnête. Alors vous connaissez mon professionnalisme, je me suis dévouée pour faire un marathon DOB, mais que voulez-vous, il faut bien faire des sacrifices dans la vie.

 

Mais reprenons dans l’ordre chronologique :

 

2011 : Charlie Brown, Blockhead's Revenge (court métrage) – rôle : Charlie Brown 

Je ne peux rien dire, je ne l’ai pas vu. Ça, c’est fait.

 

2011 : High Road de Matt Walsh – rôle : Jimmy

Le genre de film dont on ne dit rien, parce qu’il n’y a pas grand-chose à dire. Pas mauvais, mais sûrement pas un chef d’œuvre non plus. Un second rôle pour Dylan, qui lui permet malgré tout de tirer son épingle du jeu dans un récit souvent décalé et loufoque parmi un casting adulte. A noter que malgré le script, la majorité du film a été totalement improvisée. Prouesse ou prise de risque inutile ?

 

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2011 :  Teen Wolf ( série) saison 1 – rôle : Stiles Stilinski

Suivi de : 2012 : saison 2 – 2013-2014 : saison 3 – 2014 : saison 4 – 2015-2016 : saison 5 – 2016-2017 : saison 6

Stiles est, dès la saison 1, annoncé comme désopilant, tendre et intelligent. Un curieux mélange qui colle bien à la gestuelle et aux étonnantes capacités expressives de Dylan. Les saisons suivantes confirment l’importance de son rôle dans la série : même sans pouvoir surnaturel il est toujours là, et c’est plutôt une bonne chose pour ses copains qu’il sauve plus d’une fois de situations périlleuses. C’est dans la saison 3 deuxième partie que la série lui offre une belle opportunité : passer du côté des méchants. Une belle performance pour un rôle totalement à contre-pied. Et le pire c’est que même méchant, on n’arrive pas à le détester. Je retiens qu’il m’aura fait passer du rire (scène culte saison 3 épisode 5) aux larmes en moins de temps qu’il ne faut pour dire loup-garou.

 

Mon avis sur la série ici : https://les-ailes-du-desir.blog4ever.com/zoom-sur-la-serie-teen-wolf

 

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2012 : The first time de Jon Kasdan – rôle : Dave Hodgman

Un film très, mais alors très mignon. Destiné aux adolescents mais pas que, The first time désacralise l’événement du siècle pour l’ado prêt à passer à l’âge adulte : la première fois, bah oui, c’est le titre. Et c’est fait de façon très intelligente. D’un côté il y a l’amoureux transi (Dylan), déjà pétrifié à l’idée de déclarer sa flamme à la femme de sa vie alors imaginez comment il fantasme sur sa première fois, de l’autre une jeune fille (Britt Robertson) persuadée que de perdre sa virginité avec un garçon pour lequel elle n’a aucun sentiment lui facilitera grandement les choses, surtout si ça se passe mal. Et devinez quoi ? Les deux se rencontrent, tombent amoureux, et décident d’avoir leur première fois ensemble. Evidemment ça ne se passe pas tout à fait comme ils l’avaient prévu, ni pour l’un, ni pour l’autre. Ah la la. C’est très, mais alors vraiment très mignon. Le jeu de Dylan est tout en douceur, dans la retenue, très loin de son personnage de Stiles au jeu décalé, même si l’on sent poindre parfois quelques attitudes comiques qu’il a du mal à réfréner.

 

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2013 : New Girl (série) saison 2, épisode 23 – rôle : « the man »

Une unique apparition dans la série, sous forme de flashback qui raconte la première expérience sexuelle de l’héroïne (Zooey Deschanel) avec un garçon dépressif et pas doué (Dylan, donc). Décidément. Tout fantasme va finir par disparaître. C’est court mais assez hilarant. A voir en VO absolument.  

 

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2013 : Les stagiaires de Shawn Levy – rôle : Stuart Twombly

Attention daube. Le film raconte l’histoire de deux quadras complètement has-been qui, après la fermeture de la boite qui les emploie, se dégotent un stage chez Google. Ils n’y connaissent évidemment rien en informatique, ou en réseaux sociaux tels que nous les pratiquons via notre smartphone, mais ils sont bourrés d’idées farfelues, ils ont un bol monstrueux et la capacité à fédérer une équipe autour d’un projet fantôme pitoyable. Difficile de se faire une opinion sur le jeu de Dylan dans ce film. D’abord parce que visionner ce… truc… n’a pas été une partie de plaisir, mais aussi parce que son rôle est transparent. Aucun intérêt, presque pas de dialogue, mais peut-être que cela a quelque chose à voir avec l’absence de scénario et les deux horripilant « héros », allez savoir. Bref, à oublier, sauf pour les lunettes qu’il porte à merveille, c’est déjà.    

 

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2014: Le Labyrinthe de Wes Ball – rôle : Thomas

2015 : Le Labyrinthe, la terre brûlée de Wes Ball- Thomas

Deux premiers volets d’une saga et premier rôle plus physique. On reste dans un rôle d’ado malgré tout, même s’il a pas mal de poids sur les épaules, le pauvre. Mais contrairement à ses comparses issus d’autres sagas young adult, il ne se la pète pas. J’apprécie, dans ce type de film, qu’un acteur prenne la mesure de son rôle et évite de lui insuffler des caractéristiques de super héros finalement peu crédibles. Thomas est un ado, Dylan le reste. C’est bien joué.  

 

Mon avis sur la sage Labyrinthe ici : https://les-ailes-du-desir.blog4ever.com/le-labyrinthe-la-saga-young-adult-qui-fait-du-bien

 

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2016 : Deepwater de Peter Berg – rôle : Caleb Holloway

Premier rôle adulte aux côtés de pointures du cinéma telles que Mark Walhberg, Kurt Russel ou John Malkovich qui effacent un peu les seconds rôles dont le sien, sauf en seconde partie. Le film est bon mais ne permet pas une performance de jeu exceptionnelle (surtout avec un casque et des lunettes).

 

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2017 : American  Assassin de Michael Cuesta– rôle : Mitch Rapp

Cette fois nous retrouvons un Dylan changé dans son apparence et dans son jeu. American Assassin est un film comme on en a déjà vu par dizaines, un peu démago, un peu mégalo, américain, quoi. Mais un bon film d’action qui lui permet d’avoir un rôle principal intéressant. Pourquoi ? Parce qu’il est torse nu, pardi. Et qu’il a enfin un rôle plus sombre et plus complexe. Adulte. Et puis il est très très beau quand il se met en colère. Si, si. Le carrelage de la salle de bain s’en souvient encore. Le jeu est sobre, ça fait du bien dans ce monde d’agents de la CIA qui sauvent le monde.

 

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2018 : Le Labyrinthe, le remède mortel de Wes Ball – rôle : Thomas

Tourné après American Assassin, et avec un an de décalage en raison de l’accident dont il a été victime sur le tournage, le troisième volet de la saga montre un acteur beaucoup plus mature que dans les deux précédents. Le changement physique de Thomas entre La terre brûlée et Le remède mortel est un peu destabilisant mais permet peut-être à Dylan de conforter sa place dans un cinéma adulte et de clore la saga Labyrinthe.

 

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Si l’on résume la filmographie de Dylan O’Brien on ne peut pas en tirer une évidente liste de rôles inoubliables. Cependant, on peut saluer l’évolution de sa carrière cinématographique, débutée à l’âge de 20 ans, et qui a progressé vers des rôles plus matures lentement mais sûrement. Souhaitons qu’il fasse de bons choix, à l’instar de Léonardo Di Caprio, ze référence (pour moi) de l’acteur qui a su faire un tri nécessaire pour mener une carrière exemplaire. Je pense que j’aurais autant de plaisir à le voir dans une comédie que dans un film d’action, j’espère juste qu’on ne le cantonnera pas, justement, à des rôles physiques depuis American Assassin. Il est capable de jouer d’autres registres – il a de belles capacités d’expression – et ce n’est pas le genre films qu’on retiendra comme un chef d’œuvre impérissable. Bref, on attend le rôle de sa (notre) vie.

 

Reste la personnalité de l’acteur. Toujours souriant (jusqu’à l’année dernière en tout cas – avis très personnel), voire un peu déjanté pendant les interviews et en tournage, on pourrait passer une nuit à visionner des vidéos de son rire. IRL il paraît plus proche de son alter ego Stiles que de tout autre personnage. Facétieux, légèrement sarcastique parfois, ce garçon possède un capital sympathie indéniable et un charisme évident. 

 

Loly 

 


12/04/2018
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Maîtriser ses émotions, c’est possible ça ?

Oui et non. A moins d’être sociopathe, on peut difficilement les empêcher d’émerger. Mais on peut apprendre à les canaliser.

 

Qui n’a jamais tenté de détourner son attention pour éviter de fondre en larmes à l’enterrement du voisin de l’oncle de son collègue ? Une personne qu’on ne connaissait absolument pas, évidemment. Mais alors pourquoi est-ce que nos glandes lacrymales sécrètent une infinie quantité de larmes ? Parce qu’on voit les autres pleurer, pardi, et que notre empathie naturelle l’emporte sur le détachement émotionnel que l’on devrait avoir par rapport au défunt. Meilleur moyen : se répéter mentalement une phrase ou une suite de mots. Une sorte de mantra qui permet de détourner notre émotion.

 

Un objet peut également être utilisé : faire claquer un élastique sur le poignet est une méthode communément utilisée par les personnes atteintes de stress intense qui détourne leur émotion vers une sensation physique réelle. Oui, on peut aussi se pincer mais c’est un peu plus bizarre.

 

L’apprentissage de la méditation est long et demande de l’assiduité, mais une fois que l’on maîtrise les différentes techniques, on peut les appliquer partout et dans n’importe quelle circonstance (ou presque – au lit ça se voit).

 

Apprendre à les identifier reste votre meilleur atout. Pour ça il faut être attentif et se poser la bonne question : A quelle situation je peux lier telle émotion ? Une fois le(s) déclencheur(s) identifiés il sera plus aisé d’anticiper la venue des émotions. Bon, sauf si vous êtes comme moi et qu’en regardant un film pour la énième fois, vous pleurez avant que n’arrive la scène triste. Ça ne vous aide pas ?

 

Alors il ne vous reste plus qu’à accueillir vos émotions telles qu’elles viennent et à les exprimer. Les extérioriser par les mots, par les gestes, le sport ou l’Art, c’est un moyen de les maîtriser. Surtout si, sous le coup d’une forte dose d’adrénaline, vous vous mettez à hurler en dansant devant vos collègues ébahis par votre grâce.

 

Bon, en fait, c’est possible ou pas ?

La question est : est-ce souhaitable ? Si vos émotions vous pourrissent le quotidien parce que vous êtes incapables de travailler et d’avoir une vie sociale à cause de cela, regardez Les émotifs anonymes d’urgence. Si vous en avez marre de pleurer au cinéma dès qu’un animal se tord la papatte, soyez heureux, vous avez un trésor en vous. La sensibilité fait notre humanité. 

 

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Loly  


11/04/2018
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Zoom sur... la série Teen Wolf

Très sensible à l’univers Young Adult, j’ai écumé pas mal de pages et d’images dans ce même genre. Ouais, on a tous été ado un jour, et mon meilleur souvenir de lecture de l’époque où j’étais au lycée, s’intitule Outsiders (Susan Héloïse Hinton).

 

En 1983, Francis Ford Coppola a la fabuleuse idée de réunir (de gauche à droite sur la photo) Tom Cruise, Rob Lowe, C Thomas Howell, Ralph Macchio, Matt Dillon, Emilio Estevez et Patrick Swayze. Certains noms ne vous disent peut-être rien si vous êtes nés après 199… et quelques, mais à cette période, ces sept là formaient la brochette des teens les plus prometteurs du cinéma américain.  Si certains n’ont pas fait de miracle, d’autres s’en sont plutôt bien tirés.

 

 

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Quant aux séries télé, celle qui m’aura le plus marquée reste 21 Jump Street, dont l’un des acteurs principaux connaîtra, grâce à ce rôle, une carrière plutôt intéressante (le p’tit gars improbable au centre).

 

 

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Aujourd’hui  je reste très attachée à cet univers. Nostalgie peut-être, allez savoir. En tant qu’adulte, j’estime que nous avons un devoir de transmission et d’apprentissage envers les plus jeunes, et je pense vraiment qu’au-travers d’une série ou d’un roman on peut transmettre des valeurs. Les scénaristes et romanciers ne s‘y sont pas trompés ;  la plupart des gros succès se basent sur une valeur sûre : la solidarité face à l’adversité. Et que les héros évoluent dans une dystopie, une série surnaturelle ou une saga magique, ça marche à tous les coups. 

 

Après m’être immergée dans les univers d’Harry Potter, Divergente, Le Labyrinthe, Hunger Games, La cinquième vague et autres, j’ai voulu découvrir une série mordante qui s’est taillé un beau succès en rassemblant quelques 1,7 millions de téléspectateurs en moyenne par épisode et par saison : Teen Wolf.

 

Avec une rame de métro de retard (la saison 1 date de 2011, quand même) j’ai donc fait un marathon Teen Wolf, et six saisons en une semaine ce n’est pas rien, croyez-moi.

 

Mais d’abord, prenons une Doloreane pour remonter jusqu’en 1985, juste avant que notre bon Marty Mac Fly ne retourne vers le futur. Rod Daniel tourne Teen Wolf avec Michael J Fox (n’est-ce pas drôle pour un renard de jouer le loup ?) une comédie mi-romantique mi-surnaturelle mettant en scène un ado loup-garou amoureux. Pas franchement fameux, il faut l’avouer, le film ne rencontre pas le succès escompté, surtout face au mastodonte de Robert Zemeckis qui sortira quelques mois plus tard et propulsera la carrière de l’acteur. Je vous épargne les photos qui vous feraient hurler à la mort de rire mais rappelons-nous cependant que nous sommes encore au vingtième siècle.

 

ATTENTION SPOILERS !!

 

La série Teen Wolf reprend donc le principe de l’ado qui devient loup-garou bien malgré lui, avec tout ce que cela peut compter comme situations absurdes, dangereuses et drôles à la fois. Flanqué de son meilleur pote Stiles, Scott Mac Call (à noter que dans le film de 1985 le personnage s’appelle aussi Scott), apprend donc à faire face à cette situation plutôt inédite que d’avoir les dents et les poils qui poussent, surtout les soirs de pleine lune. Les deux premières saisons se concentrent sur ce difficile apprentissage. Et il ne s’agit pas juste d’apprendre à maîtriser ce nouveau pouvoir, mais aussi de prendre connaissance de la genèse de l’histoire. Ça ne rigole pas chez les loups-garous, il y a une hiérarchie à respecter au sein d’une meute.

 

Scott se révèle rapidement être exceptionnel. Avec l’aide d’un autre loup-garou  nommé Dereck, même qu’on ne sait pas trop situer son capital sympathie lorsqu’il porte ses vêtements (c’est très différent lorsqu’il est torse nu), Scott va faire un apprentissage essentiel : tout loup-garou qui se respecte a besoin d’une meute. La première idée géniale des scénaristes de Teenwolf est là : la meute de Scott existe déjà, mais il ne le sait pas. Quel suspense. Revoilà donc son meilleur pote Stiles qui ne s’appelle pas vraiment Stiles mais il a un prénom tellement improbable (révélé seulement lors de la dernière saison) que ça vaut mieux. Il est très intelligent mais aussi très boulet. Attachiant, quoi. Il y aussi Lydia, une jeune fille horripilante totalement abrutie aux yeux de tous sauf à ceux de Stiles qui semble avoir un sixième sens fort développé. Et puis la petite nouvelle du lycée, Allison, un concentré de beauté et d’intelligence à en faire pâlir plus d’une, et dont Scott tombe aussitôt amoureux, bah oui. L’intrigue des saisons 1 et 2 est portée par le lien qui unit tout ce petit monde et le mystère qui entoure Dereck. D’autant qu’Allison est la fille de Chris Argent, un chasseur de loup-garou. Bah oui, sinon ça ne serait pas drôle. Et bonne nouvelle, les filles, ici elles sont aussi fortes que les gars. 

 

 

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Pour résumer - saison 1 et 2 : découverte de la transformation (hum, étrange pour des ados, non ?) et début d’une histoire d’amour qui promet d’être compliquée (hum, étrange pour des ados, non ?). Le tout porté par un indéfectible lien d’amitié.  A noter que dans le générique de ces deux saisons, le personnage de Stiles est présenté marchant dans l’ombre…

 

La saison 3 annonce un virage intéressant. Pour se diversifier, les scénaristes sortent de leur zone de confort habituelle et proposent non seulement de nouveaux personnages, dont certains iront jusqu’au bout des six saisons, mais aussi de nouveaux méchants. Parce qu’il n’y a pas que le loup-garou dans la vie. C’est la saison qui a enregistré le meilleur taux d’audience, et c’est aussi celle que j’ai préféré – pour une fois je suis raccord avec le public – et je me demande bien pourquoi…  Voyons. On y découvre que les relations humaines ne sont pas faciles que ça, surtout chez les ados. Tiens donc. Les amours vont et viennent, les complicités s’amenuisent, les clans se forment et se déchirent. Scott a toujours sa meute, mais elle est changeante et connait la dramatique perte de l’un de ses piliers. Le seul lien immuable, c’est celui qui existe entre lui et Stiles. Indéfectible, malgré les épreuves. Et même quand Stiles revêt le costume du méchant, Scott n’y croit pas (mais nous on a peur). La jolie Lydia se révèle enfin sous son vrai visage. Ah, l’apprentissage de soi-même est le combat le plus difficile qui soit.

 

Pour résumer - saison 3 : découverte de soi-même (hum, étrange pour des ados, non ?), difficultés dans les relations humaines, notamment amoureuses (hum, étrange pour des ados, non ?), la confrontation au deuil et l’amitié magnifiée. Dans le générique, Stiles sort de l’ombre et devient celui qui enquête.

 

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La saison 4 amorce encore un nouveau virage. Nouvelles arrivées dans la meute, et pas des moindres. L’amour change souvent de cœur à cet âge, et deux jolies demoiselles vont prendre celui de Scott et Stiles. Nouveau méchant aussi, renouvellement toujours, pour ne pas s’essouffler. Entrée en scène du personnage le plus flippant de la galaxie : Meredith.

 

Je suis passée au-dessus de certains personnages intéressants depuis le début mais en réalité, il me semble que le succès de la série tient aussi à eux. Les persos récurrents tels que le shérif Stilinki (le père de Stiles), Mélissa (la mère de Scott), Peter Hale (l’oncle maléfique parfois sympa de Dereck), le Dr Deaton (un véto un peu particulier) ou Chris Argent (le chasseur) sont autant des piliers que les plus jeunes. La série étant destinée aux ados, ils ne sont pas forcément mis en avant mais sont les fondations d’une architecture complexe et donnent de la consistance à la bande principale. Loin d’être des personnages de second rang, ils donnent, au contraire, du crédit à l’intrigue. D’autant qu’eux aussi, vivent les mêmes psychodrames que les jeunes. Pas facile de découvrir que son fils est un loup-garou ou que la ville qu’on est censé protéger est infestée de créatures surnaturelles. Il faudra pourtant attendre la dernière saison pour que certains apparaissent au générique.

 

Pour résumer – saison 4 : pas forcément de nouveau message mais les liens se soudent un peu plus.

 

La saison 5…aïe…m’oblige à faire un parallèle aussi bizarre qu’inadapté avec la saga Harry Potter. Quel rapport ? Juste un ressenti. Dans les deux premiers tomes, Harry découvre ses origines, ses pouvoirs et le contexte. On a bien compris qu’il y avait une menace mais l’univers reste féérique, porté par des héros jeunes et plein d’espoir.  A partir du troisième opus (le prisonnier d’Azkaban) rentrent en scène des personnages beaucoup plus effrayants. L’univers s’assombrit, et il le devient encore plus à l’épisode suivant, notamment avec la mort dramatique de Cédrik. Quant aux opus suivants, l’univers est devenu carrément glauque et transpire le désespoir. Les morts se ramassent à la pelle, tandis que les amitiés se dénouent, les personnages s’engueulent, se déchirent, se retiennent, magré tout. Cette fragilité dérangeante, je l’ai ressentie dans la saison 5 de Teenwolf. Cette fois la bande se trouve confrontée aux médecins de l’horreur qui ont la désagréable manie de marcher à deux kilomètres/heure. La moitié de la ville est désormais au courant des activités extra-scolaires de la meute de Scott, tandis que l’autre moitié s’obstine à vivre normalement après quelques très sanglants massacres. Le fait que de plus en plus de personnes soient dans la confidence fait perdre du mystère. Le fait que chacun vaque à ses occupations comme si de rien n’était alors que la ville est un chaos perpétuel est plutôt surprenant, pour ne pas dire incohérent. Ou alors ils ont demandé aux MIB de flashouiller la population sans nous le dire. Scott s’enfonce dans ses valeurs « je suis un gentil, je sauve mais ne tue pas » alors que la vie de dizaines de milliers est en jeu, et sincèrement, son attitude me gonfle. Il est bien trop mou pour tenir son rang de vrai alpha.

 

Les vingt-quatre épisodes de cette saison interminable ont bien failli avoir raison de moi, d’autant qu’elle se finit par la plus grande tragédie possible et imaginable dans la tête d’un scénariste : après son enlèvement par les cavaliers fantômes, l’intégralité de l’univers a oublié Stiles. Bande de nazes.

 

Pour résumer – saison 5 : l’amour est décidément bien fragile, mais peut-être que l’amitié aussi, finalement. Les valeurs portées dans les saisons précédentes ne semblent plus faire mouche. Mais c’est peut-être voulu pour mieux les ressusciter.

 

Saison 6 (première partie) …ouch…Dylan O’Brien (Stiles), fort occupé à récupérer de son accident sur le tournage de Labyrinthe 3, n’est pas prévu au casting en tant que personnage principal, mais seulement dans quelques épisodes (6/20). Les réseaux sociaux s’agitent. Comment va-t-on survivre sans Stiles ? Oui parce que rappelons-le, c’est le seul personnage principal qui n’ait pas de pouvoir mais a réussi à survivre à des loups-garous ultra méchants, un démon japonais, des médecins de l’horreur, des créatures au crâne de monstre, et même à une amoureuse coyote-garou (ou ça existe). Finalement, ne serait-il pas le plus brillant de tous ? A croire que les pouvoirs surnaturels ne rivalisent pas avec l’intelligence – émotionnelle – humaine. Bah tiens. D’ailleurs c’est bien grâce au lien émotionnel qui subsiste entre Stiles et Lydia que cette dernière le sauve des griffes des cavaliers fantômes. Oui, le premier amour, même platonique, dure toujours.

 

Les scénaristes amorcent un profond changement qui annonce a fin : la saison 1 débute en première année de lycée. La saison 6 se situe juste avant le passage à l’université. Mais what ??? ça veut dire que la bande va devoir se séparer ?

 

Pour résumer – saison 6 : c’est celle qui a réalisé la pire audience depuis le début, et il n’y a rien d’autre à dire.

 

Pour résumer l’ensemble de la série, je dirais que Teen Wolf rassemble tous les sujets qui passionnent les ados : amour, amitié, vie trépidante du lycéen, mais aussi ceux qui les effrayent : sexe, relation aux autres, découverte de soi-même – sur fond de surnaturel (mais la vie d’un ado n’est-elle pas un peu surnaturelle ?), sans oublier d’y glisser les quelques pentes savonneuses ici prises avec une grande sérénité : l’homosexualité, par exemple, y est très présente et jamais dissimulée. Les valeurs véhiculées (amitié, loyauté, esprit d’équipe…) sont des piliers essentiels de la construction de tout adulte, mais portées par un cadre qui reste surnaturel pour ne pas paraître trop moralisateur, c’est plutôt malin. J’avoue avoir un gros faible pour le personnage de Stiles, qui me semble être le véritable héros, désolée pour les fans de Scott. Comme expliqué plus haut, c’est le seul qui n’ait pas de pouvoir et pourtant sa capacité de réflexion donne souvent de meilleurs résultats que la force physique *message subliminal* faites des études pour affronter la vie *fin du message* Bref, tout ça c’est plutôt bien fait. Vivement Teen Vampire (mince, parait que c’est déjà pris).

 

 

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Anecdotes et réflexions en vrac 

 

Les voix françaises de certains personnages sont horripilantes. Une voix de gamin sur un chien de l’enfer, c’est dérangeant.

 

La saison 5 met en scène une grosse méchante bête plus connue chez nous sous l’appellation d’origine contrôlée « Bête du Gévaudan » qui aurait sévi en France au XVIIIe siècle.

 

L’un des loups-garous (Jackson) part en fin de saison 2 s‘installer à Londres. Le loup-garou de Londres est un film de John Landis sorti en 1981 qui a connu un énorme succès.

 

Linden Ashby qui campe le père de Stiles mais aussi le shérif de la ville de Beacon Hill est un habitué des séries TV. Il a déjà joué dans Les feux de l’amour et fait des apparitions dans Melrose place et MacGyver.

 

Beacon Hill n’est pas une ville mais un quartier de Boston. Les trois premières saisons ont été tournées à Atlanta avant d’être délocalisées à Los Angeles pour des raisons budgétaires.

 

Le sport pratiqué par Scott et Stiles peut s’écrire la crosse ou lacrosse.

 

L’aconit tue loup existe bel et bien, et elle est très toxique pour l’homme.

 

Tout comme le loup-garou fait partie du folklore populaire relayé par la littérature notamment, le kitsune est un esprit surnaturel japonais qui signifie « renard » très présent dans les mangas. 

 

Loly


09/03/2018
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Le labyrinthe : la saga young adult, suite et fin

AVERTISSEMENT : il y a du spoil par ici !

 

Le premier opus avait propulsé quelques ados dans les entrailles d’un monstre. Le labyrinthe, plus qu’un élément de décor, oppressant, inquiétant, y est bien un personnage à part entière. Il renferme des créatures immondes, se meut sans cesse, bref, même si l’on se doute qu’il y a quelqu’un derrière, aux manettes, le labyrinthe est vivant et régit la vie de la communauté qui vit en son sein. Balancés là, un par un, sans souvenir de leur passé, les « blocards » s’organisent. Et comme dans la vraie vie, il y a les bâtisseurs, les trancheurs, les cuistots … chaque corps de métier nécessaire à la construction d’une communauté est représenté. Et puis il y a les coureurs, ceux qui parcourent le labyrinthe à la recherche d’une sortie. Et devinez qui est le coureur le plus expérimenté ? Minho. Mino. Minotaure. Labyrinthe. Hum. Fin de la parenthèse.

 

 

Mais revenons à nos ados. Ils ne sont pas particulièrement beaux (quoi ?), pas sexy (mais quoi ?), et vivent comme au Moyen-âge (mais c’est pas leur faute). Il fallait bien mettre leur coller un coup de pied au cul pour qu’ils réalisent leur piètre condition, non ? Et Thomas arriva. Pas particulièrement beau (quoi ???), pas sexy (oh et puis zut), mais terriblement curieux. De quoi mettre en péril toute une organisation. Parce que mine de rien, il y a une vraie question derrière tout ça : face à l’oppression, faut-il s’adapter ou se battre ? Faire profil bas ou chercher à s’en sortir coûte que coûte ? Je vous laisse deviner le merdier dans lequel Thomas embarque les blocards…surtout quand une nana (banale) vient encore retourner la réorganisation déjà fragile.

 

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WICKED EST BON. OU PAS.

 

Deuxième opus. Le labyrinthe est mort, vive le labyrinthe. A la fin du premier volet on nous a balancé quelques bribes d’informations sur Wicked, le truc (entreprise, labo, organisation paramilitaire ?) qui les a enfermés, mais on n’a toujours pas compris exactement pourquoi ils étaient dans ce fichu labyrinthe. On a fait connaissance avec la dame en blanc, on ne sait pas qui c’est mais elle a l’air gentille. Mais Il y a toujours une dame en blanc qui a l’air gentille dans les sagas young adult alors méfiance (cf. Divergente).

 

L’essence des héros, c’est d’être malchanceux. Sinon ils seraient dehors, sous le soleil, pourraient manger une glace Ben & Jerrys et il n’y aurait pas de Labyrinthe 2. Ils se retrouvent donc enfermés à nouveau, mais ils ne le savent pas. Sauf Thomas. Bah oui. Ce p’tit con a encore des doutes, mais puisque c’est un héros et que dans le précédent film il avait raison, les autres le suivent, ah les moutons. Après avoir découvert un laboratoire où l’on pratique des ponctions douteuses, Thomas décide qu’il faut s’enfuir. C’est là que ça se complique (et que j’ai beugué). Il a peut-être raison, le bougre, mais ce qu’il ignore c’est que dehors, c’est pire. Un virus breton (Braise) s’est répandu sur Terre et transforme les hommes en Fondus, autrement dit, en zombies. Ils se retrouvent enfermés dehors. Ça c’est fort.

 

Mais on commence à comprendre pourquoi Wicked s’intéresse autant à eux. Ils seraient des Immunes, bref, un réservoir à anticorps. Sauf que l’un d’entre eux meurt quand même, infecté, du coup je ne comprends plus rien mais ça n’a pas grande importance puisque le personnage n’est vraiment pas beau. Après avoir rencontré un vrai faux méchant nommé Jorge et s’être drogué à l’insu de son plein gré et qu’on se demande pourquoi cette scène existe, Thomas emmène tous ses potes, enfin ceux qui ont survécu au Refuge. Ouf. Mais je n’ai pas trouvé de question sous-jacente dans ce volet et je ne sais toujours pas pourquoi on les a enfermés dans ce p**ain de labyrinthe ! Ni si Wicked est bon ou pas. Mais ce qui est sûr, c’est que Teresa est une traitre. Bon sang, mais qu’est-ce que Thomas lui trouve à celle-là ?

 

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SYNDROME DE STOCKHOLM

 

Troisième opus, et ça ne s’arrange pas avec les Fondus qui se multiplient aussi vite que les albums de Jul. Et c’est sale. Minho a été fait prisonnier par la dame en blanc. Je l’avais dit, qu’elle était louche. Thomas se croit dans Mission impossible et décide d’aller le chercher, quitte à prendre des risques, mais c’est une autre histoire. Nos ados devenus grands sont confrontés à une décision difficile :  ils ont réussi à s’échapper de Wicked, voilà qu’ils doivent y retourner pour sauver leur ami. Seulement voilà, là-bas il y a quelques monstres. Jansen, tiens, pourquoi j’ai oublié d’en parler avant de celui-là (acte manqué ?), la dame en blanc, mais surtout… Teresa. La vache, elle est pire qu’un virus, et elle hante encore le p’tit cœur de Thomas. Jusque là on nous a épargné la romance, et dans un young adult ce n’était pas gagné, alors je leur accorde bien volontiers cette petite incartade, même si j’aurais préféré que Thomas soit amoureux de Newt (mais quoi bordel ?).

 

Mais revenons à Wicked. Est-ce que Wicked est bon ou pas, zut à la fin ! Voilà une question existentielle intéressante, trop survolée à mon goût dans les deux précédents volets et qui enfin se met en place : face à une pandémie dramatique (n’oublions pas que c’est un coup des Bretons), peut-on se permettre d’avoir des états d’âmes ? Autrement dit, la fin justifie-t-elle les moyens ? Autrement dit, l’urgence justifie-t-elle la torture des Immunes afin de trouver un vaccin ? Mais..attendez… pourquoi Wicked a fait tout ce cinéma  alors qu’ils détenaient Thomas dès le départ, qu’ils ont réalisé des tests sur lui pendant des années et qu’ils auraient dû savoir qu’il était le messie ? Bon sang, ce n’est pas très cohérent tout ça, mais ça permet à Teresa (encore elle !) de se racheter (un peu) en trouvant la solution, hourra. Et puis il n’y aurait pas eu de Labyrinthe 2. Ni de 3, du coup.

 

Sinon, je ne suis toujours pas certaine d’avoir compris pour le labyrinthe, alors arrêtez-moi si je me perds. Donc… les balancer dans le labyrinthe et les confronter aux griffeurs (donc à une peur extrême) aurait permis de leur faire sécréter une substance cérébrale qu’on pensait être un remède ? Si c’est ça ils auraient pu leur faire écouter Jul en boucle, ça revenait au même.

 

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QUI AIME BIEN CHÂTIE BIEN

 

Oh wait ! Vous pensez que je n’ai pas aimé parce que je me moque un peu ? Mes plus plates excuses si je vous ai fait croire ça, parce que c’est exactement le contraire. J’ai adoré. Mais c’est toujours comme ça lorsque j’adore un roman ou un film, je ne sais pas en parler. Alors écrire une chronique un peu  second degré c’est toujours mieux que d’écrire « scotchée », « you hou » ou « j’ai retrouvé mes quinze ans ». Avec un train de retard sur ses sagas sœurs (Divergente, Hunger Games, Twilight…) dû, justement, à la scène du train (vous me suivez ?), et après l’échec cuisant des petits frères (La cinquième vague par exemple), ce dernier opus renoue avec le young  adult et en referme l’aventure. Je suis nostalgique.

 

Mais une chose est sûre. Concernant Dylan O’Brien, vraiment, je ne sais pas ce qu’on lui trouve. Vraiment. 

 

 

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(je vous épargne une photo torse nu)

 

Loly 


21/02/2018
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J'ai lu Entre deux mondes d'Olivier Norek

Un jour j’ai entendu Jean-Louis Fournier dire que les artistes (il cite musiciens, photographes, écrivains..), en nous provoquant des émotions, étaient les garants de l’Humanité et qu’au-travers de leur œuvre ils avaient ce pouvoir immense de rendre un événement, une personne, ou un simple moment éternels.

 

Je vais m’incliner deux fois devant l’artiste qu’est Olivier Norek : la première fois comme une excuse, un besoin d’humilité et de regret face aux atrocités qu’on ne veut pas voir. La seconde fois devant la capacité de l’auteur à nous montrer l’impensable, et à y trouver l’humanité là où les démons pensent qu’il n’y en a plus.

 

 

Ce que j’ai aimé dans Entre deux mondes

 

 

J’ai retrouvé dans ce dernier opus la construction puzzle que j’affectionne particulièrement chez lui : cette façon d’imbriquer deux histoires qui semblent n’avoir aucun rapport, même si la jonction paraît rapidement évidente (contrairement à ses romans précédents). Ici se croisent deux êtres en souffrance que tout oppose, du moins en apparence, car ils sont mûs par la même fureur de vivre, un besoin de survie.

 

Côté personnages, je suis ravie d’avoir délaissé le capitaine Coste. Je l’aime beaucoup, mais sortir de sa zone de confort c’est toujours intéressant. Un challenge pour l’auteur qui doit imposer un nouveau regard au lecteur. Les relations qui se nouent entre Bastien et Adam, comme celle entre Adam et Kilani sont tout simplement bouleversantes par leur fragilité, oscillant entre l’intime conviction et la retenue.

 

Le décor est un personnage à part entière. Comme la cité dans Code 93, comme la prison dans Surtensions. Ici c’est la jungle de Calais qui y est décrite comme un sas entre l’horreur de la guerre (en Syrie) et la promesse d’une terre d’accueil (l’Angleterre). Un no man’s land où tous les crimes sont permis, et si le terme jungle n’est qu’une déformation linguistique, ce sont bien des fauves qui y règnent.

 

J’ai retrouvé la même sensation d’excitation mêlée au stress pendant ma lecture, vous savez, cette envie d’en savoir plus tout en devinant que la suite va vous exploser en pleine figure et vous donner la nausée… Olivier Norek nous a prévenus, il n’a rien inventé. Vous les entendez les hurlements dans votre tête, ceux qui vous disent Oh ! Réveille-toi, c’est vrai et ça se passe à côté de chez toi ! ?

 

Olivier Norek signe là une œuvre très différente des autres, et si je n’ai pas écrit roman, c’est justement parce que j’ai plus la sensation d’un travail journalistique que de celui d’un romancier. S’il nous a habitués à aborder de vrais sujets sociétaux sous couvert d’enquête policière aux côtés du capitaine Coste, ici le récit, finalement, passe au second plan. Restent les faits, bouleversants, choquants, écoeurants. Difficile de sortir indemne d’une telle lecture.

 

Loly 

 

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10/11/2017
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Zoom sur... l'expo Identité de Quentin Carnaille

Il n’a que 31 ans, pourtant Quentin Carnaille a déjà exposé dans le monde entier. Ses œuvres explorent la matière et l’âme en invitant l’observateur à participer à l’œuvre. Ainsi, avec « Connection », il propose au spectateur d’être au cœur de la création : en le plaçant face à un assemblage de miroirs, représentation conceptuelle de deux esprits ouverts (il faut donc être deux...), il permet à l’observateur d’y voir les connexions, mettant en lumière le concept de coexistence.

 

Aujourd’hui avec « Identité », que l’on peut admirer dans les rues lilloises (et donc gratuitement, c’est trop rare pour ne pas le souligner !), Quentin Carnaille nous livre une expérience environnementale, artistique et spirituelle hors du commun. Il invite à la réflexion. Oui, c’était facile. En reflétant leur environnement immédiat (immeubles, arbres, mais aussi les passants et le visage des observateurs), les statues lilloises, ainsi affublées de leur cube-miroir, provoquent un questionnement sur notre propre identité. Serions-nous construits à partir d’un savant mélange entre notre être et les projections sans cesse changeantes de notre environnement ? Allons donc !

 

 

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photo La Voix du Nord

 

 

Identité, c’est aussi l’occasion pour les lillois de redécouvrir leur patrimoine et ses gardiens de pierre devant lesquels ils passent tous les jours sans vraiment les voir, et pour les touristes d’arpenter les pavés lillois pour une balade aussi étonnante qu’enrichissante.

 

Quentin Carnaille œuvre à Lille, dans un atelier rue du Faubourg des Postes (hum… l’occasion de décrocher une interview ?). Pour en savoir plus, c’est par ici :  https://quentincarnaille.com/

 

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photo La Voix du Nord

 


18/09/2017
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C'est la rentrée !

C'est la rentrée !

 

Certaines mamans vont déchanter à l’idée de voir leurs petits s’éloigner d’elles le temps de la classe, tandis que d’autres vont pouvoir chanter « libérée délivréeeeee !!! ».

 

Ça n’a rien à voir avec notre capacité à les aimer, mais les parents et les enfants ne sont pas fait pour vivre ensemble 24h/24, tout simplement.

 

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Oui, on a beau les aimer, de toutes nos forces, de toutes nos tripes, il y a un moment, furtif, un peu sournois mais tellement vrai où l’on se murmure à soi même « vivement la rentrée que je me repose un peu ». C’est qu’ils sont dynamiques, ces petits, alors ils nous pompent notre énergie, et après 3 semaines passées à faire des plongeons dans la piscine, surveiller de près ce soleil qui menace la peau tendre de leurs épaules, observer du coin de l’œil les vagues vicieuses qui kidnappent leurs petits pieds, empiler des cubes dans une tour infernale qui finit toujours par céder, leur expliquer pourquoi le ciel est bleu et la mer si froide, ou organiser des planques en mode ninja furtif pour être sûre que les plus grands ne dérapent pas vers le côté obscur, première cigarette , premier flirt, premier… oh non quelle horreur, supporter les pièces rapportées des aînés qui ont toujours quelque chose à dire, faire les courses 2 fois par jour parce qu’il y en a toujours un qui a oublié de dire qu’on avait plus de Nutella… bref, on ne pense plus qu’à une chose : prendre des vacances. Des vraies. Sans eux.

 

Retour au bureau. Enfin au calme. Enfin, presque. Il faut laisser passer quelques jours avant que les collègues cessent de hurler « alors, de retour ?? ». Se souvenir des codes d’entrée dans chaque aile du bâtiment. Se souvenir de son mot de passe de session. Qui évidemment n’est pas le même que le mot de passe de messagerie. Lire les 1347 mails en attente, mais ne pas pouvoir y répondre puisque la boite est pleine et donc, bloquée. Affronter le regard de la chef, méprisant, parce qu’on n’a pas respecté la règle n°1 du code de la hiérarchie, ne jamais être plus bronzée que la chef. Faire du ménage sur son bureau parce que visiblement, un cyclone y est passé pendant notre absence. Trouver des mouchoirs. Trouver de la motivation. Trouver le temps long. Passage en revue des derniers préparatifs de la rentrée. Faire une liste. Ça aide, de faire une liste, et ça occupe l’esprit.

 

Fournitures. Fait.

 

Cartable. Fait.

 

Assurance scolaire. Fait.

 

Nouvelles baskets. Fait.

 

Préparation psychologique. Et merde.

  

Rentrée, jour J. Gorge serrée. Et qu’ils rentrent à la maternelle ou à l’université, c’est pareil. Evidemment on n’a pas dormi de la nuit. Trop peur de ne pas se réveiller, les réveils sont tellement vicieux à tomber en panne le jour où il ne faut pas. Mentalement  on chante cette chanson pourrie maintes fois reprise et détournée libérée délivréeeeeee, sauf qu’on culpabilise de devoir lâcher la main de notre progéniture sans défense dans cet horrible bâtiment qui l’engloutit pour l’éduquer. Non mais pour qui se prennent-ils, ces enseignants, à vouloir apprendre des choses à nos petits, comme si on n’était pas capables de le faire nous même ? Ils pensent peut-être qu’on n’a pas su expliquer pourquoi le ciel est bleu et la mer si froide ? Et d’abord, qui nous dit qu’ils ne les torturent pas, nos bébés, dès qu’on a le dos tourné ? Peut-être même qu’ils tentent sournoisement de nous voler leur cœur en faisant mine de passer pour de sages érudits alors que tout le monde sait que même les profs font des fautes d’orthographe. Et puis qui va nettoyer les tâches de sauce tomate sur leur t-shirt, à la cantine ?

 

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Non, vraiment, on était bien en vacances, entre les cris de joie et les crises d’ados, les câlins plein de sable et les interminables séances photo sur la plage. Vivement les prochaines. 

 

Loly


12/09/2017
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Bienvenue chez les naturistes

Le panneau indicateur, à l’entrée de la plage, l’annonce clairement : ici c’est naturiste. On gravit donc les marches qui mènent aux « culs-nus » (dixit les locaux) en toute connaissance de cause.

 

La plage naturiste d’Hossegor accueille deux écoles de surf et une cabane où l’on déguste boissons fraîches et beignets. Elle est surveillée par de beaux sauveteurs bronzés, et de nombreuses familles viennent y passer la journée. Par soucis de discrétion et par respect pour ces familles qui viennent avec de jeunes enfants, les naturistes s’éloignent de la zone de baignade surveillée pour étaler leur serviette un peu plus loin. Ils bronzent en toute tranquillité, bouquinent, discutent, et les éventuels voyeurs sont très vite invités à aller voir au Cap d’Agde. La plupart des naturistes sont des retraités, et la moyenne d’âge, selon moi, frôle les 60 ans (il y a quand même quelques « jeunes »).

 

 

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Il règne ici une ambiance très sereine. Personne ne regarde les autres naturistes lorsqu’ils se déshabillent. Personne ne détaille grossièrement le nombre de bourrelets de son voisin, caché derrière des lunettes noires. Personne ne juge ou se moque. Les naturistes sont tous là pour la même chose : être tranquilles.

 

Et pourtant…

 

« Regarde, une baleine échouée ! », « Quand on est gros comme ça, on devrait se cacher ! », « Ah c’est écoeurant ! », « Dégueulasse, un mec à poil ! Je vais faire des cauchemars ! »… c’est le genre d’insultes que les naturistes entendent à longueur de journée. Et ces injures sont systématiquement prononcées par de jeunes adultes qui, malgré l’avertissement à l’entrée de la plage et la possibilité de rester parmi les « textiles », viennent planter leur parasol et leur arrogance au beau milieu des baleines à poil.

 

Alors, voyeurisme non assumé ? Méchanceté ? Peur d’y voir le reflet de son propre devenir … ? La plupart des insultants sont des femmes, entre 20 et 30 ans, une silhouette  parfaite, mais sont-elles si bien dans leur corps (et leur tête) pour réagir si mal face à la nudité ? Confrontée moi aussi au regard des autres, je n’ai jamais autant souffert du dédain imposé par ces filles qui fixent lourdement mes cicatrices. Serions-nous vraiment des monstres ou juste un miroir dérangeant de ce qui peut arriver, l’image d’une possibilité qu’on préfère ne pas voir ?

 

Et un jour, un groupe de jeunes hommes arriva…

 

… et dès leur installation, j’ai entendu les rires. Pas moqueurs, ceux-là. Des rires d’embarras. Une gêne immense et palpable lorsqu’ils se sont déshabillés. Corps parfaits, musclés, jeunes. Parfaits si l’on excepte cette drôle de démarquation entre le torse et les cuisses, d’un blanc éclatant. Des rires encore, lorsqu’ils se sont regardés, chacun se débattant avec sa serviette pour tenter de preserver encore un peu d’intimité avant le grand saut dans le vide. Ces jeunes là m’ont émue, allez savoir pourquoi. « ça fait bizarre », « C’est cool en fait », « On aurait dû essayer plus tôt ! ». Essayer. C’est toute la différence. Se mettre à nu, au sens propre comme au sens figuré, c’est toujours une épreuve qui demande non pas du courage mais du respect, seul chemin vers la tolérance.  

 

Loly 


24/08/2017
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Zoom sur... Fabio M. Mitchelli

C’est la lecture d’Edgar Allan Poe qui a déclenché sa passion pour l’écriture. Fabio M. Mitchelli, auteur de nouvelles, romans et thrillers, puise son inspiration dans la littérature noire de Dantec, Jean-Christophe Grangé ou Stephen King, mais aussi dans le cinéma de Lynch ou Cronenberg, figures du 7e Art aussi torturées que géniales.

 

Aujourd’hui l’auteur se consacre à l’écriture de romans psychologiques inspirés de faits réels. De quoi passer quelques nuits blanches encastrées dans le canapé. Surtout ne pas éteindre la lumière. 

 

 

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BIBLIOGRAPHIE

 

  • La verticale du fou, éditions Ex Æquo, décembre 2010 classé dans le top 3 des romans les plus téléchargés sur le territoire français en 2011
  • Tueurs au sommet, éditions Ex Æquo, mars 2011 
  • À la verticale des enfers, éditions Ex Æquo, octobre 2011 
  • La verticale du mal - le dernier festin, éditions Ex Æquo, octobre 2012 
  • Le cercle du chaos, éditions Ex Æquo, février 2013 Prix Spécial Dora Suarez en 2013
  • La compassion du diable (librement inspiré de la vie de Jeffrey Dahmer), éditions Fleur Sauvage, octobre 2014 
  • La compassion du diable réédition de poche, éditions Milady, mars 2016 Prix du polar Dora-Suarez 2015
  • Une forêt obscure (librement inspiré du meurtre commis par Luka Rocco Magnotta et des crimes de Robert Hansen), éditions Robert Laffont collection "La bête noire", septembre 2016 

 

MON AVIS SUR LA COMPASSION DU DIABLE

Fabio M. Mitchelli nous embarque dans un gore-trip qui n'est pas sans rappeler (allons, Loly, tu détestes les comparaisons !) la terrifiante dérive du héros de Mauvaise étoile de RJ Ellory. La comparaison s'arrête là car le style est très différent.

 

Nerveux, notamment dans la construction, avec des chapitres courts, comme des sauts dans l'horreur avant même qu'on ait pu reprendre son souffle, et même si l'écriture est fluide, les mots n'en sont pas moins crus et d'une extrême violence. La narration à deux voix est très intéressante, intrusive, délivrant juste ce qu'il faut d'indices pour la suite. 

 

J'avoue avoir ressenti un certain malaise, parfois, comme j'ai pu ressentir à la lecture d'un Chattam (toujours pas remise de la conjuration primitive), mais au final, en grande perverse que je suis, je n'ai pas réussi à lâcher l'histoire jusqu'au dénouement, quitte à rester incrustée dans le canapé toute la nuit. J'ai même ressenti une drôle de fascination pour Blake (quand je vous dis que je suis perverse), autant que du dégoût, bref, on peut dire que Mitchelli a gagné ses galons d'auteur psycho-bizarre (terme technique).

 

Pour résumer, c'est noir, très noir. Malaisant. Terrifiant. Implacable. Et terriblement addictif.

 

 

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Fabio M. Mitchelli s'est prêté au jeu de l'interview, et je n'ai même pas eu besoin de le menacer, c'est dire si l'on se trompe quand on pense qu'un auteur de thriller est forcément bizarre...

  

Ma première question portera sur votre look, comme ça, ce sera fait : incroyable de penser qu’un célèbre acteur américain vous ait copié ainsi ! Avez-vous pensé à intenter un procès contre lui ? 

 

Non, pas de procès envers mon pirate préféré ! Et puis si j'avais dû le faire, j'aurais dû le faire voilà 25 ans, puisque cette comparaison date depuis mes 18 ans. Et puis, j'ai 10 ans de moins que lui... j'ai du respect pour les anciens !  Cela étant, j'aime beaucoup cet acteur, justement pour cette façon bien à lui de casser les codes, et cet anticonformisme évident.

 

Plus sérieusement, lorsque vous écrivez, vous vous placez émotionnellement plutôt du côté du tueur ou de la victime ? 

 

Des deux! Je n'irai pas jusqu'à dire que j'ai de l'empathie pour les criminels, mais justement, si j'écris beaucoup sur les tueurs en série, c'est parce que leur mécanique psychologique m'intéresse, j'aime essayer de comprendre, j'aime découvrir comment ils ont vécu, comment ils ont grandi, dans quel environnement, et surtout comment. Alors émotionnellement, je me place des deux côtés, mais évidemment pas de la même façon, pas avec le même attrait.

 

Y a-t-il une musique, une ambiance particulière qui vous accompagne ?

 

Toujours! La musique est omniprésente dans mes travaux d'écriture. Cependant, je n'écoute pas U2, les Stones ou diverses guitares saturées quand j'écris. Je préfère de loin la musique atmosphérique, comme celle du compositeur islandais Olafur Arnalds, ou encore le compositeur espagnol Roque Banõs. Cela me permet de dérouler les scènes comme de veritables petites séquences de cinéma, dans lesquelles j'y introduis à mesure mes personnages. En fonction des morceaux, j'élabore aussi le ton des séquences.

 

Vous vous inspirez de faits réels, de l’histoire de quelques sympathiques tueurs (Jeffrey Dahmer, Luka Magnotta). Parce que c’est une base d’écriture solide ou parce que vous vous intéressez aux déviances du genre humain ?

 

Je pense avoir déjà répondu dans la réponse à la question 2. Mais c'est aussi parce que c'est une base solide d'écriture. Certains se plaignent du nombre de thrillers consacrés aux tueurs en série. Je suis en partie d'accord, mais si l'angle d'attaque et le point de vue sont traités de façon inédite, il peut en résulter de belles choses. J'entends par là que, comme tout bon polar qui se respecte, dans lequel l'on va y trouver un drame social, familial,  ou une dimension politique, dans le thriller le sujet du tueur en série reste lui aussi social. Il n'est pas que médical, il est environnemental, ancré dans nos sociétés depuis toujours. Il n'y a pas que le sang que fait couler le tueur qui fait frissonner, il y a aussi sa façon de penser et d'agir. Et c'est ça, qui est terrifiant.

 

En 1996, Dans "Les racines du Mal", Dantec a écrit: "L'apparition des meurtriers en série est en effet inséparable de la naissance de la civilisation des loisirs. Et ce, pour une raison bien simple : il faut du temps pour tuer. Et surtout il ne fait rien avoir de mieux à faire..."

 

Cette réflexion fait tout de même écho à notre temps. Ce qui me permet de penser que c'est bien nous qui créons nos monstres...

 

L’un de vos romans, La Compassion du Diable, a initialement été publié aux éditions Fleur Sauvage, une maison reconnue et pourtant en grande difficulté. Une campagne de financement participatif a  même été lancée sur le site Ulule pour sauver les éditions Fleur Sauvage. Comment voyez-vous l’avenir de l’édition en France, et du coup, des auteurs ? N’y a-t-il plus de place que pour les grandes maisons d’édition ? 

 

Je ne m'étendrai pas sur ce sujet. Je crois juste à une seule chose: le travail. Et le travail bien fait. Et, à mon sens, il n'y a de place que pour ceux qui sont honnêtes et fournissent un labeur de qualité. Ceux-là, n'ont aucune raison de disparaître, ou de faire disparaître les autres...

 

Je vous ai rencontré au salon du polar de Noeux-les-Mines (59). Vous semblez très à l’aise lorsqu’il s’agit d’échanger avec vos lecteurs. Leurs retours sont-ils importants pour vous ? Je suis sûre que vous allez me dire oui, mais dans quelle mesure peuvent-ils vous aider, vous amener à changer quelque chose ?

 

L'échange avec les lecteurs est très important pour moi, j'aimerais d'ailleurs avoir plus de temps pour faire plus de salons encore et rencontrer davantage de lecteurs. C'est aussi la raison pour laquelle je suis très présent et actif sur les réseaux sociaux. Les retours de lecteurs sont très importants pour l'écrivain, dans la mesure où le lecteur se montre sincère. C'est à dire qu'il exprime ses émotions ressenties lors de la lecture de l'ouvrage, et non pas la manière dont lui, il aurait construit le roman pour se faire plaisir. Ce qui est important pour l'auteur, c'est que le lecteur explique sincèrement ce qu'il a aimé, ce qu'il a moins aimé, ce qu'il a carrément détesté... Certains adorent mes histoires, d'autres les détestent, pour diverses raisons: le contexte, le style, les personnages... et c'est ça qui est génial! Car l'Art, c'est ça; provoquer des émotions. Et la littérature c'est comme le cinéma ou la musique: on peut pleurer, rire, aimer, détester, être choqué, dégoûté, avoir la nausée, bref; être bouleversé. 

 

Voilà. J'aimerais ajouter que l'on se retrouve à l'automne pour mon prochain thriller, qui paraîtra toujours chez Robert Laffont, dans la collection "La Bête Noire", et qu'il s'agira de la suite de "Une forêt obscure". Les lecteurs retrouveront Louise Beaulieu, Carrie Callan, et notre terrifiant Daniel Singleton...

Merci à toi, chère Loly !
Fabio

 

Merci à vous, Fabio, de m'avoir accordé votre temps !   

 

 

Pour Retrouver toute l’actu de Fabio M. Mitchelli, c’est par ici :

 

mail: fm.mitchelli@orange.fr/ blog: fmmitchelli.wix.com/mitchelli
agenda: fmmitchelli.wix.com/agenda

 

 

 

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Aux Editions Robert Laffont- La Bête Noire © le 15 septembre.
[Une forêt obscure- Fabio M.Mitchelli ©]

 

 


06/06/2017
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Dans l’œil du photographe

PARTIE I - L'épreuve du Temps - Nikos Aliagas

 

On le connait pour sa présentation impeccable, son sourire franc et sa bonne humeur qui rayonne sur les plateaux télés. Nikos Aliagas est aussi photographe, et bien mal inspirés sont ceux qui pensent que c’est un passe-temps qu’il met en avant grâce à son nom ; je les invite ardemment à découvrir son expo « L’Epreuve du Temps », actuellement à la Maison de la Photographie à Lille (28, rue Pierre Legrand).

 

Dans un lieu où règne la sobriété, les clichés se succèdent avec une trame commune : Nikos Aliagas fixe dans le temps l’humanité profonde de quelques inconnus emblématiques et tisse un lien entre son cœur et le nôtre avec une émotion simple et sincère. Ici c’est le labeur, le courage et l’humilité qui sont mis en avant, au-travers de ces regards qui voient sans jugement, ou ces mains qui créent avec respect. Instants de vie en suspens, les clichés noirs et blancs invitent à une pause, le temps de prendre du recul sur notre propre existence. Et si l’on revenait à plus de simplicité ?

 

En fixant ces incroyables moments de grâce, Nikos Aliagas nous propose un voyage émotionnel bouleversant. 

 

 

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PARTIE II : Fetish Bazaar - Butz&Fouque

A l’étage de la Maison de la Photographie à Lille se déroule un étrange ballet de courbes et de peaux dénudées. Ma première réaction fut de me dire « Mince, la photo érotique, ce n’est pas trop mon truc ! ».

 

Sauf que c’est bien plus que ça.

 

Oscillant entre sensualité et sexualité, le duo de photographes Perinne Butz et Bénédicte Fouque entremêlent les visages et les corps dans un jeu de miroir presque parfait et énigmatique, et s’amuse de l’ambiguïté de certains clichés théâtralisés. La fausse gémellité des deux artistes, mise en scène avec une incroyable minutie, contribue à une instabilité identitaire très troublante. Le tout est porté par une ambiance un peu vintage aux couleurs acidulées qui adoucissent joliment quelques scènes plus crues.

 

Insolite. Perturbant. Décalé. Pur. Difficile de trouver le mot juste, mais la confusion des sens est plutôt agréable. Au final, je suis restée bien plus longtemps que prévu. Je suis bluffée.

 

Un dernier mot un peu moins enthousiaste : exposer une photo sous verre, c’est définitivement une hérésie. La juxtaposition des œuvres avec les visages, aussi admiratifs soient-ils, et du soleil qui cogne aux fenêtres, même si c’est pour venir contempler, c’est dérangeant. 

 

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Loly


09/05/2017
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Zoom sur... Louis Delort

On l’avait laissé à Pont Audemer, la larme à l’œil, croyant assister au dernier concert de The Sheperds. Quelques balbutiements plus tard, Louis Delort est passé par l’Aude, le Lot-et-Garonne, la Côte d’Or (non, rien à voir avec le chocolat ^^) et bien sûr la capitale. On l’a vu dans le Vercors sauter à l’élastique, voleur d’amphores au fond des criques (1). Flanqué du Pater Familia ou de son groupe réparé à coups de rustine anglaise,  il a semé quelques chansons inédites comme des petits cailloux pour ne pas qu’on le perde de vue. Rock, balades, Shakespeare, Molière, il a tâté et tenté, quitte à s’oublier. Syndrome de Pénélope ou véritable remise en question, l’essentiel est là puisqu’il cogite.  

 

Louis Delort vient de lancer une campagne de crowdfunding sur le site ULULE et compte sur la générosité de ses fans pour participer au financement de son deuxième album. Et force est de constater qu’ils sont bien au rendez-vous, puisque le premier palier de la cagnotte a été atteint en moins de temps qu’il ne faut pour prononcer correctement crowdfunding (deux jours en fait).

  

Pour y participer c'est par ici :  https://fr.ulule.com/louis-delort-nouvel-album/

 

Récemment invité par Ulule à se produire en showcase privé, il a susurré quelques pépites venues tout droit d’un cœur hyper sensible, visiblement très affecté par un monde devenu (?) fou. Pas de révélation non plus, le public les avait déjà entendues, mais presque les yeux dans les yeux, ses mots autant que sa présence ont bouleversé les âmes présentes. Les reprises de Video Game (2) et Blackbirds (3) ainsi que Sentinelle et Outre-Manche, ont également ravi la trentaine d’invités.

 

L’album, baptisé La Folie des Hommes, est prévu pour février 2018 et ne portera pas de label. D’où la campagne Ulule, haaaa, tout s’explique. Ce sera un album indépendant et, souhaitons-le, libre, engagé et à l’image de celui qui nous fait vibrer par sa capacité à provoquer l’émotion. Louis Delort annonce une très probable nouvelle collaboration avec Théo et Valentin Ceccaldi et avec Saturday Sun, et on ne peut que s’en réjouir. Reste à savoir si l’accueil de ce second album sera plus chaleureux que pour le premier qui n’a rencontré qu’un succès mitigé, mais à voir l’enthousiasme des médias qui relayent la campagne de financement participatif, on peut le penser.

 

Attention commentaire tout à fait personnel hautement argumenté  Il m’a semblé qu’un véritable embargo avait empêché le premier album d’éclore totalement tandis que nous assistions à l’explosion *message subliminal* de quelques chanteurs même pas auteurs-compositeurs incapables de sortir d’un unique registre, mais il est vrai, source de royalties. Pour une fois qu’un artiste français a le talent mais aussi le courage de sortir des sentiers commerciaux pour faire autre chose qu’une chanson écrite dans le seul but de passer à la radio, je prie, mais Où vont nos prières ? (4), pour que des professionnels audacieux accordent leur attention à un artiste indépendant. On sait que l’industrie de la musique est une grosse machine qui a besoin de faire de l’argent pour vivre, mais faire systématiquement passer le profit avant l’Art finira un jour par nous donner toute une génération de chanteurs-jukebox *fin du coup de gueule solitaire*.

 

En attendant, il a posé sa voix sur le single d’Eska, Amour, que vous pouvez découvrir ici : https://youtu.be/KOyNc081V8M une collaboration étonnante et forte de sa volonté de faire (enfin ?) de la musique comme il l’entend. 

 

 

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crédit photo Corinne D. (mais c'est écrit)

 

 

(1)  https://youtu.be/0MYN8mAEKUo   et ne lui demandez pas si c'était bien le saut à l'élastique, merci 

(2)  https://youtu.be/cE6wxDqdOV0

(3)  https://youtu.be/Mo_DMGc2v5o

(4) disponible sur itunes

 


07/04/2017
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Japon : une nouvelle façon d'aimer

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Les Japonais les appellent « dutch wives ». Je me demande ce qu’en pensent les Néerlandais. Véritable phénomène de société, ces poupées de silicone hyper réalistes, qui peuvent atteindre le prix exorbitant de 10 000 € (en moyenne 4 000 €) envahissent les canapés des Japonais esseulés, quand ce n’est pas leur lit. Une poupée gonflable dernière génération, me direz-vous. Un objet sexuel ultra perfectionné.

 

C’est bien plus que ça, car l’usage dépasse largement le cadre du sexe.

 

Considérée par son propriétaire comme une personne à part entière, la poupée siliconée endosse le rôle de petite amie, épouse, confidente, et il n’est pas rare de croiser la jolie demoiselle dans une scène quotidienne de la maison, lisant sur le canapé, préparant à manger ou sortant de la douche… Les japonais l’avouent facilement : ils ont développé pour leur poupée de réels sentiments.

 

Et certains jeunes Japonais vont même plus loin…

 

… car le prix d’une telle poupée n’est pas accessible à tous, alors un autre phénomène se répand de plus en plus : le coussin. Les « dakimakuras » sont des coussins de grande taille (1,50 m environ), à l’origine destinés à l’usage orthopédique, aujourd’hui détourné en objet sexuel plutôt surprenant. Recouvert d’une housse représentant une héroïne manga, le coussin devient alors une compagne pour le jeune Japonais qui l’emporte partout : en balade, dans le métro, et même au travail. Si les poupées de silicone ne sont pas aujourd’hui totalement assumées par leur propriétaire à la vue de tous, les coussins, en revanche, sont sortis et montrés en toute quiétude.

 

 

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Vu dans L’effet papillon, le magazine de Canal+ : interrogé sur la raison pour laquelle il possède un coussin à l’effigie de son personnage de manga préféré, un jeune étudiant répond « Elle est belle, docile, toujours gentille avec moi. » Elle (il ? le coussin ?) est devenu sa « waifu », comprenez sa petite amie imaginaire, et il précise que sa future vraie petite amie, s’il en a une, devra accepter sa relation avec son dakimakura.

 

A l’origine, le terme « Okatu » désignait les fans de manga. Aujourd’hui il est surtout utilisé pour désigner les personnes qui recherchent l’amour dans les mondes virtuels. Pourtant, les Japonais l’assurent, c’est de l’amour, du vrai. Ils parlent de partage, de sentiments.

 

Loin de l’image glamour de la Geisha…

 

Pour nous, Occidentaux, c’est un phénomène qui nous dépasse, et même nous fait rire. C’est si difficile d’imaginer un monde où la relation réelle, physique, intellectuelle, spirituelle, charnelle, n’existe pas. Mais n’oublions pas que le Japon est aujourd’hui encore fortement marqué par la politique de l’enfant unique, de rigueur jusqu’en 2015 même si elle a été progressivement assouplie. 

 

Il faut savoir aussi qu’au pays du soleil levant, le rythme n’est pas tout à fait le même que chez nous. Il n’est pas rare qu’un Japonais quitte son travail à 3h00 du matin pour y revenir dès 07h00… Difficile, dans ce cas, de consacrer du temps à chercher l’amour. De plus, les mariages arrangés sont encore habituels : ce sont les parents qui choisissent, et tant pis si les tourtereaux ne s’aiment pas, ils devront cohabiter quand même.

 

On comprend mieux, tout à coup, pourquoi les Japonais se sentent si seuls qu’ils ont besoin de trouver le réconfort auprès d’un objet auquel ils prêtent vie, non ? Plus qu’un objet sexuel, la poupée et le coussin deviennent thérapeutiques.

 

Alors on peut trouver ça malsain, bizarre, marrant ou triste, peu importe. Le fait est que c’est la réalité d’une société tristement esseulée. La conséquence de tout ça ? Le Japon est le pays où la natalité est la plus faible. Ce n’est pas sûrement pas dû exclusivement aux amours virtuelles, mais bien à un changement global de comportement et d’intégration à la société.

 

Perso je fais partie de la catégorie « je trouve ça triste ».   

 

Loly 


23/03/2017
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Cinéma : Split de M. Night Shyamalan

 

Je déconseille à ceux qui souhaitent aller voir Split de lire cette chronique [SPOIL]

 

 

 

Le thème des personnalités multiples m’a toujours fascinée, aussi je me suis ruée vers la salle obscure la plus proche pour y voir SPLIT, le dernier long métrage de M. Night Shyamalan, maître es supense pour les uns, grand  arnaqueur pour les autres.

 

On a souvent reproché au réalisateur , notamment dans Signes, ou le Village, de jouer avec les nerfs du spectateur pour pas grand-chose car la chute n’était pas à la hauteur de l’attente. Ici il nous plonge dès les premières minutes dans un thriller accablant alors la chute, on s’en fiche un peu, finalement.

 

D’abord, c’est quoi le trouble dissociatif de l’identité (TDI) ?

 

C’est un trouble mental qui fait surgir au minimum deux personnalités qui prennent tour à tour le contrôle du comportement de l'individu, provoquant une perte de mémoire temporaire de la personnalité principale. Pour les psychiatres, il s’agit d’un mécanisme de défense que le cerveau met en place lors d’un traumatisme : en fractionnant son être, un individu est capable de faire ressortir une personnalité qui, elle, pourra surmonter ou combattre le trauma en question.

 

Le cas le plus connu est celui de Billy Milligan, dont les crimes ont défrayé la chronique aux Etats-Unis dans les années 70. Arrêté en 1975 pour de nombreux viols, il a été jugé irresponsable de ses actes après que les psychiatres aient confirmé un trouble dissociatif de la personnalité. Il en aurait développé vingt-quatre…

 

Le TDI au cinéma

 

Les troubles de la personnalité ont déjà été explorés dans de nombreux films, tels que Le Silence des ombres avec l’excellente Julianne Moore, Fight Club ou Peur primale, mais aucun n’avait jusque là osé developper autant de personnalités différentes, puisque le personnage interprété par James Mac Avoy, Kevin, n’en a pas moins de… vingt-quatre, tiens donc. Nous ne les verrons pas toutes, mais au moins six, et il faut bien avouer que le succès du film est aussi porté par une interprétation hors norme. Jouer autant de personnages aurait vite pu tourner à la caricature grotesque, sauf que Mac Avoy le fait tout en retenue, avec juste assez de subtilité pour que l’on se demande, le temps que le cœur fasse un léger dératé, lequel est-ce ?

 

Ce que j’ai aimé dans Split

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On ne nous laisse pas sans explication. Le.s comportement.s du personnage sont étayés par l’analyse succinte mais parfaitement claire d’une psychiatre. Pas de bla bla médico-chiant, mais des éclaircissements sur la fracture de l’âme dont souffre Kevin (et il n’est pas le seul, mais chut).

 

James Mac Avoy est magistral, mais Anya Taylor-Joy, qui campe Casey, une jeune fille taciturne et solitaire, l’est tout autant avec ses grands yeux de biche traquée (je sais, c’était facile). A eux deux ils forment un duo infernal intense, on aurait presque pu se passer des autres.

 

Le scénario est bien construit, avec juste ce qu’il faut de flashbacks pour éclairer notre lanterne dans cet univers glauque et obscur qu’est le cerveau et ses possibilités. J’ai tout de même capté une incohérence, mais j’ai une personnalité qui s’appelle le Traqueur. Beaucoup ont regretté de ne pas avoir compris la fin (la scène dans la cage). Je suis perplexe, pour moi elle est on ne peut plus claire.

 

Les thèmes implicites, justement, sont vraiment intéressants :  d’abord il y a cette théorie qui suggère que les personnalités multiples puissent développer des talents mais aussi des caractéristiques physiques différentes et distinctes, théorie jamais vérifiée scientifiquement mais tout à fait fascinante.

Ensuite il y a le parallèle fait entre Kevin et Casey, deux êtres qui, chacun à leur manière, ont fait en sorte de supporter l’insupportable. On se doute très rapidement que la jeune Casey a quelque chose de particulier et que cette caractéristique en fait une survivante, mais le point d’ancrage entre les deux personnages n’est révélé que tardivement, c’est assez brillant.

 

L’atmosphère du film, portée par un montage nerveux, ressemble à ce que l’on connait déjà du réalisateur. C’est pesant, et ça colle parfaitement à l’image de la personnalité principale de Kevin étouffée par les autres. Une prison dans une prison, en quelque sorte.  

 

Ma note : ce sera 5 étoiles pour moi ! N'étant pas une experte cinéphile, je me suis juste laissée porter par le film et j'ai adoré ça.  

 

Loly 

 

 


06/03/2017
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Zoom sur... Olivier Norek

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Olivier Norek a 41 ans et déjà un parcours étonnant. Très tôt, il est porté par l’envie de se rendre utile, et part en mission humanitaire avec Pharmaciens sans frontières en Guyane, puis en Croatie. Deux ans plus tard, c’est la Police qu’il intégre en tant que gardien de la paix. Quelques échelons plus tard, on le retrouve lieutenant à la PJ de Seine-Saint-Denis avec ce même besoin de se mettre au service de la population et de préserver, malgré les difficultés, un regard humain sur ce qui l’entoure.

 

Il publie un premier roman, Code 93, puis Territoires et nous entraîne dans les cités du 93, au cœur d’une violence urbaine banalisée, dévoilant au passage les manipulations criminelles du milieu politique et financier, dénonçant la connivence de certains élus avec les caïds de banlieue.

 

Aujourd’hui Olivier Norek publie son troisième roman, Surtensions (Michel Lafon), et les premières critiques sont dithyrambiques. Il faut dire que l’auteur a un atout de taille : il possède une vision intérieure, réaliste, celle du flic de terrain qui a vu et vécu, sans jamais se départir de son humanité. 

 

 

Mon avis sur SURTENSIONS 

Dès les premières pages il nous plonge dans un univers carcéral glauque et ultra violent. On se doutait bien que les prisons n’étaient pas des havres de paix, mais rien ne nous avait préparés à ça non plus. C’est très étrange - mais brillant - cette capacité à trouver de l’humanité là où il y en a a priori le moins et pourtant, Olivier Norek réussit à décrire les faits en neutre spectateur d’une déchéance annoncée.

 

Puis il nous plonge dans la vie de la cité, et finalement, elle n’est pas si loin de l’asphyxie provoquée par la taule, gangrénée par les trafics et des fantômes en mal de vivre. C’est dans cet univers que le Capitaine Victor Coste tente de trouver l’oxygène nécessaire à la survie de l’espèce « flic expérimenté mais homme avant tout ». Flanqué de son équipe, il se retrouve au cœur d’une affaire sordide et j’avoue avoir torturé mes méninges pour qu’elles m’expliquent où se trouvait le point d’encrage entre les deux premières parties du roman. Ce sont deux histoires distinctes que l’auteur semble vouloir nous décrire, et à cet instant du récit je me demande encore comment les deux vont s’imbriquer.

 

BOUM. La troisième partie met en route l’engrenage et tout s’emboîte avec précision, jusqu’à ce que l’on comprenne que Monsieur aime mettre le doigt dedans pour tout faire foirer et nous réembarquer ailleurs. Si les brigands menaient des opérations chiadées et sans faille, ça ne serait pas drôle, et Olivier Norek n’aurait pas l’occasion de nous expliquer, au passage, quelques trucs de flic (et ceux des délinquants aussi, d’ailleurs !) qui nous permettent de nous sentir au cœur de l’enquête.

 

Olivier Norek fait plus qu’écrire. Grâce à son expérience du terrain il retranscrit la vie dans sa vérité la plus tranchante, sans concession et sans fioritures inutiles. Vous l’aurez compris, j’aime le style percutant, sans bla bla, et pourtant, à y regarder de plus près, il aime semer quelques pavés récupérés sur le chemin de l’Enfer, histoire que l’on ne s’endorme pas sur nos lauriers : c’est un roman, certes, mais il y a la réalité derrière, et elle n’est pas vraiment jolie.

 

Mention spéciale : si l’image du flic vieillissant, usé jusqu’à la corde à force de voir l’impensable, blasé par la vie qui ne l’aura pas épargné après un divorce, la perte d’un proche ou une relation paternelle difficile, a été maintes fois utilisée et prouve – presque – à chaque fois son efficacité, je suis heureuse d’avoir trouvé en Victor Coste un homme avant un flic. La preuve qu’il n’est pas nécessaire de faire vivre à son personnage les pires épreuves pour le rendre attachant aux yeux des lecteurs. Et quoi qu’il en soit ce n’est pas lui le héros, mais bien l’histoire. 

 

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Rencontré à l’occasion d’une séance de dédicaces, Olivier Norek a très gentiment accepté de répondre à quelques questions. Je n’ai pas voulu abuser, ni de son temps ni de celui des personnes qui attendaient après moi, ce sera donc une mini interview mais je le remercie vivement d’avoir été si disponible et enthousiaste.

 

Pensez-vous que vous seriez devenu écrivain si vous aviez évolué dans un milieu professionnel différent ? Si oui, vous seriez-vous aussi tourné vers le polar ?

 

Non, c’est bien parce que je suis flic que j’ai eu envie de raconter ce que je vivais par le biais mon métier. J’ai commencé à écrire en participant à un concours de nouvelles. Lorsque les organisateurs m’ont contacté pour m’annoncer que ma nouvelle avait été primée, ils ont été surpris de constater que j’étais un homme. Ils avaient trouvé mon écriture sensible et féminine. D’une nouvelle sentimentale je suis passé à l’écriture d’un polar, la preuve que cela n’a rien d’incompatible ! 

 

Vous dites que le sentiment d’être utile est quelque chose d’important pour vous, que c’est un moteur [Il précise « c’est plus qu’important, c’est primordial ! »].  Vous avez eu un parcours professionnel dans lequel l’utilité est effectivement une évidente constante (missions humanitaires, Police…). Comment définiriez-vous la notion d’utilité chez l’écrivain ? [note à moi-même : j’aurais dû lui parler d’Homer Wells]

 

Mes livres sont des alibis. J’y parle de faits socio-politiques qui ne seraient pas très attractifs pour les lecteurs s’ils étaient décrits tels quels. En les intégrant à une histoire policière, ils sont plus accessibles et mine de rien, j’amène les lecteurs à une réflexion sur des sujets graves tels que les manipulations politiques ou financières, la guerre de territoires, les migrants. Voilà où est l’utilité de l’écrivain, à mon sens.   

 

Il me semble que Code 93 sera bientôt adapté à la télévision. Après l’accueil mitigé du public pour la série « Glacé », adaptée du roman de Bernard Minier et diffusée sur M6, vous ne craignez pas que les téléspectateurs vous boudent ?

 

Lorsque l'on confie son œuvre à un réalisateur, c’est comme confier son bébé à une tierce personne. On espère qu’il va en prendre soin, mais ça ne dépend plus vraiment de nous. Si le réalisateur a bien compris l’esprit qu’on a voulu insuffler à son livre, alors c’est gagné, sinon cela peut être compliqué, en effet. Mais je crois vraiment qu’il faut considérer cela comme deux expériences distinctes, l’une littéraire et l’autre télévisuelle, et qu’il ne faut pas chercher à les comparer. Ce sont deux approches différentes. 

 

 

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03/03/2017
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