Les chroniques de Loly

Les chroniques de Loly

Zoom sur... la série Teen Wolf

Très sensible à l’univers Young Adult, j’ai écumé pas mal de pages et d’images dans ce même genre. Ouais, on a tous été ado un jour, et mon meilleur souvenir de lecture de l’époque où j’étais au lycée, s’intitule Outsiders (Susan Héloïse Hinton).

 

En 1983, Francis Ford Coppola a la fabuleuse idée de réunir (de gauche à droite sur la photo) Tom Cruise, Rob Lowe, C Thomas Howell, Ralph Macchio, Matt Dillon, Emilio Estevez et Patrick Swayze. Certains noms ne vous disent peut-être rien si vous êtes nés après 199… et quelques, mais à cette période, ces sept là formaient la brochette des teens les plus prometteurs du cinéma américain.  Si certains n’ont pas fait de miracle, d’autres s’en sont plutôt bien tirés.

 

 

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Quant aux séries télé, celle qui m’aura le plus marquée reste 21 Jump Street, dont l’un des acteurs principaux connaîtra, grâce à ce rôle, une carrière plutôt intéressante (le p’tit gars improbable au centre).

 

 

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Aujourd’hui  je reste très attachée à cet univers. Nostalgie peut-être, allez savoir. En tant qu’adulte, j’estime que nous avons un devoir de transmission et d’apprentissage envers les plus jeunes, et je pense vraiment qu’au-travers d’une série ou d’un roman on peut transmettre des valeurs. Les scénaristes et romanciers ne s‘y sont pas trompés ;  la plupart des gros succès se basent sur une valeur sûre : la solidarité face à l’adversité. Et que les héros évoluent dans une dystopie, une série surnaturelle ou une saga magique, ça marche à tous les coups. 

 

Après m’être immergée dans les univers d’Harry Potter, Divergente, Le Labyrinthe, Hunger Games, La cinquième vague et autres, j’ai voulu découvrir une série mordante qui s’est taillé un beau succès en rassemblant quelques 1,7 millions de téléspectateurs en moyenne par épisode et par saison : Teen Wolf.

 

Avec une rame de métro de retard (la saison 1 date de 2011, quand même) j’ai donc fait un marathon Teen Wolf, et six saisons en une semaine ce n’est pas rien, croyez-moi.

 

Mais d’abord, prenons une Doloreane pour remonter jusqu’en 1985, juste avant que notre bon Marty Mac Fly ne retourne vers le futur. Rod Daniel tourne Teen Wolf avec Michael J Fox (n’est-ce pas drôle pour un renard de jouer le loup ?) une comédie mi-romantique mi-surnaturelle mettant en scène un ado loup-garou amoureux. Pas franchement fameux, il faut l’avouer, le film ne rencontre pas le succès escompté, surtout face au mastodonte de Robert Zemeckis qui sortira quelques mois plus tard et propulsera la carrière de l’acteur. Je vous épargne les photos qui vous feraient hurler à la mort de rire mais rappelons-nous cependant que nous sommes encore au vingtième siècle.

 

ATTENTION SPOILERS !!

 

La série Teen Wolf reprend donc le principe de l’ado qui devient loup-garou bien malgré lui, avec tout ce que cela peut compter comme situations absurdes, dangereuses et drôles à la fois. Flanqué de son meilleur pote Stiles, Scott Mac Call (à noter que dans le film de 1985 le personnage s’appelle aussi Scott), apprend donc à faire face à cette situation plutôt inédite que d’avoir les dents et les poils qui poussent, surtout les soirs de pleine lune. Les deux premières saisons se concentrent sur ce difficile apprentissage. Et il ne s’agit pas juste d’apprendre à maîtriser ce nouveau pouvoir, mais aussi de prendre connaissance de la genèse de l’histoire. Ça ne rigole pas chez les loups-garous, il y a une hiérarchie à respecter au sein d’une meute.

 

Scott se révèle rapidement être exceptionnel. Avec l’aide d’un autre loup-garou  nommé Dereck, même qu’on ne sait pas trop situer son capital sympathie lorsqu’il porte ses vêtements (c’est très différent lorsqu’il est torse nu), Scott va faire un apprentissage essentiel : tout loup-garou qui se respecte a besoin d’une meute. La première idée géniale des scénaristes de Teenwolf est là : la meute de Scott existe déjà, mais il ne le sait pas. Quel suspense. Revoilà donc son meilleur pote Stiles qui ne s’appelle pas vraiment Stiles mais il a un prénom tellement improbable (révélé seulement lors de la dernière saison) que ça vaut mieux. Il est très intelligent mais aussi très boulet. Attachiant, quoi. Il y aussi Lydia, une jeune fille horripilante totalement abrutie aux yeux de tous sauf à ceux de Stiles qui semble avoir un sixième sens fort développé. Et puis la petite nouvelle du lycée, Allison, un concentré de beauté et d’intelligence à en faire pâlir plus d’une, et dont Scott tombe aussitôt amoureux, bah oui. L’intrigue des saisons 1 et 2 est portée par le lien qui unit tout ce petit monde et le mystère qui entoure Dereck. D’autant qu’Allison est la fille de Chris Argent, un chasseur de loup-garou. Bah oui, sinon ça ne serait pas drôle. Et bonne nouvelle, les filles, ici elles sont aussi fortes que les gars. 

 

 

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Pour résumer - saison 1 et 2 : découverte de la transformation (hum, étrange pour des ados, non ?) et début d’une histoire d’amour qui promet d’être compliquée (hum, étrange pour des ados, non ?). Le tout porté par un indéfectible lien d’amitié.  A noter que dans le générique de ces deux saisons, le personnage de Stiles est présenté marchant dans l’ombre…

 

La saison 3 annonce un virage intéressant. Pour se diversifier, les scénaristes sortent de leur zone de confort habituelle et proposent non seulement de nouveaux personnages, dont certains iront jusqu’au bout des six saisons, mais aussi de nouveaux méchants. Parce qu’il n’y a pas que le loup-garou dans la vie. C’est la saison qui a enregistré le meilleur taux d’audience, et c’est aussi celle que j’ai préféré – pour une fois je suis raccord avec le public – et je me demande bien pourquoi…  Voyons. On y découvre que les relations humaines ne sont pas faciles que ça, surtout chez les ados. Tiens donc. Les amours vont et viennent, les complicités s’amenuisent, les clans se forment et se déchirent. Scott a toujours sa meute, mais elle est changeante et connait la dramatique perte de l’un de ses piliers. Le seul lien immuable, c’est celui qui existe entre lui et Stiles. Indéfectible, malgré les épreuves. Et même quand Stiles revêt le costume du méchant, Scott n’y croit pas (mais nous on a peur). La jolie Lydia se révèle enfin sous son vrai visage. Ah, l’apprentissage de soi-même est le combat le plus difficile qui soit.

 

Pour résumer - saison 3 : découverte de soi-même (hum, étrange pour des ados, non ?), difficultés dans les relations humaines, notamment amoureuses (hum, étrange pour des ados, non ?), la confrontation au deuil et l’amitié magnifiée. Dans le générique, Stiles sort de l’ombre et devient celui qui enquête.

 

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La saison 4 amorce encore un nouveau virage. Nouvelles arrivées dans la meute, et pas des moindres. L’amour change souvent de cœur à cet âge, et deux jolies demoiselles vont prendre celui de Scott et Stiles. Nouveau méchant aussi, renouvellement toujours, pour ne pas s’essouffler. Entrée en scène du personnage le plus flippant de la galaxie : Meredith.

 

Je suis passée au-dessus de certains personnages intéressants depuis le début mais en réalité, il me semble que le succès de la série tient aussi à eux. Les persos récurrents tels que le shérif Stilinki (le père de Stiles), Mélissa (la mère de Scott), Peter Hale (l’oncle maléfique parfois sympa de Dereck), le Dr Deaton (un véto un peu particulier) ou Chris Argent (le chasseur) sont autant des piliers que les plus jeunes. La série étant destinée aux ados, ils ne sont pas forcément mis en avant mais sont les fondations d’une architecture complexe et donnent de la consistance à la bande principale. Loin d’être des personnages de second rang, ils donnent, au contraire, du crédit à l’intrigue. D’autant qu’eux aussi, vivent les mêmes psychodrames que les jeunes. Pas facile de découvrir que son fils est un loup-garou ou que la ville qu’on est censé protéger est infestée de créatures surnaturelles. Il faudra pourtant attendre la dernière saison pour que certains apparaissent au générique.

 

Pour résumer – saison 4 : pas forcément de nouveau message mais les liens se soudent un peu plus.

 

La saison 5…aïe…m’oblige à faire un parallèle aussi bizarre qu’inadapté avec la saga Harry Potter. Quel rapport ? Juste un ressenti. Dans les deux premiers tomes, Harry découvre ses origines, ses pouvoirs et le contexte. On a bien compris qu’il y avait une menace mais l’univers reste féérique, porté par des héros jeunes et plein d’espoir.  A partir du troisième opus (le prisonnier d’Azkaban) rentrent en scène des personnages beaucoup plus effrayants. L’univers s’assombrit, et il le devient encore plus à l’épisode suivant, notamment avec la mort dramatique de Cédrik. Quant aux opus suivants, l’univers est devenu carrément glauque et transpire le désespoir. Les morts se ramassent à la pelle, tandis que les amitiés se dénouent, les personnages s’engueulent, se déchirent, se retiennent, magré tout. Cette fragilité dérangeante, je l’ai ressentie dans la saison 5 de Teenwolf. Cette fois la bande se trouve confrontée aux médecins de l’horreur qui ont la désagréable manie de marcher à deux kilomètres/heure. La moitié de la ville est désormais au courant des activités extra-scolaires de la meute de Scott, tandis que l’autre moitié s’obstine à vivre normalement après quelques très sanglants massacres. Le fait que de plus en plus de personnes soient dans la confidence fait perdre du mystère. Le fait que chacun vaque à ses occupations comme si de rien n’était alors que la ville est un chaos perpétuel est plutôt surprenant, pour ne pas dire incohérent. Ou alors ils ont demandé aux MIB de flashouiller la population sans nous le dire. Scott s’enfonce dans ses valeurs « je suis un gentil, je sauve mais ne tue pas » alors que la vie de dizaines de milliers est en jeu, et sincèrement, son attitude me gonfle. Il est bien trop mou pour tenir son rang de vrai alpha.

 

Les vingt-quatre épisodes de cette saison interminable ont bien failli avoir raison de moi, d’autant qu’elle se finit par la plus grande tragédie possible et imaginable dans la tête d’un scénariste : après son enlèvement par les cavaliers fantômes, l’intégralité de l’univers a oublié Stiles. Bande de nazes.

 

Pour résumer – saison 5 : l’amour est décidément bien fragile, mais peut-être que l’amitié aussi, finalement. Les valeurs portées dans les saisons précédentes ne semblent plus faire mouche. Mais c’est peut-être voulu pour mieux les ressusciter.

 

Saison 6 (première partie) …ouch…Dylan O’Brien (Stiles), fort occupé à récupérer de son accident sur le tournage de Labyrinthe 3, n’est pas prévu au casting en tant que personnage principal, mais seulement dans quelques épisodes (6/20). Les réseaux sociaux s’agitent. Comment va-t-on survivre sans Stiles ? Oui parce que rappelons-le, c’est le seul personnage principal qui n’ait pas de pouvoir mais a réussi à survivre à des loups-garous ultra méchants, un démon japonais, des médecins de l’horreur, des créatures au crâne de monstre, et même à une amoureuse coyote-garou (ou ça existe). Finalement, ne serait-il pas le plus brillant de tous ? A croire que les pouvoirs surnaturels ne rivalisent pas avec l’intelligence – émotionnelle – humaine. Bah tiens. D’ailleurs c’est bien grâce au lien émotionnel qui subsiste entre Stiles et Lydia que cette dernière le sauve des griffes des cavaliers fantômes. Oui, le premier amour, même platonique, dure toujours.

 

Les scénaristes amorcent un profond changement qui annonce a fin : la saison 1 débute en première année de lycée. La saison 6 se situe juste avant le passage à l’université. Mais what ??? ça veut dire que la bande va devoir se séparer ?

 

Pour résumer – saison 6 : c’est celle qui a réalisé la pire audience depuis le début, et il n’y a rien d’autre à dire.

 

Pour résumer l’ensemble de la série, je dirais que Teen Wolf rassemble tous les sujets qui passionnent les ados : amour, amitié, vie trépidante du lycéen, mais aussi ceux qui les effrayent : sexe, relation aux autres, découverte de soi-même – sur fond de surnaturel (mais la vie d’un ado n’est-elle pas un peu surnaturelle ?), sans oublier d’y glisser les quelques pentes savonneuses ici prises avec une grande sérénité : l’homosexualité, par exemple, y est très présente et jamais dissimulée. Les valeurs véhiculées (amitié, loyauté, esprit d’équipe…) sont des piliers essentiels de la construction de tout adulte, mais portées par un cadre qui reste surnaturel pour ne pas paraître trop moralisateur, c’est plutôt malin. J’avoue avoir un gros faible pour le personnage de Stiles, qui me semble être le véritable héros, désolée pour les fans de Scott. Comme expliqué plus haut, c’est le seul qui n’ait pas de pouvoir et pourtant sa capacité de réflexion donne souvent de meilleurs résultats que la force physique *message subliminal* faites des études pour affronter la vie *fin du message* Bref, tout ça c’est plutôt bien fait. Vivement Teen Vampire (mince, parait que c’est déjà pris).

 

 

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Anecdotes et réflexions en vrac 

 

Les voix françaises de certains personnages sont horripilantes. Une voix de gamin sur un chien de l’enfer, c’est dérangeant.

 

La saison 5 met en scène une grosse méchante bête plus connue chez nous sous l’appellation d’origine contrôlée « Bête du Gévaudan » qui aurait sévi en France au XVIIIe siècle.

 

L’un des loups-garous (Jackson) part en fin de saison 2 s‘installer à Londres. Le loup-garou de Londres est un film de John Landis sorti en 1981 qui a connu un énorme succès.

 

Linden Ashby qui campe le père de Stiles mais aussi le shérif de la ville de Beacon Hill est un habitué des séries TV. Il a déjà joué dans Les feux de l’amour et fait des apparitions dans Melrose place et MacGyver.

 

Beacon Hill n’est pas une ville mais un quartier de Boston. Les trois premières saisons ont été tournées à Atlanta avant d’être délocalisées à Los Angeles pour des raisons budgétaires.

 

Le sport pratiqué par Scott et Stiles peut s’écrire la crosse ou lacrosse.

 

L’aconit tue loup existe bel et bien, et elle est très toxique pour l’homme.

 

Tout comme le loup-garou fait partie du folklore populaire relayé par la littérature notamment, le kitsune est un esprit surnaturel japonais qui signifie « renard » très présent dans les mangas. 

 

Loly



09/03/2018
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