les ailes du désir, les chroniques de Loly

les ailes du désir, les chroniques de Loly

Zoom sur... l'expo Chagall

Le musée de la Piscine à Roubaix accueille l’expo Chagall depuis fin octobre, et c’est la dernière ligne droite puisque les œuvres repartiront du Nord le week-end prochain.

 

Je ne suis qu’une totale néophyte dans l’Art, et je ne connaissais pas vraiment l’œuvre de Chagall, mais j’ai pour habitude de dire que c’est une véritable chance d’avoir accès à une telle expo, alors je vais voir tout ce que je peux, par pragmatisme. Je fais souvent de très belles découvertes, j’ai parfois de petites déceptions, mais j’en ressors toujours avec beaucoup d’admiration pour le travail accompli par l’artiste, pour cette mise à nu qu’il s’impose, ce risque qu’il prend à dévoiler ce qu’il a au fond des tripes ou de son âme. Le reste n’est que purement subjectif. 

 

D’abord je commencerai par une déception. Si le musée de la Piscine est un joyau d’architecture, un lieu de vie insolite et envoutant où les œuvres sont mises en valeur dans un luxueux écrin, en revanche le « coin » réservé aux expos temporaires ne peut que geler les envies les plus folles.

 

Bien sûr ce n’est pas du fait du musée si certaines œuvres sont encadrées sous verre, mais y braquer des spots produit un curieux mélange de l’œuvre et du reflet des visages qui l’observent. Même pour les œuvres sans vitre, difficile de regarder correctement lorsque des ombres maléfiques glissent sur les toiles et s’étirent comme des spectres dévoreurs de lumière. Ajoutez à cela l’indiscipline des visiteurs qui se collent le nez sur les tableaux…ne leur a-t-on jamais parlé des lignes de Nazca ?

 

Bien sûr je n’ai peut-être pas choisi le meilleur jour pour ma visite. Le dimanche, l’affluence est telle qu’il faut d’abord faire la queue depuis la rue, et refaire la queue pour passer aux détecteurs, puis refaire la queue pour passer aux guichets, et enfin refaire la queue pour rentrer dans l’expo. Ah oui, il faut aussi faire la queue pour voir les œuvres, en fait, parce qu’ils font rentrer tellement de monde qu’il y a parfois 4 personnes au mètre carré. C’est rentable quand on loue un appartement pour y faire un atelier clandestin, mais dans un musée, c’est bof.

 

Bien ! Maintenant que c’est dit, passons aux œuvres. Je connaissais de Chagall quelques tableaux très colorés, à tendance bleue, aussi j’ai été très surprise de découvrir une multitude de dessins au fusain ou à l’encre, très sombres, très « basiques », presque enfantins, une sorte de répétition avant l’œuvre. La genèse d’un artiste, en quelque sorte.  Autre surprise, il me semble, mais je ne suis qu’une novice, qu’il y a différentes techniques utilisées dans les premières œuvres, du coup c’est assez déstabilisant car on croirait presque qu’elles viennent de deux artistes différents.

 

Et puis il y a ce à quoi je m’attendais : des dimensions plus grandes, de la folie dans le pinceau qui se ressent dans les couleurs chatoyantes qui s’entrechoquent, de la musique qui s’échappe des notes de peinture. Une ébullition qui se cache dans de minuscules détails, à peine perceptibles, comme ces personnages tapis  sous les superpositions de couleurs. Une explosion intérieure qui fait qu’on reste un peu plus longtemps devant une œuvre. Et puis la dernière salle, celle que j’ai préféré parce que je ne m’y attendais pas et qu’elle m’a scotchée pendant de longues minutes à m’en faire mal aux cervicales. J’y ai senti quelque chose de comparable à ce qu’on ressent dans un lieu de culte, quelle que soit sa croyance. Wow.

 

Difficile de retranscrire ça en photos, alors c’est juste une illustration parce qu’un blog sans photo, c’est moins vendeur. Et un musée sans visiteur, ça serait mortel. 

 

 



25/01/2016
1 Poster un commentaire