Les chroniques de Loly

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Mon livre de chevet...

 L’œuvre de Dieu, la part du Diable – John Irving

 

Puisque nous ne choisissons pas de venir au monde, autant se rendre utile à ce monde. C’est un peu la devise d’Homer Wells, orphelin et heureux de l’être. Le roman de John Irving nous plonge au cœur d’une question délicate mais existentielle : vaut-il mieux mettre au monde un enfant destiné à être orphelin ou choisir l’avortement ?

 

Dans une Amérique où « la part du Diable » est illégale (l’action débute dans les années 20), le Docteur Larch, entre deux trips à l’éther, propulse Homer Wells vers un destin extraordinaire. Au fil des rencontres, le jeune homme va devoir affronter la plus terrible des épreuves : faire un choix qui le renvoie aux fondements même de sa propre existence.

 

J’ai découvert John Irving avec Hôtel New Hampshire, puis Une prière pour Owen. Je ne saurais dire lequel des deux je préfère, ils ont chacun un pouvoir émotionnel immense. Lorsque j’ai ouvert L’œuvre de Dieu, la part du Diable la première fois, je n’imaginais pas que j’allais plonger dans un état aussi profond. D’abord je l’ai lu d’une traite, et pour ça j’ai passé une journée et une nuit encastrée dans un lit, foudroyant du regard les insolents qui osaient prétendre me distraire.

 

Et je suis tombée amoureuse. D’un être exceptionnel, Homer Wells. J’ai beaucoup ri en m’imaginant certaines scènes, épiques, comme celle du premier accouchement pratiqué par le Dr Larch. Evidemment les liens entre les personnages, que je ne souhaite pas dévoiler ici, sont éminemment complexes, mais j’y ai trouvé beaucoup d’humour et de légèreté malgré tout.

 

Puis je l’ai lu une seconde fois, alors que j’étais enceinte. Je n’ai jamais autant pleuré devant un roman.

 

Puis je l’ai lu une troisième fois. J’ai encore pleuré, mais pas pour les mêmes raisons, et j’ai ri aussi, parce que ma propre vie avait pris un tournant qui me permettait de prendre suffisamment de recul pour comprendre les personnages sans avoir à m’approprier des émotions qui n’étaient pas les miennes. Bref, ce roman m’a provoqué des émotions violentes et toutes enrichissantes. John Irving y sème des tas de détails qui prennent tout leur sens au dénouement du récit.

 

C’est élégamment écrit, plein de tendresse, même lorsque l’histoire se fait dramatique. C’est l’histoire d’une vie, tout simplement. Et quelle vie.

 

Juste une parenthèse : ne regardez jamais, jamais, le film adapté du roman. Ce n’est que mon avis personnel, mais j’aime suffisamment Homer Wells pour affirmer que le casting est raté autant que le scénario, bien trop condensé.

 

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12/01/2015
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