les ailes du désir, les chroniques de Loly

les ailes du désir, les chroniques de Loly

Mathias Malzieu, magicien des mots

La mécanique du cœur - extrait

Son cou est saupoudré de grains de beauté minuscules, constellation descendant jusqu'à ses seins. Je deviens l'astronome de sa peau, fourre mon nez dans ses étoiles. Sa bouche entrouverte me fait loucher, j'ai des bulles dans le sang et des éclairs entre les cuisses. Je l'effleure de toutes mes forces, elle m'est fleur de toutes les siennes. De ses mains coule une douce électricité. Je m'approche encore.

 

Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi - extrait

Je suis mécaniquement vivant, puisque mes doigts bougent et que mes yeux clignent. Mais je suis rempli de vide.

 

Le plus petit baiser jamais recensé - extrait

Il existe des femmes dont le mystère s'évente d'un seul coup lorsqu'elles se mettent à rire. Comme si quelqu'un allumait des néons de salle de bains au milieu d'une forêt de conte de fées. Toi, tu fais pousser des forêts de conte de fées dans un bouquet de néons.

 

Je ne vais pas trop en citer non plus, c’était juste pour vous allécher. J’avoue, j’ai fait les choses à l’envers. J’ai d’abord vu la mécanique du cœur le long métrage, avant qu’une amie me traite de folle pour avoir osé faire ça. C’est vrai qu’habituellement, je m’attaque au livre avant de décider s’il y a la moindre chance pour qu’un réalisateur génial ait su l’adapter en images. La plupart du temps je suis déçue, seuls quelques pépites cinématographiques ayant retenu mon attention (Les Evadés – Tim Robbins, Le Parfum – Tom Tykwer par exemple).

 

Je me suis donc plongée dans la lecture du roman de Mathias Malzieu pour expier ma grande faute. Et j’ai eu bien du mal à remonter à la surface. Quelle claque. C’est le genre d’expédition dont on ne ressort pas tout à fait comme avant, mais avec une drôle de sensation au creux du ventre et surtout cette envie énorme que ça ne s’arrête jamais. Il est court, bien trop court ce voyage au-travers des mots doux exprimant avec justesse une violence à peine dissimulée, celle de l’Amour, l’Amour qui détraque, l’Amour qui met en danger oui mais… « Je suis en danger de mort ? Peut-être, mais je suis en danger de vie si je ne la revois pas, et, à mon âge, je trouve ça encore plus grave ».

 

 J’ai refermé ce petit cœur palpitant avec peine, mais il y a d'autres trésors nés sous la plume de cet enfant de l'Art.

 

Voilà, les mots de Mathias Malzieu sont beaux, vrais, poétiques et violents à la fois, d’une justesse étonnante, d’une fausse maladresse touchante. D’un mélange improbable il créé une alchimie unique. D’un big bang littéraire il déclenche une explosion d’émotions.

 

Un peu magicien, le garçon. Et il sait le faire en chanson, aussi.



31/03/2015
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