les ailes du désir, les chroniques de Loly

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La braderie de Lille, une institution ?

C’est le jour où je me mets à dos l’ACLABLAM : association des commerçants de Lille adorateurs de la braderie de Lille et amateurs de moules. Tant pis. Moi je n’aime pas les moules.

Chaque année les journalistes du monde entier (si, si) se pressent à la gare Lille Flandres pour arriver au cœur de la braderie de Lille, événement relayé par toutes les chaines de télévision – imaginez les tas de moules en boucle sur LCI – et ô combien prisé par les millions, que dis-je, les milliards de touristes ébahis par notre belle chtite ville.

 

Il est temps de rétablir la vérité.

 

D’abord la gare Lille Flandres n’est plus au cœur de la braderie, axe rouge réservé aux secours oblige. Donc la rue Faidherbe, autrefois envahie par les bradeux n’est plus qu’un vague souvenir, et c’est comme ça jusqu’à la Grand Place.

Inutile de chercher les antiquaires du côté du boulevard Jean-Baptiste Lebas, il y a quelques années qu’on les a relégués du côté de la foire aux manèges, façade de l’Esplanade. Ah c’est sûr, une fois que les petits ont vomi leur nougat dans la chenille, on n’a plus forcément envie de chiner.

Le boulevard de la Liberté, côté Lebas, échappe encore un peu à la version moderne de la braderie. On y trouve quelques particuliers qui vendent des objets inutiles, laids et encombrants. Et chers. Les temps sont rudes pour tout le monde.

Le boulevard de la Liberté, côté République, est la réplique des rues commerçantes de Lille, mais ailleurs – concentrée sur un axe – c'est-à-dire une alternance d’un stand de commerçant, un stand de bouffe. Merguez-mayonnaise. Pas de moules. Depuis que la mairie a interdit les tas de coquilles dans les rues, ça ne fait plus rire personne.

Il y a des années qu’on n’entend plus le P’tit Quinquin crachoté dans les vieux postes radio. Là-dessus, j’ai du mal à dire si c’est un mal ou un bien. Maintenant c’est Black M ou Nicki Minaj les stars représentatives des stands nordistes. Yo.

Bref, si vous pensez plonger au cœur d’un authentique événement  régional mondialement connu, mieux vaut vous préparez à ça : la braderie de Lille n’est qu’un vaste centre commercial en plein air. Les seules affaires que vous y ferez, c’est de repartir avec un rhume et un portefeuille volé, mais tout ça c’est gratuit. Quant aux objets géniaux de ouf qui déchirent sa mère que vous allez acheter pas cher, sachez qu’ils existent en magasin, et moins cher.  

Heureusement le Vieux Lille résiste encore – Vauban est passé par là, faut dire – et tire son épingle du jeu. Par ci, par là, quelques vrais bradeux qui s’étalent, et des particuliers qui ouvrent la fenêtre de leur salon le temps d’un bar improvisé. Ça fait un peu bodega du Sud-Ouest, mais l’accent de Ch’Nord est bien là, ouf. Quelques groupes se perdent du coté de la place Louise de Bettignies pour gratter leur guitare, sortie spécialement pour l’occasion. Ça sent un peu le renfermé mais ça sent bon l’authenticité. La Cathédrale Notre Dame de la Treille revêt ses habits de lumière le temps d’une terrasse géante. On fait la queue à 1h00 du matin pour manger un merveilleux. Et l’on s’échange des regards, des sourires et des bières, un peu minés par la pluie qui commence à tomber mais on a l’habitude. Tant qu’il ne grêle pas.

 

800px-Tas_de_moules_devant_un_restaurant_-_Braderie_de_Lille_2014_3.jpg



04/09/2015
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