Les chroniques de Loly

Les chroniques de Loly

J'ai vu... Love, Simon

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Ça commence comme un Breakfast Club, avec une image qui donne le tournis et la caricature parfaite du lycéen américain qui fait rêver les jeunes Français : famille joyeuse, jolie maison, la bagnole, les potes qu’on met dans la bagnole, le café frappé qu’on boit dans la bagnole, le lycée où tout le monde est souriant, surtout  le principal, et là je me suis dit aïe.

 

Puis l’intrigue s’est mise en place, tout doucement mais sûrement. Notre jeune héros, Simon (Nick Robinson), a un secret : il est gay. Il en a conscience depuis longtemps mais ne l’a révélé à personne. Premier bon point cependant, Simon le vit assez bien. Evidemment il a du vague à l’âme, de temps en temps, mais entre sa famille, ses potes et ses fantasmes, il s’en sort plutôt pas mal. On n’est loin du personnage torturé par son sentiment de différence qui va à coup sûr nous tordre les tripes. C’est, à mon sens, un choix judicieux. On est loin de l’ado modèle aussi, puisque Simon est un peu manipulateur, un peu menteur (mais jamais méchant). Il fiche une belle pagaille quand même dans les sentiments de ses meilleurs amis pour éviter que l’on ne dévoile son secret. Qui le sera quand même, au final, sinon il n’y aurait plus d’intérêt au scénario. Bref, la révélation du choix sexuel de Simon n’est pas le cataclysme du siècle, il ne sombre pas dans une dépression gravissime, et la réaction de colère des ses meilleurs amis n’est pas portée par son homosexualité mais par son comportement envers eux.

 

Tout va bien, ou presque

On se demande si le vrai sujet est vraiment là où on l’attendait. Assumer son homosexualité, choisir de faire son coming-out sont des thèmes qui semblent survolés. Après quelques larmes arrachées par Maman (Jennifer Garner) et Papa (Josh Duhamel) qui a failli être un gros con, Simon reprend le cours de sa vie normale de lycéen et l’objectif principal d’un ado de son âge : trouver l’amour.

 

Tout ça pour ça

Oui, parce que l’homosexualité de Simon n’a finalement aucune importance. C’est presque dommage de parler de Love, Simon en se basant sur ce thème. Pas de raz-de-marée dramatique, l’histoire reste à l’image de la mise en scène : c’est une comédie, portée par un jeune acteur dont la sensibilité n’est ni débordante, ni larmoyante, mais juste et crédible. Ce n’est pas non plus un plaidoyer pour les LGBT. Ni un film pédagogique. J’invite pourtant les parents à aller le voir avec leurs enfants parce que c’est un bon film, avec de bons acteurs, un bon scénario, où l’homosexualité fait partie de la vie, tout simplement.

 

Loly 



24/04/2018
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