Les chroniques de Loly

Les chroniques de Loly

Double je

Le thème des personnalités multiples est si fascinant qu’il a souvent inspiré le cinéma. Il faut dire que l’origine du « Mal » peut être tout aussi multiple :

 

Dans Derrière le miroir, de Nicholas Ray (1956), c’est un médicament qui conduit le héros à un changement de personnalité, le conduisant jusqu’à la tentative de meurtre.  On retrouve cette même théorie dans Effets secondaires de Steven Soderbergh (2013)…que l’héroïne utilise très habilement afin de planter son mari en toute impunité, ou presque (Jude Law n’est pas si débile).  

 

Dans Possession de Zulawski (1981), c’est le Diable qui fait son œuvre auprès d’Isabelle Adjani. On parle du communisme, on est bien d’accord, pas de Satan. Oui le double maléfique n’est qu’une métaphore du monde moderne qui part en sucette. Il est cérébral, Zulawski.

 

Dans Fight Club de David Fincher (1999) il s’agit pour le héros et narrateur, Edward Norton, de trouver une échappatoire à sa morne vie et de s’inventer un double plus combattif, plus intéressant aux yeux des autres. Même problématique pour Natalie Portman dans Black Swan. A noter qu’Edward Norton avait déjà tenté le jeu de la double personnalité dans Peur Primale aux côtés de Richard Gere. Un coup d’essai très réussi mais qui n’aboutit qu’à la même conclusion que dans Effets secondaires : c’est pas facile de jouer les dingues (oui, conclusion scientifique).

 

Dans Batman forever de Joel Schumacher, c’est le personnage d’Harvey Dent, ami et allié de Batman, qui figure l’ambivalence d’un personnage luttant entre le Bien et le Mal. Le précurseur d’un Dexter serial killer de serial killer ?

 

Dans Shelter de Mans Marlind et Bjorn Stein, Jonathan Rhys Meyer souffre de personnalités multiples induites par le Mal, oui, avec un grand M. On croit d’abord à une banale schizophrénie, mais il s’agit bien du Malin qui tente de survivre d’une âme à une autre en se réincarnant dans le corps de personnes assassinées. Flippant.

 

Métaphore ou réelle pathologie, la multiple personnalité inspire.

 

Mais attention…ça n’arrive pas qu’au cinéma…la frontière entre une personnalité manipulatrice consciente et un esprit malade est difficile à appréhender, même pour les médecins, et encore plus pour le commun des mortels. Alors c’est peut-être fascinant sur grand écran, mais c’est aussi sacrément dangereux dans la vraie vie. Il y a autour de nous des personnes qui jouent avec l’ambivalence et surtout avec nos sentiments. Méfiance. Ils sont capables du pire comme du meilleur, et mettent tellement de cœur dans le meilleur que nous leur pardonnons le pire ou préférons l’ignorer. Un piège affectif particulièrement vicieux.

 

 

 

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photos Toby Dixon



01/12/2015
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