les ailes du désir, les chroniques de Loly

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De l'art des belles choses

Curieuse et sensible à l’Art sous toutes ses formes, j’essaie de nourrir mon esprit et de combler l’appétit de mes sens qui aiment dévorer de belles choses. L’un de mes posts précédents vous recommandait l’exposition Camille Claudel (1864 – 1943), en ce moment au musée de la Piscine à Roubaix (59). Aujourd’hui j’aimerais vous parler d’une œuvre de cette artiste exceptionnelle, un bronze nommé « L’âge mûr », que l’on peut admirer lors de cette expo.

 

En réalité, cette œuvre, qu’on nomme également «La Destinée », « Le Chemin de la Vie » ou « La Fatalité », existe en deux versions, l’un en plâtre, l’autre en bronze.

 

Est-ce utile de rappeler le lien qui unissait Claudel à Rodin, cette passion dévorante, tumultueuse, qui a fait de Camille une artiste aussi passionnée que torturée ? C’est en 1895, après sa rupture avec Rodin, que Camille Claudel réalise « L’âge mûr » en plâtre, matériau alors peu coûteux, car Camille Claudel est sans le sou. C’est seulement 8 ans plus tard que l’œuvre sera fondue une première fois, puis une seconde fois, en 1913.

 

L’œuvre témoigne de la déchirure provoquée par l’abandon de Rodin qui la laisse à genoux. C’est d’ailleurs ainsi que Paul Claudel décrit sa sœur : « Ma sœur Camille, implorante, humiliée à genoux, cette superbe, cette orgueilleuse, et savez-vous ce qui s'arrache à elle, en ce moment même, sous vos yeux, c'est son âme ».

 

De toutes les œuvres de Claudel c’est celle qui  me touche le plus. Emotionnellement, admirer une œuvre d’Art est un moment très intense qui déclenche des émotions intimes, qui n’appartiennent qu’à soi. Je peux l’avouer, celle-ci a provoqué en moi une immense tristesse, un sentiment de désespoir lié à ma propre histoire. C’est parce que l’on sait à quel point l’attachement à la personne qu’on aime est profond, alors même que le lien qui nous unit, lui, est fragilisé par les aléas de la vie, que cette œuvre prend tout son sens. En m’approchant de ce bronze j’ai pu ressentir les vibrations de la matière sous les doigts inspirés de Camille, et tout le chagrin accumulé dans son cœur, exprimé ici avec ferveur. Ce n’était pas une émotion désagréable, au contraire. La douleur fait partie des émotions qui font de nous ce que nous sommes. On pourra retenir que Camille Claudel, submergée de souffrance, aura finie démente. Je préfère garder à l’esprit que sa folie lui aura permis d’atteindre une inspiration sans égal.

 

NB la plupart des œuvres majeures de Camille Claudel ont fait l'objet "d'essais" représentant des parties ou détails de l'œuvre finale (première diapo).

 



12/01/2015
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