Les chroniques de Loly

Les chroniques de Loly

Cinéma... Sans un bruit de John Krasinski

Avant-première de Sans un bruit, vendredi soir, au Kinepolis de Lomme (59). Je suis curieuse. Le film a reçu les louanges du tout Hollywood, et ça m’intrigue. Un film d’horreur, sérieusement ?

 

J’arrive dans la salle, plongée dans le noir où règne une ambiance adéquate : musique stressante et cette fille très étrange, bouche cousue sanguinolente, qui se balade dans les travées en nous intimant l’ordre de nous taire. Ça commence bien. Puis le quizz musical spécial films d’horreur. J’en trouve sept sur huit. Hum, je ne me savais pas si calée en tripes et monstres.

 

sans-un-bruit-photo-noah-jupe-john-krasinski-1013026.jpg

 

 

Mais parlons plutôt du film. Ou plutôt, non, ne parlons (surtout) pas. Le titre nous a déjà donné un indice important : nous serons immergés dans le silence, seule parade aux attaques d’immondes bestioles à l’ouïe particulièrement fine.

 

Mais…le silence, ça veut dire pas de dialogue ?

 

Evidemment non, puisque les scénaristes Scott Beck, Bryan Woods et John Krasinski ont trouvé une parade intéressante : les survivants dont nous suivons l’histoire ont l’avantage indéniable d’avoir une fille sourde et muette. Ils pratiquent donc tous la langue des signes et peuvent malgré tout communiquer entre eux. Cela peut paraître facile, mais cela permet de conserver une approche émotionnelle et affective au récit. J’en ai même pleuré, Si, si. D’ailleurs on n’oublie pas la petite histoire secondaire qui donne un sens à la suite de l'histoire. 

 

Dans un monde silencieux le moindre bruit qui, habituellement, nous paraîtrait normal, ici prend une dimension dramatique et provoque une horripilation immédiate. C’est une deuxième entourloupe des scénaristes, et elle fonctionne. En revanche on se serait volontiers de certains jumpscares inutiles qu’on attend dans Scream mais pas ici.

 

Enfin le troisième piège arrive et gâche un peu le film jusque là très bien maîtrisé. Si la famille Abbott pratique parfaitement l’art du camouflage sonore, imaginez qu’il y ait un nouvel élément, générateur de bruit, que l’on ne peut absolument pas maîtriser. Un bébé. Pas malin, quand on vit dans un monde apocalyptique. Pas très original non plus, pour un scénario. Dommage. Les nombreuses incohérences auraient sûrement pu être évitées (la scène du silo est ridicule) mais n’auraient pas donné lieu à de nouveaux rebondissements. La fin m’a semblé survenir trop facilement et clore l’histoire trop rapidement.  

 

Finalement, j’ai aimé ou pas ?

 

Oui. C’est un film efficace, et le thème est vraiment intéressant. Brillant parfois, mais pas tout à fait mature. Je suis restée sur ma faim. Je ne dirais pas que c’était beaucoup de bruit pour rien, mais je ne comprends pas l’encensement d’Hollywood pour ce film qui ne restera pas dans les mémoires ou alors seulement pour ses recettes qui dépassent déjà les 300 millions de dollars (mais je me trompe peut-être).

 

Loly 



28/05/2018
7 Poster un commentaire