Les chroniques de Loly

Les chroniques de Loly

50 nuances de responsabilité

Voilà, c’est le jour où je me fais plus d’ennemis que je ne m’en suis fait dans toute ma vie.

 

Cinquante nuances de Grey…THE best-seller de ces dernières années, LA référence à avoir si on veut être dans le coup, LE livre de chevet des 15/99 ans…mouais.

 

N’ayant aucune compétence en matière littéraire, je ne vais pas ici m’attacher à critiquer le style, mais plutôt le contenu.

 

Monsieur Christian Grey, donc, est un mâle « très beau » selon la description ô combien précise de la narratrice. Bien, bien. Mais à part être beau, que sait-il faire, ce Monsieur Grey ? C’est là que ça devient intéressant. A défaut de pouvoir lui prêter un physique plus précis, on sait en revanche lui attribuer des performances vraiment hors du commun. Oui, Christian Grey est un super homme et il peut avoir des super érections, plusieurs fois de suite, à seulement quelques minutes d’intervalle. Mais peut-être que je me trompe sur les capacités de Chéri.

 

Mademoiselle Steel, quant à elle, est une cruche américaine moyenne de 21 ans pas spécialement jolie mais surtout, vierge. Rien d’étonnant, elle fait donc partie des 20% d’Américaines qui choisissent, pour d’obscures raisons…autre chose (en fait je me demande quoi, c’est pour ça que je reste coite). Mais là où ça devient franchement drôle, c’est lorsqu’on apprend qu’Anastasia Steel a le vertige lorsque Grey lui prend la main, parce que personne ne la jamais prise par la main. Quand je vous dis que c’est une cruche. Oh mais il y a plus hilarant encore. Imaginez ! La petite Ana se sent toute émoustillée à l’idée d’utiliser la brosse à dents de Christian. Ouuuuuh la sale gamine. J’en ai des frissons tiens. Mais quelle audace. Bref. Ana Steel ne semble pas avoir un QI plus élevé que celui d’une poule, et encore, je pense qu’une poule aurait eu des doutes au moment où on lui demande son consentement écrit avant de pouvoir la toucher.

 

Allez, je me moque mais c’est gentil. J’ai toujours eu de l’admiration pour les personnes qui font naître quelque chose de leur imagination, et le quelque chose de E.L. James est une création que je ne saurais nier ; les 65 millions d’exemplaires vendus me cloueraient le bec sur le champ.

 

 Là où je vais être un peu plus sévère, c’est sur le thème de fond. Le SM. Qui semble être la seule alternative possible pour Christian Grey. Le pauvre.

 

 

On nous y présente le SM comme une pratique sexuelle certes inhabituelle mais glamour.  

 

Rappelons tout de même la définition du sadomasochisme : forme d'échange contractuel utilisant la douleur, la contraintel'humiliation ou la mise en scène de divers fantasmes dans un but érogène. Tout sauf glamour. On en parle, du marquis de Sade ?

 

Il me semble que de décrire le SM comme un comportement banal au cœur d’une relation amoureuse, dans un roman accessible aussi à des jeunes lecteurs (pardon, lectrices) n’est pas franchement responsable. Le SM est tout sauf banal. On veut nous faire croire en une belle alchimie entre amour et pratiques sexuelles sadomasochistes, c’est comme si on nous affirmait que les films pornos sont l’exact reflet de la réalité. Non ! Ne banalisons pas la violence dans une relation de couple. La pratiquer entre adultes consentants n’a rien de choquant, mais ça n’a rien d’ordinaire ! Quelle image va-t-on donner à nos enfants de la sexualité et de l’amour ?

 

Ah oui, juste pour info parce que c’est plutôt drôle, au Royaune-Uni on a noté une hausse significative des « incidents » liés aux pratiques sexuelles inspirées du roman, ainsi qu’une augmentation des IST…pas très responsable tout ça.

 

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19/01/2015
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