les ailes du désir, les chroniques de Loly

les ailes du désir, les chroniques de Loly

Zoom sur... Jean-Louis Fournier

Voilà je me lance dans l’article casse-gueule par excellence.

Pourquoi ?

Parce que Jean-Louis Fournier est loin d’être un auteur banal et à la portée de tout le monde (hélas).

 

Fournier_Jean-Louis par  Emmanuelle Hauguel 2008 3.jpg

 

 

Né à Calais en 1938, Jean-Louis Fournier vient de publier sa 31ème œuvre, intitulée « ma mère du Nord », récit hommage à sa mère. Essais, manuels de grammaire, romans, recueil de nouvelles, albums jeunesse…Jean-Louis Fournier a touché à tout. Parce qu’il n’a pas su trouvé sa voie ou parce qu’il est un éternel curieux, peu importe, le fait est qu’il laisse une empreinte marquée au fer rouge partout où il passe. Il est aussi humoriste et cinéaste. 

 

« Quand on pense que c’est le même type qui a créé la rose et le virus de la peste, il est un peu bizarre quand même… »

 

C’est sa façon à lui de parler de Dieu, lui qui a été élevé par une mère catholique que la vie n’a pas épargnée, tombée amoureuse très jeune d’un médecin, si généreux qu’il ne faisait pas payer ses patients, l’obligeant par la même occasion à travailler pour faire vivre ses quatre enfants. Un père qu’il décrit comme un homme brillant, mais ravagé par une maladie terrifiante : l’alcoolisme.

 

« La vie est difficile, ponctuée parfois de grands malheurs, mais aussi de petits bonheurs qu’on ne voit pas. »

 

Lui non plus n’a pas été épargné. Père de deux enfants lourdement handicapés, il raconte la vie quotidienne avec eux dans « Où on va, Papa ? » (prix Femina 2008), récit très critiqué qui a incité son ex épouse à une réponse via un site web. Je n’ai pas d’avis à émettre à ce sujet, car j’imagine à quel point une maman peut être prise aux tripes lorsqu’on évoque ses enfants comme des « boulets dont le passage sur Terre n’aura servi à rien ». On comprend bien qu’il s’agit là d’un récit au 37ème degré. Derrière les mots, parfois violents, la vie dans ce qu’elle a de plus insupportable. Oui Jean-Louis Fournier a la plume féroce, crue et sans maquillage, parce que la vie, la société, le monde sont féroces et sans pitié.  Mais s’il se permet la moquerie, c’est parce qu’il y a derrière un amour monstrueux pour ses enfants et un grand respect pour la vie, même quand elle est compliquée.

 

« Ce sont les artistes qui font l’Humanité. Pardon s’il y a des ingénieurs dans la salle, mais j’en sacrifierais bien quelques uns pour mettre des musiciens à la place. »

 

Evidemment qu’il est humain. Profondément. Viscéralement. Jean-Louis Fournier vit bien ancré dans le présent, sans s’attarder sur le passé, avec la technologie, parce qu’elle permet de vivre mieux qu’avant. Mais il le dit, l’Humanité ne se construit pas seulement que sur les progrès technologiques, mais aussi grâce à l’Art, parce qu’il permet d’exprimer les sentiments, de créer des émotions, un peu comme un monde sensitif parallèle.

 

« Ceux qui ont la chance d’écrire empêchent les gens de mourir. Le livre, c’est une résurrection. En écrivant j’ai fait ressusciter mon père, mes enfants… ».

 

Ceux qui ont la chance de lire Jean-Louis Fournier entre les lignes savent à quel point ce type est brillant, de bien des manières.

 

 



14/03/2016
2 Poster un commentaire