les ailes du désir, les chroniques de Loly

les ailes du désir, les chroniques de Loly

Zoom sur... Fabio M. Mitchelli

C’est la lecture d’Edgar Allan Poe qui a déclenché sa passion pour l’écriture. Fabio M. Mitchelli, auteur de nouvelles, romans et thrillers, puise son inspiration dans la littérature noire de Dantec, Jean-Christophe Grangé ou Stephen King, mais aussi dans le cinéma de Lynch ou Cronenberg, figures du 7e Art aussi torturées que géniales.

 

Aujourd’hui l’auteur se consacre à l’écriture de romans psychologiques inspirés de faits réels. De quoi passer quelques nuits blanches encastrées dans le canapé. Surtout ne pas éteindre la lumière. 

 

 

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BIBLIOGRAPHIE

 

  • La verticale du fou, éditions Ex Æquo, décembre 2010 classé dans le top 3 des romans les plus téléchargés sur le territoire français en 2011
  • Tueurs au sommet, éditions Ex Æquo, mars 2011 
  • À la verticale des enfers, éditions Ex Æquo, octobre 2011 
  • La verticale du mal - le dernier festin, éditions Ex Æquo, octobre 2012 
  • Le cercle du chaos, éditions Ex Æquo, février 2013 Prix Spécial Dora Suarez en 2013
  • La compassion du diable (librement inspiré de la vie de Jeffrey Dahmer), éditions Fleur Sauvage, octobre 2014 
  • La compassion du diable réédition de poche, éditions Milady, mars 2016 Prix du polar Dora-Suarez 2015
  • Une forêt obscure (librement inspiré du meurtre commis par Luka Rocco Magnotta et des crimes de Robert Hansen), éditions Robert Laffont collection "La bête noire", septembre 2016 

 

MON AVIS SUR LA COMPASSION DU DIABLE

Fabio M. Mitchelli nous embarque dans un gore-trip qui n'est pas sans rappeler (allons, Loly, tu détestes les comparaisons !) la terrifiante dérive du héros de Mauvaise étoile de RJ Ellory. La comparaison s'arrête là car le style est très différent.

 

Nerveux, notamment dans la construction, avec des chapitres courts, comme des sauts dans l'horreur avant même qu'on ait pu reprendre son souffle, et même si l'écriture est fluide, les mots n'en sont pas moins crus et d'une extrême violence. La narration à deux voix est très intéressante, intrusive, délivrant juste ce qu'il faut d'indices pour la suite. 

 

J'avoue avoir ressenti un certain malaise, parfois, comme j'ai pu ressentir à la lecture d'un Chattam (toujours pas remise de la conjuration primitive), mais au final, en grande perverse que je suis, je n'ai pas réussi à lâcher l'histoire jusqu'au dénouement, quitte à rester incrustée dans le canapé toute la nuit. J'ai même ressenti une drôle de fascination pour Blake (quand je vous dis que je suis perverse), autant que du dégoût, bref, on peut dire que Mitchelli a gagné ses galons d'auteur psycho-bizarre (terme technique).

 

Pour résumer, c'est noir, très noir. Malaisant. Terrifiant. Implacable. Et terriblement addictif.

 

 

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Fabio M. Mitchelli s'est prêté au jeu de l'interview, et je n'ai même pas eu besoin de le menacer, c'est dire si l'on se trompe quand on pense qu'un auteur de thriller est forcément bizarre...

  

Ma première question portera sur votre look, comme ça, ce sera fait : incroyable de penser qu’un célèbre acteur américain vous ait copié ainsi ! Avez-vous pensé à intenter un procès contre lui ? 

 

Non, pas de procès envers mon pirate préféré ! Et puis si j'avais dû le faire, j'aurais dû le faire voilà 25 ans, puisque cette comparaison date depuis mes 18 ans. Et puis, j'ai 10 ans de moins que lui... j'ai du respect pour les anciens !  Cela étant, j'aime beaucoup cet acteur, justement pour cette façon bien à lui de casser les codes, et cet anticonformisme évident.

 

Plus sérieusement, lorsque vous écrivez, vous vous placez émotionnellement plutôt du côté du tueur ou de la victime ? 

 

Des deux! Je n'irai pas jusqu'à dire que j'ai de l'empathie pour les criminels, mais justement, si j'écris beaucoup sur les tueurs en série, c'est parce que leur mécanique psychologique m'intéresse, j'aime essayer de comprendre, j'aime découvrir comment ils ont vécu, comment ils ont grandi, dans quel environnement, et surtout comment. Alors émotionnellement, je me place des deux côtés, mais évidemment pas de la même façon, pas avec le même attrait.

 

Y a-t-il une musique, une ambiance particulière qui vous accompagne ?

 

Toujours! La musique est omniprésente dans mes travaux d'écriture. Cependant, je n'écoute pas U2, les Stones ou diverses guitares saturées quand j'écris. Je préfère de loin la musique atmosphérique, comme celle du compositeur islandais Olafur Arnalds, ou encore le compositeur espagnol Roque Banõs. Cela me permet de dérouler les scènes comme de veritables petites séquences de cinéma, dans lesquelles j'y introduis à mesure mes personnages. En fonction des morceaux, j'élabore aussi le ton des séquences.

 

Vous vous inspirez de faits réels, de l’histoire de quelques sympathiques tueurs (Jeffrey Dahmer, Luka Magnotta). Parce que c’est une base d’écriture solide ou parce que vous vous intéressez aux déviances du genre humain ?

 

Je pense avoir déjà répondu dans la réponse à la question 2. Mais c'est aussi parce que c'est une base solide d'écriture. Certains se plaignent du nombre de thrillers consacrés aux tueurs en série. Je suis en partie d'accord, mais si l'angle d'attaque et le point de vue sont traités de façon inédite, il peut en résulter de belles choses. J'entends par là que, comme tout bon polar qui se respecte, dans lequel l'on va y trouver un drame social, familial,  ou une dimension politique, dans le thriller le sujet du tueur en série reste lui aussi social. Il n'est pas que médical, il est environnemental, ancré dans nos sociétés depuis toujours. Il n'y a pas que le sang que fait couler le tueur qui fait frissonner, il y a aussi sa façon de penser et d'agir. Et c'est ça, qui est terrifiant.

 

En 1996, Dans "Les racines du Mal", Dantec a écrit: "L'apparition des meurtriers en série est en effet inséparable de la naissance de la civilisation des loisirs. Et ce, pour une raison bien simple : il faut du temps pour tuer. Et surtout il ne fait rien avoir de mieux à faire..."

 

Cette réflexion fait tout de même écho à notre temps. Ce qui me permet de penser que c'est bien nous qui créons nos monstres...

 

L’un de vos romans, La Compassion du Diable, a initialement été publié aux éditions Fleur Sauvage, une maison reconnue et pourtant en grande difficulté. Une campagne de financement participatif a  même été lancée sur le site Ulule pour sauver les éditions Fleur Sauvage. Comment voyez-vous l’avenir de l’édition en France, et du coup, des auteurs ? N’y a-t-il plus de place que pour les grandes maisons d’édition ? 

 

Je ne m'étendrai pas sur ce sujet. Je crois juste à une seule chose: le travail. Et le travail bien fait. Et, à mon sens, il n'y a de place que pour ceux qui sont honnêtes et fournissent un labeur de qualité. Ceux-là, n'ont aucune raison de disparaître, ou de faire disparaître les autres...

 

Je vous ai rencontré au salon du polar de Noeux-les-Mines (59). Vous semblez très à l’aise lorsqu’il s’agit d’échanger avec vos lecteurs. Leurs retours sont-ils importants pour vous ? Je suis sûre que vous allez me dire oui, mais dans quelle mesure peuvent-ils vous aider, vous amener à changer quelque chose ?

 

L'échange avec les lecteurs est très important pour moi, j'aimerais d'ailleurs avoir plus de temps pour faire plus de salons encore et rencontrer davantage de lecteurs. C'est aussi la raison pour laquelle je suis très présent et actif sur les réseaux sociaux. Les retours de lecteurs sont très importants pour l'écrivain, dans la mesure où le lecteur se montre sincère. C'est à dire qu'il exprime ses émotions ressenties lors de la lecture de l'ouvrage, et non pas la manière dont lui, il aurait construit le roman pour se faire plaisir. Ce qui est important pour l'auteur, c'est que le lecteur explique sincèrement ce qu'il a aimé, ce qu'il a moins aimé, ce qu'il a carrément détesté... Certains adorent mes histoires, d'autres les détestent, pour diverses raisons: le contexte, le style, les personnages... et c'est ça qui est génial! Car l'Art, c'est ça; provoquer des émotions. Et la littérature c'est comme le cinéma ou la musique: on peut pleurer, rire, aimer, détester, être choqué, dégoûté, avoir la nausée, bref; être bouleversé. 

 

Voilà. J'aimerais ajouter que l'on se retrouve à l'automne pour mon prochain thriller, qui paraîtra toujours chez Robert Laffont, dans la collection "La Bête Noire", et qu'il s'agira de la suite de "Une forêt obscure". Les lecteurs retrouveront Louise Beaulieu, Carrie Callan, et notre terrifiant Daniel Singleton...

Merci à toi, chère Loly !
Fabio

 

Merci à vous, Fabio, de m'avoir accordé votre temps !   

 

 

Pour Retrouver toute l’actu de Fabio M. Mitchelli, c’est par ici :

 

mail: fm.mitchelli@orange.fr/ blog: fmmitchelli.wix.com/mitchelli
agenda: fmmitchelli.wix.com/agenda

 

 

 

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Aux Editions Robert Laffont- La Bête Noire © le 15 septembre.
[Une forêt obscure- Fabio M.Mitchelli ©]

 

 



06/06/2017
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