les ailes du désir, les chroniques de Loly

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Se sortir de la dépression...

AVERTISSEMENT - Ce post traite de la dépression de façon commune, sensitive et émotionnelle, mais en aucun cas d'un point de vue médical. Les "aides" décrites ci-dessous ne dispensent pas d'un traitement établi par un professionnel.

 

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La dépression (également appelée dépression caractérisée, dépression clinique ou dépression majeure) est un trouble mental caractérisé par des épisodes de baisse d'humeur (tristesse) accompagnée d'une faible estime de soie et d'une perte de plaisir ou d'intérêt dans des activités habituellement ressenties comme agréables par l'individu (déf. Wikipédia).

 

 

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Ça c’est la version médicale vulgaire. Mais concrètement, pour ceux qui la vivent et en termes communs, c’est quoi la dépression ?

 

D’abord la fatigue. Et elle s’insinue partout. Dans le corps, dans l’esprit, dans l’intellect. On se sent incapable de faire, de penser, d’agir. La perte d’appétit affaiblit d’autant plus l’organisme. L’absence de plaisir (en règle général, je parle de loisirs, de moments passés avec des amis, comme de désir) augmente la lassitude et la fatigue. Tout devient compliqué. Se lever. Aller travailler. Se concentrer. Et dès qu’un obstacle se dresse sur la route, il parait insurmontable.

 

On est submergé par tant d’émotions à la fois qu’on est incapable de faire le tri, alors le raz de marée qui sévit à l’intérieur de nous détruit tout sur son passage. Chaque émotion, embarquée par les flots qui ne cessent d’augmenter, mêlée à d’autres et devenue difficile à séparer et donc à identifier, devient tellement aigüe qu’elle fait mal. Du coup on préfèrerait de plus rien ressentir du tout et à ce jeu là, le cœur a vite fait de savoir se protéger. Pleurer est une défense naturelle. Et les glandes lacrymales peuvent sécréter des larmes à l’infini s’il le faut.

 

On cesse de voir ses amis, on cesse de sortir, et puis un jour on cesse même de se regarder le miroir. Manquerait plus qu’un reflet soit suffisamment audacieux pour nous montrer tel qu’on est. D’ailleurs pourquoi se maquiller quand on ne sort pas ? Pourquoi se coiffer ? Pourquoi s’habiller ? On cesse de prendre soin de soi en se disant que, de toute façon, on a personne à qui plaire. Si. A nous même. La perte de l’estime de soi est le cercle le plus vicieux qui soit.

La dépression, c’est une maladie silencieuse. Elle n’est déjà pas visible aux yeux de l’entourage, mais elle ne l’est pas toujours non plus pour celui qui la subit, alors la première étape pour s’en sortir, c’est déjà de l’identifier et de l’accepter (en opposition au déni, pas une résignation).

 

Après, il n’y a pas de recette miracle, hélas, car la guérison – au-delà des traitements médicamenteux et d’une thérapie cognito-comportementale qui s’avèrent nécessaires – est totalement personnelle et ne dépend quasiment que de la volonté. On est toujours seul face à ses émotions et à ce qu’elles déclenchent. Lorsque ça déborde, on est toujours seul à savoir comment les contenir (mais le savoir ne permet pas toujours de les maîtriser).

 

Mais il y a aujourd’hui diverses thérapies douces qui peuvent être utilisées en complément du traitement.

 

 

Les méthodes douces

 

La  sophrologie peut aider à la relaxation et retrouver l’estime de soi en faisant prendre conscience de la place que s’est auto-attribuée le patient qui, souvent, sous-estime ses compétences et ses qualités.

 

La luminothérapie agit sur la sécrétion de sérotonine, neurotransmetteur du système nerveux central qui agit sur l’humeur, le sommeil et le plaisir.

 

Les groupes de paroles semblent être un peu démodés en France, et pourtant exprimer ses émotions, ses doutes, ses peurs, à de parfaits inconnus est souvent libérateur et permettent de rompre la solitude et le sentiment d’être seul à sublir la maladie.

 

L’écriture, il fallait bien que j’en parle, est un excellent moyen de matérialiser ses émotions. Les exprimer oralement c’est déjà très bien, mais les coucher sur papier permet de leur donner forme, puis d’en disposer : une émotion jugée négative pourra ainsi être déchirée, chiffonnée ou même brûlée. Cela reste très symbolique, mais c’est un symbole fort et qui reste en mémoire pour longtemps car le sentiment de libération qui suit est intense.

 

L’Art en général permet d’exprimer son mal-être, à condition d’avoir la force de s’y mettre. On se souvient des Tirs de Nikki de Saint Phalle, véritable matérialisation de sa violence intérieure et de sa phobie de la mort.

 

L’alimentation a aussi un rôle à jouer dans votre parcours anti-dépression ! On connait tous les bienfaits du chocolat, réputé pour être l’aliment anti-dépresseur par excellence, mais pensez aussi au calcium, au sélénium et aux omega 3 (oui c’est moins appétissant comme ça) !

 

 

Et moi je fais quoi ?

 

C’est le moment de penser à soi avant de penser aux autres, même si ce n’est pas dans vos habitudes ! Vous ne pourrez vous occuper de votre famille ou de vos amis que si vous êtes en forme et bien dans votre tête, et ça n’a rien d’égoïste de prendre du temps pour soi pour se reconstruire.

 

S’appuyer sur ses proches c’est indispensable ! S’ils vous demandent des nouvelles et vous disent qu’ils souhaitent vous aider, cessez de penser que vous les embêtez avec vos problèmes et acceptez leur aide ! Même s’ils ne ressentent pas la même chose que vous, leur présence est réconfortante et il suffit simplement de savoir qu’ils sont là en cas de besoin.  Mais attention, ils ne sont pas thérapeuthes, d’ailleurs quand ils disent vouloir vous aider, c’est en sortant, en allant déjeuner, faire du sport, aller au ciné, pas en improvisant une séance sur canapé !

 

Soyez tolérant avec vous-même ! Evidemment qu’on n’est pas des super héros, et alors ? Qui nous le demande si ce n’est nous-même ? Peut-être qu’il est temps d’être moins exigeant et plus tolérant face à nos faiblesse, et de les accepter comme faisant partie de nous et de notre histoire. L’important n’est pas d’accomplir des choses extraordinaires mais d’apporter sa contribution à l’édifice de la vie. Demandez donc à vos proches de vous décrire en quelques mots, vous serez surpris d’apprendre ce qu’ils pensent de vous et de constater qu’ils vous attribuent des qualités auxquelles vous n’auriez jamais pensé. Souvent l’entourage est plus lucide que nous sur nos qualités et défauts.

 

Et s’il le faut, passez-vous en boucle la pub débile pour une agence de location de voiture qui vous hurle que vous êtes « une nana qui déchire » ou « le patron » ! La méthode Coué ça marche aussi.



13/06/2016
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