les ailes du désir, les chroniques de Loly

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Pourquoi je soutiens l'autoédition

La question peut paraitre stupide, étant donné que je suis moi-même autoéditée.

 

Retour sur ma propre expérience 

J’ai commencé à écrire il y a fort fort longtemps. Tout et n’importe quoi, et surtout n’importe comment. De morceaux de papier en carnets intimes, j’avais besoin d’écrire mes pensées, mes émotions, et tout ce qui ne s’exprimait pas autrement. Il faut dire que je ne suis pas très expansive, d’ailleurs, si j’ai noirci des tonnes de papier, il n’était pas question de les faire lire à qui que ce soit. Mais l’écolo que je suis s’est rendu compte un jour, qu’elle massacrait des arbres innocents pour rien. Je plaisante. C’est ma meilleure amie qui a fini par me décider à lui faire lire mes écrits et m’a enchaînée à une chaise en me faisant écouter du death metal jusqu’à ce que je la supplie d’arrêter. En contrepartie elle m’a obligée à lire un article sur l’autoédition et le site the book edition.

 

Aucun investissement. C’est exactement ce qu’il me fallait. Pas de suspens interminable non plus, dans l’attente d’une réponse du comité éditorial, les manuscrits sont publiés dans les heures qui suivent leur envoi, sans aucune sélection. C’était parfait. J’ai donc tenté l’aventure.

 

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Premiers pas

Le credo de the book edition, c’est plus le livre broché que la version numérique. A part des formats d’impression téléchargeables, l’auteur ne trouve pas beaucoup d’aide pour la mise en page de son œuvre et fait exactement ce qu’il veut. Et s’il ne prend pas la peine de naviguer sur le blog ou la FAQ, aïe aïe aïe… pas si évident de penser aux pages de garde, à la numérotation des pages, aux mentions etc quand c’est la première fois !

 

Le principe de l’autoédition, c’est que le livre papier est imprimé à la demande. De ce fait, les coûts de revient sont forcément plus élevés que lors d’une impression de plusieurs ex. Mais pour moi qui écris des récits assez courts, la version papier atteignait facilement les 8 à 10 euros (la marge minimum étant de 1 euro). Même la version numérique (en pdf) atteignait les 5/6 euros. De quoi freiner les lecteurs. Pour tout vous dire, même moi j’hésitais à commander mes propres livres au prix de revient… pas terrible quand on veut vérifier la qualité d’impression et de mise en page. Dans mes errances sur la toile, je me suis vite rendue compte qu’ailleurs, on achetait un ebook pour moins d’1 euro…

 

Premier point noir donc, en autoédition, on est totalement livré à soi même.

 

 

Opération marketing direct

Mon premier roman publié, il m’a fallu penser à une vaste opération marketing pour en faire la promo. C’est l’autre point noir de l’autoédition, la promo. C’est encore plus compliqué quand on décide, comme moi, de publier sous pseudo, sans le dire à sa famille, ni à ses collègues, juste à ses amis très proches. Une fois ce cercle restreint de proches, qui, il faut bien le dire, achètent vos œuvres pour vous faire plaisir, reste les réseaux sociaux pour espérer diffuser l’incroyable information.

 

 

Bienvenue dans le chaos

Les réseaux sociaux sont une mine d’or pour les personnes qui souhaitent promouvoir leur activité, quelle qu’elle soit. Jusqu’à ce qu’on se rende compte qu’on n’est pas seul au monde… et qu’on est même très, très, trop nombreux à faire la même chose. Se démarquer alors, devient indispensable. Blog lié, liens vers les œuvres, rappels réguliers mais pas harceleurs, captures des commentaires des acheteurs…et beaucoup, beaucoup de patience et de persévérance puisqu’évidemment, tout le monde fait ça.

 

 

Pour résumer…

A me lire, on pourrait croire que pour moi l’autoédition est un vrai cauchemar !

 

Soyons francs, et résumons les paragraphes précédents : la promo est compliquée, mais c’est normal lorsqu’on ne souhaite pas investir un minimum. Les autoédités, tout comme les lecteurs, se retrouvent noyés parmi des kyrielles d’auteurs.  N’ayant aucune aide sur la forme, encore moins sur le fond, les auteurs font ce qu’ils veulent. Résultat, on trouve tout et n’importe quoi. Erreurs de mise en page, fautes de frappe, fautes d’orthographe…et ce n’est qu’un moindre mal. Il y a aussi les auteurs qui se prennent pour ce qu’ils ne sont pas, des récits puissamment soporifiques, voire totalement incohérents…

 

Mais si je suis encore là, fantôme d’Amazon, à hanter twitter, c’est parce que j’ai fait le deuil de mes propres ambitions et trouvé une compensation à cela : puisqu’il y a des milliers d’auteurs autoédités, il y a forcément de jolies choses à découvrir…

 

 

A la découverte des autoédités

J’avais déjà perdu quelques morceaux de mon cœur dans le tout petit roman de Quentin Delcroix, Ma femme m’appelle Chéri, véritable petit concentré de tendresse, d’amour et d’espoir. Comme moi, Quentin Delcroix a choisi la plateforme the book edition pour publier son livre, mais je ne désespère pas de le convaincre de rejoindre Amazon pour capter plus de lecteurs en version numérique.

 

Ensuite mon cœur a littéralement fondu pour une jeune fille, Manon Lartigue, qui, avec beaucoup de courage et d’humilité, a souhaité raconter son histoire, celle d’une adolescente qui a vécu le cauchemar du harcèlement.  Son roman Noir Désir a malheureusement disparu depuis, car elle a finalement préféré se reconstruire auprès des ses proches plus discrètement et aussi plus sereinement. Pour ceux qui l’ont brièvement connue, sachez que la naissance de son livre ne sera pas le seul heureux événement de cette année…

 

Puis, attirée par les commentaires sur Twitter, j’ai lu Sun Bartas, journaliste mode d’emploi de Sophia Laurent, que j’ai trouvé drôle et rafraichissant, avec un personnage tout de suite attachant, un peu décalé comme j’aime. Il me semble que Sophia Laurent fait une belle carrière avec son roman Ruines, que j’ai hâte de découvrir.

 

Encore plus intriguée par les commentaires, parfois un peu farfelus voire carrément incompréhensibles sur l’auteur Sam Carda, je me suis laissée tentée par Melissa, qui, j’avoue, m’a laissée perplexe. Il y a un tel enchainement de rebondissements dans ce roman que je propose que Sam Carda intègre l’équipe de scénaristes des Experts. Mais quelle imagination !

 

Puis j’ai eu la chance de gagner un exemplaire du roman d’Elsa Gallahan A l’ombre de ton âme, sur lequel j’ai déjà écrit un article (voir post précédent).

 

Depuis j’ai également découvert la plume de Flo Renard avec son excellent Marathon Men, qui me donne très envie de lire Aux petites heures de la nuit car je sens que l’écriture est délicate, même sur des sujets graves.

 

Il y en a sûrement que j’oublie, qu’on me pardonne de ne pas avoir assez de temps pour tout lire !

 

Je vous vois venir…bien sûr que j’ai découvert ces auteurs via les réseaux. Bien sûr que la promo, les ventes, les achats, les commentaires se font via les réseaux. Mais n’y voyez pas qu’un petit cercle bienveillant d’auteurs qui se donnent un coup de main juste entre eux. C’est un support, pas une fin.

 

Ce n’est pas parce que les maisons d’édition ne s’intéressent pas à eux qu’ils n’ont pas de talent ! Inversement, être édité par une grande maison d’édition n’est pas la garantie d’être un génie…

 

Nous pourrions faire le parallèle avec la téléréalité. Aujourd’hui plusieurs chaines nous submergent d‘émissions qui consistent à découvrir de nouveaux talents de la chanson. On sait tous que ces émissions sont dirigées par des objectifs de ventes. Est-ce que pour autant certains talents découverts lors de ces télécrochets (souvent les « perdants ») ne sont pas valables ? Devrait-on les considérer comme moins bons parce qu’ils ont été révélés par un autre biais que la diffusion classique des maisons de disques ? A contrario certains artistes vendent des millions de disques sans avoir jamais appris la musique… C’est la loi du marketing, mais ça ne veut pas dire que ça soit la meilleure.

 

Je reste persuadée qu’il y a de très belles plumes autoéditées à découvrir.

 

C’est pour ça qu’il faut soutenir le mouvement #JeudiAutoEdition ! Pour que les autoédités dépassent les frontières des réseaux sociaux et que les lecteurs finissent par oser prendre ce risque, pas si onéreux en plus (on trouve beaucoup d’œuvres à 0.99 € !), d’aller voir ailleurs que dans les librairies classiques.

 

Et puis nous n’avons pas tous le fantasme de devenir le futur Musso, alors pourquoi ne pas donner une chance à celles et ceux qui veulent tout simplement partager leur passion, sans prétention littéraire, en toute simplicité et dans le seul but de faire plaisir ?

 

 

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11/04/2016
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