les ailes du désir, les chroniques de Loly

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Cinéma : Split de M. Night Shyamalan

 

Je déconseille à ceux qui souhaitent aller voir Split de lire cette chronique [SPOIL]

 

 

 

Le thème des personnalités multiples m’a toujours fascinée, aussi je me suis ruée vers la salle obscure la plus proche pour y voir SPLIT, le dernier long métrage de M. Night Shyamalan, maître es supense pour les uns, grand  arnaqueur pour les autres.

 

On a souvent reproché au réalisateur , notamment dans Signes, ou le Village, de jouer avec les nerfs du spectateur pour pas grand-chose car la chute n’était pas à la hauteur de l’attente. Ici il nous plonge dès les premières minutes dans un thriller accablant alors la chute, on s’en fiche un peu, finalement.

 

D’abord, c’est quoi le trouble dissociatif de l’identité (TDI) ?

 

C’est un trouble mental qui fait surgir au minimum deux personnalités qui prennent tour à tour le contrôle du comportement de l'individu, provoquant une perte de mémoire temporaire de la personnalité principale. Pour les psychiatres, il s’agit d’un mécanisme de défense que le cerveau met en place lors d’un traumatisme : en fractionnant son être, un individu est capable de faire ressortir une personnalité qui, elle, pourra surmonter ou combattre le trauma en question.

 

Le cas le plus connu est celui de Billy Milligan, dont les crimes ont défrayé la chronique aux Etats-Unis dans les années 70. Arrêté en 1975 pour de nombreux viols, il a été jugé irresponsable de ses actes après que les psychiatres aient confirmé un trouble dissociatif de la personnalité. Il en aurait développé vingt-quatre…

 

Le TDI au cinéma

 

Les troubles de la personnalité ont déjà été explorés dans de nombreux films, tels que Le Silence des ombres avec l’excellente Julianne Moore, Fight Club ou Peur primale, mais aucun n’avait jusque là osé developper autant de personnalités différentes, puisque le personnage interprété par James Mac Avoy, Kevin, n’en a pas moins de… vingt-quatre, tiens donc. Nous ne les verrons pas toutes, mais au moins six, et il faut bien avouer que le succès du film est aussi porté par une interprétation hors norme. Jouer autant de personnages aurait vite pu tourner à la caricature grotesque, sauf que Mac Avoy le fait tout en retenue, avec juste assez de subtilité pour que l’on se demande, le temps que le cœur fasse un léger dératé, lequel est-ce ?

 

Ce que j’ai aimé dans Split

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On ne nous laisse pas sans explication. Le.s comportement.s du personnage sont étayés par l’analyse succinte mais parfaitement claire d’une psychiatre. Pas de bla bla médico-chiant, mais des éclaircissements sur la fracture de l’âme dont souffre Kevin (et il n’est pas le seul, mais chut).

 

James Mac Avoy est magistral, mais Anya Taylor-Joy, qui campe Casey, une jeune fille taciturne et solitaire, l’est tout autant avec ses grands yeux de biche traquée (je sais, c’était facile). A eux deux ils forment un duo infernal intense, on aurait presque pu se passer des autres.

 

Le scénario est bien construit, avec juste ce qu’il faut de flashbacks pour éclairer notre lanterne dans cet univers glauque et obscur qu’est le cerveau et ses possibilités. J’ai tout de même capté une incohérence, mais j’ai une personnalité qui s’appelle le Traqueur. Beaucoup ont regretté de ne pas avoir compris la fin (la scène dans la cage). Je suis perplexe, pour moi elle est on ne peut plus claire.

 

Les thèmes implicites, justement, sont vraiment intéressants :  d’abord il y a cette théorie qui suggère que les personnalités multiples puissent développer des talents mais aussi des caractéristiques physiques différentes et distinctes, théorie jamais vérifiée scientifiquement mais tout à fait fascinante.

Ensuite il y a le parallèle fait entre Kevin et Casey, deux êtres qui, chacun à leur manière, ont fait en sorte de supporter l’insupportable. On se doute très rapidement que la jeune Casey a quelque chose de particulier et que cette caractéristique en fait une survivante, mais le point d’ancrage entre les deux personnages n’est révélé que tardivement, c’est assez brillant.

 

L’atmosphère du film, portée par un montage nerveux, ressemble à ce que l’on connait déjà du réalisateur. C’est pesant, et ça colle parfaitement à l’image de la personnalité principale de Kevin étouffée par les autres. Une prison dans une prison, en quelque sorte.  

 

Ma note : ce sera 5 étoiles pour moi ! N'étant pas une experte cinéphile, je me suis juste laissée porter par le film et j'ai adoré ça.  

 

Loly 

 

 



06/03/2017
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