les ailes du désir, les chroniques de Loly

les ailes du désir, les chroniques de Loly

Chauffe Marcel, Boulevard des Airs est là !

Vendredi dernier Boulevard des Airs étaient à Oignies (59).

 

A l’extérieur, malgré un site exceptionnel classé au patrimoine mondial de l’UNESCO (la fosse 9-9bis), ambiance morne de rigueur. Les fans qui se croisent à l’entrée se jaugent, évitent soigneusement de se dire bonjour, on ne sait jamais ce qui peut arriver, se bousculent dès que les vigiles se pointent et tant pis si on écrase un pied et qu’on passe devant la fille qui attendait depuis plus longtemps. Une file d’attente habituelle, en somme, mal élevée et peu sympathique. Mais je suis peut-être une vieille conne, qui sait ?

 

A l’intérieur heureusement, une fois qu’on tourne le dos à ce public malotru, parce qu’on a le premier rang, évidemment, on est vite plongés dans une toute autre ambiance lorsque quatre drôles de types aux coupes de cheveux exécutées par un coiffeur bourré investissent la scène. Hum, étrange. On dirait des marins échappés d’un vieux raffiot, costume de scène adéquat, le Marcel dans tous ses états.  Ils se nomment LES TROIS COUPS . C’est eux qui le disent, mais ils sont quatre, ça ne doit donc pas faire référence à une compétence particulière.

 

Et là on prend une claque. Non seulement ils chantent – et bien – mais en plus ils racontent des histoires. Des récits drôles, durs et tendres à la fois. Des textes hâchés à la serpette empreints d’un humour qui fait du bien au moral. Ah les célérats ! De la chanson française réaliste. Ils nous embarquent aussitôt dans leur univers déjanté quand soudain, illumination, on comprend ce que sont LES TROIS COUPS. Mélant chanson et théâtre, ces gars sont des conteurs modernes. Une bien belle découverte que ces (en)chanteurs là.

 

https://lestroiscoups.bandcamp.com/ 

 

 

Place aux Tarbais bondissants, et ils ont eu la bonne idée d’apporter le soleil avec eux. Ils ont une joie de vivre extraordinaire et ils la transmettent. Dans leurs rythmes cuivrés qui sentent bon le Sud-Ouest se cachent de jolis textes, parfois engagés, parfois juste beaux de poésie et de tendresse. L’intelligence du groupe sur scène, c’est de savoir mêler les cuivres, qui n’ont pas toujours bonne presse dans nos contrées du Nord, le Français, l’Espagnol, un rythme plus électro, une guitare romantique, un engagement politique à peine dissimulé, un gimmick qui nous restera en tête toute la nuit, le tout porté par des voix très différentes et complémentaires.

 

On ne s’ennuie pas avec Boulevard des Airs, inutile d’essayer de se planquer derrière le grand, là, au premier rang, de toute façon la contagion est déjà en cours. Saut imminent dans le lâcher prise. Sylvain Duthu le fait remarquer, BDA c’est la mixité. Dans la salle il y a des très vieux, des vieux, des normaux comme eux, des enfants. Petit moment de flottement quand il encourage chaque catégorie à entonner un refrain. Coup d’œil  circulaire dans la salle, certains se demandent comme moi « on fait partie des vieux ou des normaux comme eux ? ». Allez, on ne leur veut pas, dans ces moments là on a tous quinze ans et même les prothèses de hanche sautent à l’unisson.

 

 

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07/06/2016
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