les ailes du désir, les chroniques de Loly

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Al... et cetera

 

Le 13 avril dernier, Al Delort investissait l’Européen pour un concert clanique, entouré des ses amis. Les amis d’Al, donc, entrent en scène derrière le Pater Familias, formant un demi-cercle de musiciens disparus dans la pénombre. On y distingue cependant très bien la bière à la main, les sourires, les clins d’œil échangés. Mon Dieu mais où sommes-nous tombés ? Au bal populaire de Trifouillis-les-Oies ?

 

Al, lui, est dans la lumière, brillant plus que sa guitare pourtant bien lustrée. Le ton est donné, c’est lui le boss.

 

Et force est de constater qu’il est géni’Al, une guitare entre les doigts et les textes retroussés comme les babines d’un chien d’attaque. Il oscille entre la tendresse et le féroce, et quand il tombe dans le caustique, mieux vaut ne pas être l’objet de la satire. Al joue avec les mots, les retourne, les entrelace. Al’envers, Al’endroit.

 

J’avoue que j’ai fini par en perdre le fil, dans un moment d’égarement. Beaucoup de jeux de mots nécessitent de l’attention et le neurone vif (pas forcément le cas un soir de semaine après sa journée de boulot), ou alors de les voir écrits. Aaaah, tout s’illumine.

 

Flanqué de ses musiciens, qui visiblement s’amusent, le boss n’a aucune peine à occuper l’espace, tant il est phénomén’Al. Percutant, drôle, tendre sous la carapace, il distille ses mélodies avec un alambic qui sent le cent ans d’âge. Oui, il a du métier, Al, et ça se voit. Papa fait du rock mais il est moderne.

 

Le fils prodige, Louis, est là aussi, cantonné ici au rôle de choriste-guitariste. Bonnet vissé sur la tête (pour ne pas trop penser ?) et regard accroché au gourou, il attend patiemment son tour.  C’est en duo avec sa sœur Lola, lumineuse, gracile petite comète, qu’il apporte la touche émotion qui manquait jusque là avec une reprise de Seagull, de Saturday Sun. On en aura pour notre argent après Sentinelle, extrait de son premier album. Tsunami au premier rang (derrière je n’ai pas vu, pour cause d‘inondation).

 

Valentin, le fils aîné, apporte sa contribution aux percussions. Ils sont venus, ils sont tous là. La génétique a fait son œuvre, Al’léluia.

 

En attendant, Al cherche toujours une fille en C. Mais il fait de la guitare, pas de la cithare, parce qu’il est évident qu’il est marié à la musique, pour le meilleur et pour l’empire Delort.

 

 

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texte et photo Corinne D.



04/05/2016
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